Témoignages d'anciens combattants:
Donald Crumb

Forces aériennes

  • Page du journal de bord de Donald Crumb. Les astérisques sont des commentaires tels que « deux tirs direct sur deux et j'y ai assisté!!! », « Cinq premiers bonbardements au napalm de l'escadron : très réussi ».

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  • Thunderbolt P-47, le type d'appareil dans lequel Donald Crumb a volé en Asie du Sud-Est.

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  • Donald Crumb et son épouse Georgina.

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  • Donald Crumb après avoir terminé son tour.

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  • Registre du service de Donald Crumb, montrant qu'il a passé la majorité de son service en Asie du Sud-Est.

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"Et on est devenus un escadron vraiment très précis dans les bombardements en piqué. Alors on a procuré une aide considérable à l’armée britannique et à l’armée indienne. S’ils étaient pris à revers par les Japonais et qu’ils pouvaient définir la zone cible, on pouvait sans aucun doute les aider en bombardant en piqué."

Transcription

J’étais dans le régiment royal (du Canada), c’est la même chose que le Toronto Army Regiment, j’étais dans la réserve ou la milice comme ils disaient à l’époque. Avec mon frère aîné nous allions deux fois par semaine au manège de Fort York pour nous entrainer. Et nous sommes partis en camp d’été au cours de l’été 1949 je crois pour nous perfectionner. Mais pendant que j’étais là-bas, j’ai vu cet avion de chasse voler à basse altitude, en fait c’était un, le nom qu’ils leur donnaient, je ne sais plus, ils étaient construits à Buffalo en tout cas, c’était un avion de chasse très attrayant. Et il est passé à très basse altitude et j’ai pensé, bon sang, voilà ce que je voudrais faire, alors j’ai rompu avec le régiment royal et me suis engagé dans l’ARC. Voilà c’est la raison essentielle, à cause de cet avion que j’ai vu voler à basse altitude au dessus de ma tête près de Niagara Falls (Ontario).

J’ai rejoint mon escadron à Madras en Inde, un grand port de mer sur la côte, j’ai rejoint le 135ème escadron (de la RAF ; Donald Crumb avait été transféré dans la RAF). À ce moment-là on assurait surtout l’escorte de convois parce que c’était un port important et beaucoup de ravitaillement arrivait sur Madras depuis le monde entier. Ensuite on nous a expédiés de Madras en Inde à Ceylan (Sri Lanka). Évidemment, ça ne s’appelle plus Ceylan aujourd’hui, comme vous le savez. Mais en tout cas, on va utiliser le mot Ceylan, c’était comme ça à l’époque, et on était situés pas très loin de la grande base navale britannique. Ça s’appelait China Bay. Et on était dans un aéroport, sur un terrain d’aviation pas très loin de là, à protéger l’armée britannique en quelque sorte.

On a été le premier escadron à recevoir le tout nouveau P-47D Thunderbolt. C’était un avion de chasse magnifique et il avait un moteur à refroidissement par air, ce qui était très important parce que les Hurricane (Hawker) et les Spitfire (Supermarine) et les Typhon (Hawker) (principaux bombardiers utilisés dans la RAF) si je me souviens fonctionnaient tousavec du liquide de refroidissement et c’était un réservoir de glycol je crois que c’était ça le nom du liquide qui refroidissant le moteur, un réservoir placé sous le ventre de l’avion et était de ce fait très vulnérable aux tirs venant du sol, et il suffisait d’une balle, si elle heurtait le réservoir, au revoir le liquide de refroidissement et votre moteur se grippe et c’est fini. L’avantage avec notre Thunderbolt comme il avait un système de refroidissement par air, on pouvait subir d’énormes dégâts comparé à ces autres avions. Et ça nous a bien servi et nous a sauvés de très nombreuses fois. Les coups que le Thunberbolt pouvait encaisser, il était célèbre pour ça.

