Témoignages d'anciens combattants:
Gaétan Potvin

  • Soldats du Royal 22e Régiment en Corée. M. Potvin servit outre-mer avec le 1er bataillon de ce régiment.

    Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada
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"J’étais surtout employé comme scout qu’on appelait nous autres, des éclaireurs pour ma compagnie. Je voyais pas mal tout, je connaissais le terrain et puis j’étais un peu hasardeux si on veut."

Transcription

Les premières journées là, on ne savait pas trop, trop. On regardait, on s’installait. Ensuite de cela, comme commandant de section, on recherchait des points de repère et des points de défense là. C’est tout ce dont je peux me souvenir là. Ce n’était pas compliqué trop trop. Il y en avait toujours qui avait fait de la garde pendant la nuit à tour de rôle. Alors on prenait ça mollo (tranquillement). Le travail consistait à travailler dans des tranchées, à améliorer nos pits (positions) autrement dit, et puis nettoyer nos armes. C’est une routine militaire. Des fighting patrols (patrouilles de combat) et puis des standing patrols (en position dans un poste d’observation/poste d’écoute) j’en ai fait en masse ça. J’étais surtout employé comme scout qu’on appelait nous autres, des éclaireurs pour ma compagnie. Je voyais pas mal tout, je connaissais le terrain et puis j’étais un peu hasardeux si on veut. La patrouille elle-même est organisée d’avance, c’est-à-dire que c’est l’officier qui commande et puis c’est lui qui nous dit ce qu’il veut et avec qui on va travailler. Alors, j’étais bien d’accord avec ça. Avec n’importe qui, moi ça ne me dérangeait pas. Il nous donnait les directions à aller, etc., etc. On scoutait (reconnaissait) en avant là. Un fighting patrol c’est un vingt-huit, trente, puis un standing c’était trois hommes. Je pense que j’ai fait plus de standing que de fighting. Il y en a une, une fois on fait un « raid » sur un finger (une partie) de la 227 (la colline 227 en Corée). Je ne me souviens pas de, du nom de la montagne. Et puis on riait après parce que c’était assez comique, parce que notre officier est revenu avec non pas ça Sten (pistolet-mitrailleur britannique Sten), mais son light pistol dans les mains. Le pistolet pour envoyer des signaux. On riait de ça, on se demandait ce qui s’était passé avec sa Sten. On a eu un barrage d’artillerie assez sévère et assez proche de nous autres. Ça fait que dans ce temps-là, on se promenait la queue sur la fesse et on se cachait. Je sais que quand ils se déplaçaient (les soldats ennemis) c’était avec précautions. J’ai eu affaire avec en bas de la (colline) 355 et puis, ils ont monté et on ne les a pas vu. Ils ont attaqué la 355. J’étais sur le outpost (avant-poste) on ne les a pas vus monter, puis on ne les a pas vu descendre, on a entendu, du bruit un peu en bas de notre position. Si on écoute régulièrement le cliquetis de l’eau qui coule, puis quelqu’un qui marche tranquillement dedans, on peut deviner un peu ce qui se passe. On était justement en bas. On était en bas sur une tranchée là et puis réellement on n’a pas vu grand-chose. Ils sont partis et puis on n’a même pas eu connaissance. On a tiré quelques grenades pour le bruit qu’on entendait là, puis c’est tout ce que c’est qu’on a fait.
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