Témoignages d'anciens combattants:
Keith “Alan” Wilson

Armée

  • Photo de Keith Wilson à l'Association Canadienne des Vétérans de la Corée « Last Hurrah » en août 2011.

    Keith Wilson
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Et le pire dans tout ça c’était la nuit, être sur la route de nuit. Vous conduisez sur une route et tout à coup, des gens sortent de l’ombre, ils ont des armes pointées sur vous et peu importe combien de fois ça arrive, vous avez la même réaction à chaque fois qu’ils se montrent l’arme au poing."

Transcription

Vous voyez, l’arme que j’avais c’était un fusil (Lee-Enfield calibre) 303. Bon, quand vous êtes au volant d’une jeep, et que quelque chose se produit, comment faites-vous pour vous servir d’un fusil 303 ? Alors je me suis procuré une carabine M1 (c’est un fusil raccourci, mais il ne donne pas le nom juste), américaine, et un (pistolet de calibre) 45. Et quand j’étais sur la route cette nuit-là tout seul, j’ai conduis avec le 45 sur les genoux. Je traversais la route du camouflage, ils l’ont appelée le kilomètre en enfer ou quelque chose comme ça plus tard, elle était connue sous le nom de route du Camouflage quand j’étais là-bas. Je monte la (Colline) 355 et j’entre dans le poste d’observation et vous pouviez voir les chinois ou les nord-coréens qui se déplaçaient dans les collines parsemant la grande vallée. Et le pire dans tout ça c’était la nuit, être sur la route de nuit. Vous conduisez sur une route et tout à coup, des gens sortent de l’ombre, ils ont des armes pointées sur vous et peu importe combien de fois ça arrive, vous avez la même réaction à chaque fois qu’ils se montrent l’arme au poing. Votre cœur s’emballe, boom, boom. Oui. Et j’ai été stoppé neuf fois une nuit, le plus grand nombre d’arrêts en une nuit. En général c’était deux, trois fois et un jour j’ai eu, à 7 heures du soir, ces deux officiers, il y avait un médecin militaire et un capitaine, tous les deux, les deux étaient capitaines. L’un commandait la Division des communications et l’autre c’était presque un médecin et il s’occupait de nous tous, les transmissions néo-zélandaises (les soldats des transmissions) étaient là. Je m’entendais bien avec les étrangers pendant le temps que j’ai passé là-bas. Même si je ne devrais pas dire étrangers, mais ils parlaient tous anglais. Mais une nuit, on a commencé vers 7 heures du soir et on est allés à l’hôpital militaire de campagne Norvégien qui était en bas de la route, le plus proche de nous et ils allaient là-bas pour une raison quelconque, je ne sais pas ce qu’ils faisaient de toutes façons, en tout cas, on ressort, on est repartis vers l’ambulance indienne et puis on a eu, ils sont sortis et on a descendu la route jusqu’à l’hôpital de campagne 8055 (un hôpital militaire de campagne dont la série télévisée M.A.S.H. est vaguement inspirée). C’était sur la ligne de chemin de fer, à la tête de ligne. Ils nous ont montré l’hôpital de campagne 8055, mais pas celui que j’ai connu. Il y avait trop de Clinger (un personnage de la série M.A.S.H.) dedans. Quand vous arriviez à l’entrée de l’hôpital de campagne 8055, il y avait une mitrailleuse de calibre 50 plantée là. Et je ne sais pas qui devait la faire fonctionner s’il arrivait quelque chose mais elle était plantée là. Et juste à côté d’eux il y avait un dépôt de matériel. Donc après le 8055, on est retourné à l’hôpital de campagne norvégien et ensuite à nouveau le 8055 et ensuite on a fini par aller à Séoul. Et je ne sais pas ce que je faisais, je les conduisais simplement, ils disaient, va là-bas, et j’y allais. Et en tout cas, on s’est retrouvés à Séoul, et c’était bien, ils ressortent, on était à un endroit près de, Kempo l’aéroport, on repart de là, ils montent dans la jeep et disent, on s’en va à Inchon. Bon, je me suis retrouvé sur un navire hôpital danois à Inchon, parce qu’il y avait une enceinte là-bas avec des Prévôts (unité de police militaire) et on a juste mis le véhicule dedans et ils ont dit, venez. Et j’étais sur le navire hôpital danois.
Follow us