Témoignages d'anciens combattants:
Emile Leon Bill Thibault

Armée

  • Montage de photos et de décorations relatifs au service militaire de M. Bill Thibault. Médailles, de gauche à droite: Étoile 1939-1945; Étoile France-Allemagne; Médaille canadienne du Service volontaire; Médaille de la guerre 1939-1945; Médaille canadienne de Corée; Médaille canadienne du Service volontaire en Corée; Médaille canadienne du maintien de la paix; Force d'urgence des Nations Unies; Décoration des Forces canadienne (avec 1 agraffe).

    Bill Thibault
  • Plaques d'identité de Bill Thibault. Guerre de Corée, 1953.

    Bill Thibault
  • Bill Thibault avec un enfant sud-coréen. Corée, début 1954.

    Bill Thibault
  • M. Bill Thibault, novembre 2011.

  • La section de Bill Thibault. Il se trouve sur la première rangée, le second à partir de la droite.

    Bill Thibault
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Transcription

Je me suis engagé au début de l’année 1952, suis parti à Camp Borden. C’est à dire Camp Borden en Ontario, le RCASC (Corps royal de l’intendance de l’Armée canadienne), parce que je pense qu’ils se sont figurés que je ne voulais pas retourner dans l’infanterie, je ne voulais vraiment pas (M. Thibault a servi en Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale). Et on a suivi l’entraînement là-bas, et pendant l’été on s’est retrouvés à Wainwright (Alberta) avec la brigade, on avait la brigade toute entière, avec les Van Doos (soldats du Royal 22e Régiment), le RCR (Royal Canadian Regiment) et le PPCLI (Princess Patricia’s Canadian Light Infantry) et tous les autres du Génie et l’artillerie et l’Intendance Militaire Canadienne, on a tous passé tout l’été à Wainwright. Et on a suivi notre entraînement et on a fini, notre base principale c’était à Camp Borden parce que la plupart des gens avec qui on était venaient de l’Est et du côté de l’Ouest, je ne sais pas d’où ça venait, mais il n’y en avait pas beaucoup qui s’engageaient dans les régions de l’ouest. Beaucoup d’entre eux venaient des Maritimes. On en avait quelques-uns du Québec dans le RCASC et beaucoup de gens de l’Ontario. Alors c’était notre base principale. En mars (1953), on est partis, on est montés sur le bateau pour aller dans le sud et on est montés à bord du bateau à Seattle (États-Unis). Seize jours plus tard, on était au Japon et ensuite ça nous a pris, la brigade toute entière est partie d’un bloc, c’était un changement de brigade. On était le troisième groupe, le premier avait déjà été là-bas et reparti, la seconde brigade était là-bas et on assurait la relève. Et je crois que c’était le troisième (bataillon), troisième RCR, le troisième PPCLI et le troisième (Royal 22e Régiment) qui prenaient la relève. Et on a pris la relève de l’autre compagnie. C’était bien, mais c’était, comme je l’ai dit, pour ma femme ce n’était pas la belle vie, ce n’était pas, on ne s’est pas disputés, elle savait que c’était ce que je voulais faire et… On était plus ou moins une unité sédentaire et on se trouvait derrière la rivière Imjin (en Corée). De temps en temps on traversait la rivière là où se trouvait l’infanterie, on transportait des munitions. On était de service pour les munitions. La division (1ère division du Commonwealth) était sous le pont. Les Britanniques avaient une Intendance Militaire et les Kiwis (Néo-Zélandais) aussi, ils avaient une intendance. Mais leurs camions, c’était les vieux Bedford et on ne pouvait pas compter dessus. Alors tout ce qui devait être déplacé, il fallait qu’on écrive sur nos pare-brises qu’on avait des munitions, on était affectés aux munitions et ça nous donnait l’autorisation de passer. On transportait toutes les munitions pour la division toute entière, pas seulement pour notre brigade (la 25ème brigade d’infanterie canadienne, qui faisait partie de la 1ère division d’infanterie en Corée). Oh oui. Oui, et on avait de bien meilleurs camions, meilleurs chauffeurs, meilleurs travailleurs et ça je vais le dire, les Américains n’arrivaient pas à croire la quantité de travail qu’on arrivait à tirer d’eux. Nos Canadiens ont toujours été comme ça je suppose, parce que tout le monde était engagé volontaire. Eux ils n’étaient pas volontaires à cette époque, les Américains, c’était des conscrits. Et ils se tenaient là et ils attendaient qu’on leur dise ce qu’ils devaient faire. Ça se voyait, on le voyait, vous pouviez voir leurs officiers et leurs sergents, les gens ne faisaient rien du tout. Oui, et c’est pourquoi je le dis, on aimait bien, mais je veux dire, je n’aimais pas, mais c’était un vrai plaisir de travailler avec des gars qui, moi j’étais caporal et bon sang, je ne, bon évidemment, je suis différent des autres caporaux je suppose, la plupart du temps on avait six ou sept chauffeurs ou six camions et je disais au gars, qui conduisait le dernier, oui, je conduisais leur camion, je faisais leur travail. Je leur donnais un jour de congé tous les (…), je conduisais autant qu’eux. Je ne regrette pas d’être allé dans l’armée. Je pense que, vous savez quoi, j’ai fait de mon mieux à l’époque. Et comme je l’ai dit, j’y suis resté jusqu’à… La solde n’était pas terrible, la vie n’était pas terrible, mais je n’avais pas dépassé la 8ème à l’école, qu’est-ce que j’aurais bien pu faire? Et je me débrouillais et j’ai réussi à nourrir ma famille. Je me suis occupé de ma famille, c’est ça le plus important d’après moi.
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