Témoignages d'anciens combattants:
Olive Henderson

Marine

  • Coupure de presse montrant un sous-marin allemand qui a démissionné à Saint Johns, Terre-Neuve, en juin 1945 après le jour de la victoire.

    Olive Henderson
  • Photo d'un sous-marin allemand U-190 dans le port de Saint-John en juin 1945, juste après le jour de la victoire.

    Olive Henderson
  • Olive Henderson en uniforme de la WREN, en permission, avant que la guerre soit finie, printemps 1945.

    Olive (Cousins) Henderson
  • La brigade d'exercice d'Olive défilant à Saint-John, Terre Neuve, printemps 1945.

    Olive (Cousins) Henderson
  • Sous-marin allemand ancré à Shelbourne, Nouvelle Écosse, en 1944.

    Olive (Cousins) Henderson
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"Quand je dis cela, chacun rit et s’exclame : « à Terre Neuve ? », et je leur précise qu’à l’époque, il ne s’agissait pas d’une province canadienne."

Transcription

Je m’appelle Olive Henderson et je suis née à Toronto, en Ontario. J’ai grandi à Toronto. J’y suis demeurée jusqu’au moment de la guerre. J’y ai fréquenté l’école publique et l’Église Unie. J’y ai fait mon secondaire au Central Technical High School. Nous avons su que la guerre avait été déclarée et que, dans d’autres pays et en Angleterre, la Marine créait un service composé de femmes. C’était le Service féminin de la Marine [royale], ce m’a intéressée. J’ai ensuite entendu dire qu’un tel service serait aussi créé au Canada, et j’ai souhaité m’y joindre, car j’avais toujours aimé l’eau, les bateaux et tous les endroits situés près de l’eau. Nous n’habitions en bordure de l’eau et je me suis dite que cela me plairait et que le service serait très intéressant. J’ai su qu’une dame anglaise chargée de la création du Service féminin de la Marine royale du Canada viendrait au pays. Je ne me souviens plus s’il fallait écrire ou téléphoner à l’époque, mais j’ai fait le nécessaire et j’ai reçu une réponse. On m’a dit de me rendre à Galt, en Ontario [maintenant appelée Cambridge], où les femmes recevaient la formation nécessaire au service dans la Marine canadienne. Je suis donc allée à Galt et je me suis engagée. C’est là que j’ai eu ma formation, en novembre 1942. Nous pouvions choisir le travail que nous voulions faire. À cette fin, nous devions dresser la liste des fonctions et des lieux souhaités. Nous avions la possibilité de travailler dans un bureau et dans les cuisines pour y préparer les repas ainsi que de devenir infirmières ou chauffeurs. Il existait des postes de toute sorte. Nous pouvions aussi être affectées aux magasins. J’ai précisé que je souhaitais travailler au codage. Le codage des messages entre les installations terrestres et les navires me semblait fascinant. Mais, nous n’obtenions pas toujours le poste que nous choisissions et j’ai été affectée au magasin central. C’est le poste que l’on m’a confié étant donné que je travaillais dans un magasin au préalable. Au magasin central, qui ressemblait à une quincaillerie, je devais m’occuper de tout le stock et de tout le matériel nécessaire aux navires qui s’y trouvait. D’autres travaillaient au magasin de vêtements et y mesuraient les personnes qui venaient de s’engager ou qui avaient besoin de chaussures ou de vêtements neufs. J’ai donc abouti au magasin central. En janvier, on m’a envoyée à Niagara Falls pour y suivre un cours de quatre semaines. Notre groupe était logé au Fox Head Inn. Nous y avons été servies comme de vraies clientes. Cela a été formidable. C’était mes quatre premières semaines dans la Marine et on me servait comme une cliente à l’hôtel. Tous les matins, cependant, nous devions parader à l’extérieur. Nous marchions dans la rue longeant les chutes. Je vous rappelle que c’était en janvier. Il faisait froid. Mais comme nous étions vêtues chaudement, nous aimions ainsi parader tous les matins, avant de nous mettre à table. J’ai été affectée à Shelburne, en Nouvelle-Écosse. Cela m’a en quelque sorte soulagée après avoir passé une longue période à l’intérieure des terres. J’estimais que je sentirais davantage que je faisais partie de la Marine lorsque je serais sur la côte est. Nous étions directement sur la côte, vous savez, à Halifax. J’y travaillais avec une autre femme. Nous n’étions que deux. On a dû nous loger à la caserne des femmes de l’armée de terre. C’est donc là que nous habitions et, tous les jours, on nous conduisait à la base de la Marine où nous travaillions dans les bureaux. Nous étions donc les deux seules femmes du service de la Marine parmi les femmes de l’armée de terre qui, pour la plupart, étaient originaires de la côte est. Nous nous entendions très bien. Je crois que c’est pendant l’été que nous avons eu l’occasion d’obtenir une affectation outre mer. Je trouvais cela palpitant. Je n’étais jamais allée outre-mer. De plus, j’avais des parents en Angleterre et la copine avec qui j’habitais avait des parents en Écosse. Nous trouvions cela génial et nous avons donc fait une demande. Ma copine a été affectée en Angleterre, je crois, tandis que ma destination était Terre Neuve. Quand je dis cela, chacun rit et s’exclame : « à Terre Neuve ? », et je leur précise qu’à l’époque, il ne s’agissait pas d’une province canadienne. Un jour, j’ai vu un gros bateau qui entrait au port. Je ne me souviens pas de quel type il était, mais il avait un gros trou d’un côté. Au printemps, en mai, je crois, un sous marin allemand y a été conduit. J’ai été à Terre-Neuve pendant un an. Nous habitions au sommet d’une colline. Nous avions un petit camion pour descendre jusqu’au port. Nous devions ensuite monter à bord d’un petit bateau de service qui ressemblait à un remorqueur pour nous rendre au bâtiment où nous travaillions qui se trouvait dans l’immeuble de la base navale, un immense bâtiment du côté sud du port. C’est ainsi que nous nous rendions quotidiennement au travail. Tout le séjour a été fort intéressant.
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