Témoignages d'anciens combattants:
Margaret Cooper (née Douglas)

Marine

  • L'Officier Margaret Douglas (Cooper), Service féminin de la Marine, Royaume-Uni, 1941-1945.

  • Une Bombe Turing. Cet appareil a été développé par Alan Turing au Bletchey Parl pour décoder les codes des Enigma allemandes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

  • Certificat de l'ancien Premier Ministre britannique Gordon Brown commémorant le travail de Margaret Cooper au Bletchley Park pendant la Seconde Guerre Mondiale. Juillet 1999.

  • Le « Bletchley Park Commemorative Badge » décerné par le gouvernement britannique en juillet 1999.

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"Les bombardiers de l’ARC [Aviation royale canadienne] et les sous-marins britanniques avaient fait couler 47 navires de ravitaillement, soit 169 000 tonnes d’équipement. Tous, à l’exception de deux, étaient un résultat direct de messages décodés par Bletchley Park."

Transcription

 

J’étais en Argentine, je travaillais à Buenos Aires, lorsque la guerre a éclaté. Il y avait une énorme communauté britannique en Argentine à l’époque. Lorsque la guerre a éclaté, tous les jeunes avaient hâte de se porter volontaires et d’aller aider la Grande-Bretagne.

 

 

Lorsque nous sommes arrivés, nous devions obtenir des coupons de ration pour les vêtements, la nourriture, des coupons pour à peu près tout, et signer des documents ici et là. Cela a pris du temps. J’ai reçu un appel le 7 septembre 1941 et suis partie dans un collège de formation, le collège Westfield à Londres. Nous sommes restés là pendant deux semaines, et ils nous ont demandé pour quoi nous aimerions nous porter volontaires, ce qu’était notre préférence. Étrangement, j’ai cru que j’aimerais être codeuse, ce qui signifie encoder toutes les communications.

 

 

La nuit avant notre départ, comme nous étions enrôlées dans les Wrens (Service féminin de la Marine royale), 8 d’entre nous furent appelées dans le bureau de l’officier en chef, qui a pointé en direction d’une lettre sur son bureau. Elle nous a dit qu’elle venait directement de Winston Churchill (le premier ministre), demandant des volontaires afin d’accomplir une mission ultra secrète avec aucune chance de promotion. Elle ne pouvait rien nous dire d’autre à ce sujet, mais c’était très urgent. Nous devions y réfléchir pendant la nuit et lui répondre le lendemain, et je crois que nous toutes, excepté deux personnes, avons accepté de nous porter volontaires. Le lendemain, nous avons été envoyées en autobus, ne sachant pas où nous allions, et sommes arrivées à Bletchley Park.

 

 

Ce que nous allions faire était de travailler sur une chose nommée « Bombe », ce qui n’avait rien à voir avec une bombe. C’était une machine plus ou moins inventée par un homme nommé Turing, Alan Turing (informaticien britannique), qui aidait à trouver le réglage pour décoder les messages codés.

 

 

Nous devrions être très reconnaissants envers les Polonais, car ils ont commencé à le faire (décoder les messages de la machine allemande Enigma) en 1932, et je crois qu’ils communiquaient avec les Britanniques, mais lorsque les Allemands ont vraiment envahi la Pologne, ils ont donné une machine (Enigma) à la France et une autre à la Grande-Bretagne, ce qui était absolument formidable. Cela nous a donné une bonne longueur d’avance sur ce que nous accomplissions.

 

 

En août 1942, les forces du maréchal Bernard Montgomery avaient complètement arrêté l’armée du maréchal Erwin Rommel. Les bombardiers de l’ARC [Aviation royale canadienne] et les sous-marins britanniques avaient fait couler 47 navires de ravitaillement, soit 169 000 tonnes d’équipement. Tous, à l’exception de deux, étaient un résultat direct de messages décodés par Bletchley Park. En octobre 1942, 44% des envois de l’Axe quittant l’Italie vers la Libye avaient été coulés. Rendu au 4 novembre, Rommel avait rapporté que « La force du corps d’Afrique a été réduite à 24 chars d’assaut utilisables. Le 10 novembre, 11 chars ». Ça a donc été la fin de la guerre en Afrique du Nord.

 

 

Après cela, on m’a envoyé dans une autre pièce, qui était très intéressante. Elle s’appelait la pièce sous-marine. Nous étions en communication complète avec nos homologues à l’Amirauté (quartier général de la Marine royale). Nous gérions tous les messages décodés en lien avec les sous-marins et les faisions passer à l’Amirauté. S’ils avaient des questions et désiraient des clarifications au sujet de certains messages, ou quoi que ce soit d’autre, ils nous appelaient.

 

 

Puis j’ai été envoyée à Plymouth (Royaume-Uni) le 26 avril 1944. Plymouth et Portsmouth étaient vraiment les deux principaux ports d'invasion navale de la France (pour les débarquements du jour J). Donc absolument tout se déroulait là. J’étais une employée du secrétaire général, mais j’effectuais la liaison entre Bletchley et Plymouth; au cas où un message concernant un sous-marin devait arriver en lien avec l’endroit, afin que je puisse le livrer à la bonne personne.

 

 

La sécurité était absolue. C’était incroyable parce qu’au début de la guerre, peu de gens travaillaient à Bletchley, mais à la fin, non seulement y avait-il des milliers de personnes qui travaillaient à Bletchley, mais aussi partout dans le monde, et je ne crois pas voir entendu parler d’un seul cas où de l’information a été divulguée.

 

 

Je dois dire qu’à Bletchley Park, personne ne parlait de son travail avec les autres gens dans la même pièce. Tu ne pensais même pas à parler de ton travail avec quiconque.

 

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