Témoignages d'anciens combattants:
Pierre Couillard

Armée

  • Le lieutenant Pierre Couillard du Royal 22e Régiment en 1957.

    Pierre Couillard
  • Les décorations de Pierre Couillard (de gauche à droite): Médaille canadienne de service volontaire en Corée; Médaille canadienne du maintien de la paix; Médaille des Nations-Unies pour la Corée.

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  • Une aide mémoire signifiant la date de la traversée du 180e méridien de l'océan Pacifique (17 septembre 1953).

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  • Certificate de démobilisation daté du 25 juin 1954.

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"Alors le jour, comme on avait la supériorité de l'air, les Chinois se rentraient dans leurs trous sous les montagnes. Il y avait de grands trous qui pouvaient loger un régiment complet et tout l'armement avec eux."

Transcription

Mon nom est Pierre Couillard. Je suis né à Rimouski (Québec) en 1934. J'ai joint les Forces armées en 1951 au (Royal) 22e Régiment. Étant donné que c'était le jour de ma fête, à l'âge de 17 ans, je ne pouvais pas être envoyé tout de suite en Corée parce qu’il fallait d'abord m'entraîner, ensuite attendre que j'aie l'âge, c'est-à-dire 19 ans. Je me suis entraîné comme parachutiste avec le 2e Bataillon (du Royal 22e Régiment) et puis lorsque j'ai atteint l'âge de 19 ans, j'ai demandé à mon commandant de compagnie de m'envoyer en Corée et il m'a dit que je n'étais pas la personne autorisée à prendre des positions là-dessus, que je devais attendre les autorités. Alors comme ça faisait deux ou trois fois que je lui demandais et que ça ne donnait rien, alors je me suis permis de dérouter les autorités et puis écrire directement au général commandant de la région militaire de la province du Québec, le général (Paul-Émile) Bernatchez. Évidemment, lui ne m'a pas répondu. Par contre, une semaine après avoir été puni et avoir dû passer devant le commandant du 2e Bataillon, puni d'une réprimande et de 10 dollars d'amende (les salaires n'étaient pas très gros dans ce temps-là, vous savez, on avait 50 dollars bruts par mois pour un simple soldat), alors je suis parti pour la Corée. Les hostilités ont été interrompues au mois de juillet (1953). J'étais en route vers la Corée, donc je n'ai pas eu une grande expérience du combat là-bas. Quand même, j'ai servi avec le 3e Bataillon en Corée comme renfort du mois de septembre jusqu'en avril. Je suis revenu avec le bataillon en avril (19)54. Les troubles étaient arrêtés. Il n'y avait pas eu encore de traité de paix, d'ailleurs, au moment où on se parle, il n'y en a pas encore, de traité de paix. On était armé, on restait toujours en éveil, on faisait la surveillance de la ligne démilitarisée. Comme les alliés, les forces des Nations-Unies, avaient la supériorité de l'air, les Chinois occupaient les positions la nuit et puis le jour ils les quittaient, donc on reprenait le territoire de part et d'autre, jour ou nuit. S'il y avait une entente d'arrêt des hostilités à Panmunjom, à ce moment-là il y aura du territoire de plus, donc ça ferait franchir le 38e parallèle, autrement dit vers le sud. C'est ce que les Nords (les Chinois et les Nord-Coréens) voulaient. Mais évidemment, nous, on ne laissait pas le terrain comme ça. Alors le jour, comme on avait la supériorité de l'air, les Chinois se rentraient dans leurs trous sous les montagnes. Il y avait de grands trous qui pouvaient loger un régiment complet et tout l'armement avec eux. Donc, en fin de compte, moi j’y suis allé bien plus comme mission de paix que de mission de faire la guerre parce qu'en fait, si on parle dans les trois années de (19)50, (19)51, (19)52, (19)53, à un moment donné on appelait ça un conflit de police, puis après ça on l'appelait ça la guerre de Corée puis après ça on appelait ça la mission des Nations-Unies. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi le Canada n'a pas envoyé la Médaille volontaire pour le service en Corée avant 50 ans plus tard. Et la même chose pour ce qui est la MCMP, la Médaille canadienne pour le maintien de la paix. On l'a eue 50 ans plus tard. Bon alors, c'est la première étape de mon service militaire. En (19)56, au mois d'avril, j'ai été affecté de nouveau au 2e Bataillon, avec lequel je m'étais entraîné pour le parachutage. Comme second lieutenant, j'ai eu la responsabilité de commander un peloton d'infanterie. On était, nous, à ce moment-là, membres de ce qu'on appelle la Mobile Striking Force (Force de réaction mobile), c'est-à-dire que c'est des unités gardées au pays, et en cas où il y aurait eu des troubles en Europe, donc on devenait automatiquement disponible en 48 heures pour aller servir en Europe. Mais ça ne s'est pas produit durant mon séjour à ce moment-là. Étant donné que je ne pouvais pas passer par les collèges militaires pour obtenir mon degré d'ingénieur, je devais le faire dans une université. Alors c'est ce qui est arrivé. En novembre 1961, j'ai quitté les forces armées pour retourner à l'Université Laval (Québec) pour faire des études en sciences. Alors essentiellement, voilà la partie de ma carrière militaire.
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