On s’en servait en Birmanie et c’était parfait. On nous a demandé d’appuyer l’armée britannique (la 14ème armée) dans la bataille destinée à repousser les Japonais hors de la Birmanie, les Japonais qui avaient poussé les Britanniques hors de la Birmanie en 1942, au moment de Noël, tout à fait au sud de la Birmanie, région de Rangoun, en dehors, jusqu’en Inde, juste à l’extérieur de la Birmanie. Alors cette poussée avec les nouveaux Thunderbolt, on devait soutenir les armées britannique et indienne en faisant l’inverse et à repousser les Japonais hors de la Birmanie et c’était quoi, une bataille sur six à huit cents kilomètres. Et c’était notre principal boulot. On bombardait en piqué. Le Thunderbolt pouvait transporter une bombe de 900 kilos située sous le ventre, pardonnez-moi le terme, ou deux bombes de 450 kilos, une sous chaque aile. Donc comme on était douze, un escadron complet en vol. Ça faisait une sacrée quantité de bombes et on a fait de nombreux bombardements en piqué. Et on est devenus un escadron vraiment très précis dans les bombardements en piqué. Alors on a procuré une aide considérable à l’armée britannique et à l’armée indienne. S’ils étaient pris à revers par les Japonais et qu’ils pouvaient définir la zone cible, on pouvait sans aucun doute les aider en bombardant en piqué.

Ou parfois, on avait l’habitude de, s’il arrivaient à faire sortir les Japonais, les Japonais se planquaient dans ces bunkers en souterrain et il était pratiquement impossible de les en faire sortir et alors ils ont commencé à nous laisser utiliser des bombes au napalm. Si vous ne connaissez pas bien le napalm, c’est quand vous larguez, c’est une sorte de liquide gélifié et il prend feu immédiatement et c’est une matière vraiment très collante et la flamme s’accroche à n’importe quelle cible. Alors c’était une méthode différente, vous ne descendiez pas en piqué avec le napalm, vous deviez survoler la zone et le larguer quand vous allez plus ou moins tout droit et en pallier et vous laissez la bombe faire son chemin sur le sol, et laissant derrière elle ce mur de flammes quel que soit l’endroit où elle tombait et continuait à avancer. Et si on avait touché ce bunker, ça enflammait le bunker, les flammes nettoyaient le bunker, ce qui aidait bien l’armée anglaise.

On a fait vraiment beaucoup de voyages en servant d’appui, on a protégés les DC3 (Douglas) c’était le fameux avion de transport et il y avait deux escadrons canadiens là-bas, le 435e et le 436e. Et aussi de nombreux escadrons de la RAF qui larguaient le ravitaillement à bord de ces DC3 aux troupes et à cette époque, on les escortait jusqu’à leur cible et on les protégeait des chasseurs japonais. Ils aimaient beaucoup s’en prendre aux DC3 non protégés mais heureusement, on n’a jamais perdu un seul DC3 quand c’était à notre tour de les couvrir. C’était un travail très important, de larguer le ravitaillement pour les troupes avancées.

Et une autre chose que l’on faisait régulièrement c’était l’escorte des bombardiers quadrimoteurs qui bombardaient la région de Rangoun dans le sud de la Birmanie. Les bombardiers lourds étaient basés en Inde et devaient traverser la Baie du Bengale et on les retrouvait à un endroit arrangé à l’avance et on les escortait. Ils s’appelaient des Liberator, avec le nom du bombardier britannique qu’ils utilisaient pour leurs cibles en Angleterre. Et c’était à 20, 25 000 pieds d’altitude peut-être.

Il n’y avait de base pour les bombardiers en Birmanie alors ils devaient être basés en Inde et comme je l’ai dit, traverser la Baie du Bengale et on les retrouvait et les escortait jusqu’au sud de la Birmanie. Et d’ailleurs, on n’a pas perdu un seul bombardier, de toutes les fois où on les a escortés jusqu’au sud de la Birmanie.

Et nous (Donald Crumb et sa femme Georgina) sortions ensemble avant que je parte dans l’armée de l’air, et ensuite tout le temps, chaque fois que j’avais une permission, quand je suivais l’entrainement en Ontario, et elle était avec moi tout le temps. J’ai reçu plus de lettres que le reste de l’escadron tout entier. C’était la fille la plus merveilleuse. Ce qui m’est arrivé de mieux dans la vie.

Je suis rentré en Septembre (1945), on s’est fiancés le jour de son anniversaire, le 18 septembre, alors on a bien passé 70 ans ensemble on s’est dit et elle a organisé, en parlant du jour de la date de notre mariage et elle a dit, on va se marier le 1er décembre. Et j’ai répondu, oh non, on ne peut pas se marier le 1er décembre, c’est le jour de la Coupe Grey.

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