Témoignages d'anciens combattants:
Augustin Juneau

Armée

  • Le soldat Augustin Juneau alors qu'il servait avec le Régiment de Maisonneuve pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Augustin Juneau
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"Moi, je m’occupais de la stérilisation. Parce que les aiguilles dans ce temps-là ce n’était pas des « trow away », c’était les mêmes aiguilles qui servaient."

Transcription

Et puis d’après mes calculs, l’armée de la 25e brigade (25e Brigade d’infanterie canadienne) devait aller en Europe puis c’est la 27e brigade (27e Brigade d’infanterie canadienne) qui devait aller en Corée. Cela fait que nous autres, ils nous ont fait revenir à Fort Lewis. On est revenu à Fort Lewis dans l’État de Washington, à peu près le 5 ou le 6 janvier 1951. C’était parce qu’on devait aller en Europe au lieu d’aller en Corée. On était bien content de revenir, mais retourner ceux qui ont été la première fois. Ce n’est pas tous (les soldats) qui y ont retourné. Il y en a bien qui sont partis. Ça faisait dur en Corée. À Fort Lewis, on est arrivé là et puis c’était le commencement d’un entrainement d’un mois au pied du Mont Rainier (État de Washington). Cela fait qu’en arrivant à Fort Lewis, ils nous ont donné de l’équipement qu’il nous manquait pour s’en aller au pied du Mont Rainier dans des tentes, un peu de neige, du froid et du temps misérable pendant un mois. À la fin de janvier on est revenu à Fort Lewis, c’était à une vingtaine de miles du camp ça. Les gars étaient bien fatigués, ceux qui étaient revenus à pied. Il faut croire que ma santé était meilleure que ceux qui revenaient à pied. Quand je suis arrivé à Fort Lewis, je n’étais pas fatigué du tout parce que nous autres on s’en était venu en camion puis on avait eu une fin de semaine de congé. Mais les gars qui sont revenus à pieds comme à Tacoma (État de Washington), ils ont passé leur fin de semaine à dormir à l’hôtel. On est parti le 19 avril pour arriver en Corée le 4 mai 1951. Les quatre compagnies d’infanterie (du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment) ont monté en train eux autres vers le 38e parallèle un peu en bas d’où on était. Mais nous autres, avec les docteurs, le camion avec la Croix-Rouge, les « jeeps » avec la Croix-Rouge, on suivait le convoi. On a monté là par chemin, par la route en camion. Des routes très mauvaises, tout en terre, beaucoup de poussière. Il y avait quatre compagnies d’infanterie. Il y avait deux brancardiers par compagnie d’infanterie. On faisait partie de la 25e brigade. Moi, j’étais avec le docteur au RAP, Regimental Aid Post (poste de secours régimentaire) qu’ils appelaient. Là, il y avait un docteur, un sergent, un garde malade qualifié pour donner des piqures et des prises de sang, deux caporaux du Corps médical et puis on était quatre brancardiers. Pour commencer les premières semaines il fallait creuser jusqu’à la hauteur des pneus pour reculer le (camion) deux tonnes et demi pour pas que les pneus se fassent briser par des obus ou des balles ou quelques affaires de même. Et puis ce n’était pas une bien belle « job ». Moi, je m’occupais de la stérilisation. Parce que les aiguilles dans ce temps-là ce n’était pas des « trow away », c’était les mêmes aiguilles qui servaient. Il fallait les laver, les rincer, les faire bouillir, les stériliser et puis les remettre encore en marche. Moi, j’ai développé ce que les docteurs appellent du psoriasis, une maladie de la peau. Je souffre encore de ça. J’ai été évacué, j’ai été là une couple de mois. J’ai été évacué et j’ai passé plusieurs hôpitaux puis le M.A.S.H. américain (Mobile Army Surgical Hospital, un hôpital chirurgical mobile). Je me suis ramassé à Kure au Japon à l’hôpital australien. Et puis, à l’automne 1951, je suis revenu au Québec. Puis j’ai eu un congé puis j’ai été à l’hôpital Queen Mary à peu près jusqu’après les fêtes 1952. Après les Fêtes de 1952, j’ai été au 772, Sherbrooke Ouest (Montréal) au 4 P. D. (4th Personel Depot, 4e Dépôt militaire). J’avais des bobos (blessures) sur les mains et sur les pieds. J’ai demandé un cours de mécanicien à l’École Technique à Trois-Rivières. Je l’ai eu.
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