Témoignages d'anciens combattants:
Bob Ducharme

Armée

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"L’avenir ne s’annonçait pas très bien pour les récoltes qui avaient poussé là. Tout était en pièces, les maisons, les fermes, les routes, les ponts"

Transcription

Bon, on est allés dans nos lignes et on a pris la relève pour les boulots qu’on nous avait attribués et comme j’étais sous-officier de transport, j’ai eu le privilège de me découvrir pas mal d’endroits différents en conduisant ici et là, en conduisant différentes personnes, en transférant des véhicules, etc. Et parce qu’on n’était là-bas que depuis deux semaines environ et comme mon sergent de transport était un fantastique sergent, bon dans les exercices, bon en tout, on lui avait confié la tâche d’amener un peloton spécial comme garde d’honneur à Hong-Kong. Et alors ça a fait de moi le caporal-chef responsable alors. Donc ça m’a donné l’occasion de connaître encore mieux la campagne alentour, etc. ce que j’ai vraiment apprécié en fait.

L’avenir ne s’annonçait pas très bien pour les récoltes qui avaient poussé là. Tout était en pièces, les maisons, les fermes, les routes, les ponts. Plusieurs personnes, des civils, travaillaient dans nos camps, comme faire la lessive par exemple, ils faisaient de la coupe et différents petits travaux. Et on était navrés pour eux vraiment parce qu’on leur donnait de la nourriture, peu importe ce qu’on avait, il y avait beaucoup de côtelettes de porc. Mais on avait l’habitude de leur donner tout un tas de choses, vous savez, certains avaient des familles, on leur donnait du thé ou du café pour ramener chez eux.

Et l’une des choses dont je me souviens, c’était un des Coréens qui travaillait pour nous comme mécano, il m’a vu avant que je parte en R & R (repos et récupération) à Kobe (Japon) et il m’a demandé si je pouvais lui rapporter des rouleaux de tissu pour sa famille. Donc en tout cas, il m’a apporté un peu d’argent pour payer ça et quand je suis revenu, j’avais trois gros rouleaux de toile de lin. Il n’en avait commandé qu’un et je lui en ai rapporté trois. Il a demandé : « Comment as-tu fait? » Il n’avait pas assez d’argent. Je lui ai dit, bon, je lui en ai donné deux en cadeau, tu fais du bon boulot. » Et en tout les cas, on est restés amis pour le restant de nos jours après ça. Des gens très gentils.

La nuit précédant notre départ de Corée, on avait du liquide sur nous dans nos portefeuilles, et ils nous avaient pris nos lits et tout ce qu’on avait, c’était nos sacs de couchage et notre paquetage, valise, prêts à partir le lendemain très tôt. Et autour de 4 heures du matin, j’ai senti quelque chose qui me serrait la gorge et voilà, il y avait plein de gens qui ont dit que c’était des mongoliens, mais je ne sais toujours pas. Mais ce que je crois que ce qui avait dû se passer, quelqu’un était venu et nous avait ficelés dans nos sacs de couchage, et avait pris l’argent et nous avait dépouillés. J’ai pensé que ça pourrait bien être quelqu’un des nôtres. Vous savez, c’est dur de penser comme ça, mais...

En plus il y avait un petit chien, un des chauffeurs avait un petit chien et il n’avait même pas aboyé. Donc à l’évidence c’était quelqu’un qu’il connaissait.

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