Témoignages d'anciens combattants:
Harry Snaith

Marine

  • Harry Snaith à The Last Hurrah, Winnipeg, Manitoba, août 2011.

    Historica Canada
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"Mais avant ça, je ne me souviens même pas avoir parlé à quiconque d’avoir été dans la Marine, que j’avais été en Corée et le peu que j’avais là-bas, je ne me rappelle pas que ce soit une chose dont on ait jamais parlé."

Transcription

On m’a transféré à Halifax pour suivre ma formation dans les communications et on nous a formé à être télégraphistes et signaleurs aussi et on nous a formés au codage. Et ça a duré un an. Et après ça, on m’a renvoyé sur la côte ouest et je suis monté à bord d’un navire là-bas, le (NCSM) Athabaskan, et j’ai commencé mon très long voyage sur l’eau. Et j’ai eu le mal de mal avec les meilleurs d’entre eux et j’ai finalement réussi à m’en débarrasser et je sais qu’on était en route pour le Royaume Uni et pour moi, étant tellement malade, ils ont dit qu’ils allaient me faire repartir à Halifax (Nouvelle-Écosse) et si ça continuait et que j’étais toujours aussi malade, ils me feraient traverser le Canada par le train pour une destination quelconque, je ne sais pas. En tout cas, ça n’est jamais arrivé jusque là.

Les nouvelles de la guerre en Corée, la Corée du Nord à ce moment-là, la Corée du Sud est arrivée et ce dont je me souviens, on a approvisionné le navire et on est partis, on n’est pas retournés. Or, il y en a qui disent qu’on est retournés à Esquimalt (Colombie-Britannique) mais ce dont je me souviens c’est qu’on a juste appareillé et on a approvisionné un navire et tout et on s’est mis en route pour la Corée. J’ai continué après avoir rejoint là-bas, une fois je suis resté sur le bateau et reparti au Canada et puis retour. Alors je crois que ça a fait près de trois ans passés là-bas.

Le voyage à Hong Kong a été peu mouvementé. On a eu droit à un comment ça s’appelle, un typhon je crois, je ne m’y connaissais pas trop en tempêtes à l’époque. Et à ce moment-là, j’étais encore sur le pont et il était vraiment très bas dans l’eau quand le bateau tanguait comme ça. Et je me souviens du capitaine disant à quelqu’un, non, non, ça ne pouvait être aussi terrible, ça aurait inondé les compartiments d’huile. Mais si ça se produisait, il leur fallait tout essuyer à la main et j’ai fait remarquer que je serais heureux de nettoyer toutes ces choses si on n’avait plus jamais à affronter ça. Et je crois que je n’ai plus jamais eu le mal de mer après ça.

Je pense qu’on savait où on allait. J’avais 18 ans à l’époque. Je ne, aucun d’entre nous, on a eu du bon temps pendant le voyage. Je me souviens d’un membre du groupe qui avait un talent de conteur et on s’asseyait là dehors et on appréciait le voyage, le Pacifique n’a rien à voir avec l’Atlantique. C’était plaisant de naviguer et on s’est arrêtés à Hawaï en chemin aussi. Mais, bon, je n’en savais pas beaucoup plus long que ce qu’on nous disait sur ce qui allait se passer à ce moment-là mais je pense qu’on était, je ne me souviens pas d’avoir ignorer le fait qu’on allait là-bas, que la Corée du Nord avait attaqué la Corée du Sud et qu’on allait là-bas et qu’on allait travailler dans la mer Jaune. Et l’Athabaskan je sais qu’il travaillait avec la Septième flotte (La septième Flotte des États-Unis force permanente de la marine qui opérait au Japon, et qui avait pour mission de protéger la péninsule coréenne), avec un porte-avions je ne me souviens pas duquel maintenant. Quand ils envoyaient des avions un des boulots qu’on a fait.

On a bien remonté une rivière en Corée avec trois autres navires. L’un d’entre eux s’est échoué ; il était américain ou australien. Et l’Athabaskan est monté là-bas et on a effectué de nombreux bombardements ; établissement sur le rivage, trains, ponts de chemin de fer, n’importe quoi pour stopper les munitions, n’importe quoi destiné à endommager ce qui arrivait de Corée du Nord et de Chine. Et on était en compagnies de débarquement. Et je me souviens qu’on travaillait quatre heures et on arrêtait quatre heures. Là où on bombardait les trains qui apportaient les équipements, les munitions et les hommes pour les nord-coréens et qui étaient utilisés contre la Corée du Sud ou tous ceux qui étaient là pour combattre à ses côtés à l’époque.

Je pense également que les canadiens ne savaient pas grand-chose sur le sujet. Je veux dire, mes parents savaient ce qui se passait parce qu’on avait nos petites lettres qu’on écrivait et où on parlait du temps surtout et c’était tout. Il n’y avait que les journaux et la radio à cette époque. On n’avait pas la télé. Et alors à partir de là, se mélanger avec d’autres familles, même avec notre propre père, je suppose, j’avais un frère et deux sœurs à la maison, et ces choses, on n’en parlait jamais.

Pas beaucoup d’entre nous parmi mes connaissances en tout cas, je n’ai jamais tellement parlé du temps qu’on a passé là-bas. L’album que j’avais est parti dans le placard, je suis retourné travailler, un travail dans le civil et la vie a continué. Je me suis marié et j’ai eu une famille et voilà. Je n’en ai jamais tellement parlé jusqu’à ce que cette association d’anciens combattants de Corée (organisation nationale pour les canadiens anciens combattants de la guerre de Corée) démarre, à travers tout le Canada. J’ai reçu un coup de téléphone une fois et j’habitais à Medicine Hat (Alberta) et c’est là que j’ai commencé avec eux et qu’on s’est réunis pour de bon. Mais avant ça, je ne me souviens même pas avoir parlé à quiconque d’avoir été dans la Marine, que j’avais été en Corée et le peu que j’avais là-bas, je ne me rappelle pas que ce soit une chose dont on ait jamais parlé.

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