Témoignages d'anciens combattants:
Murray Edwards

Armée

  • L'Ambassadeur américain au Canada présente officiellement la United States Presidential Unit Citation au 2e Bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry en reconnaissance de sa victoire à la bataille de Kapyong en avril 1951. L'Ambassadeur, M. Livingston Merchant, présenta également l'American Air Medal à deux officiers sur le terrain de parade. M. Murray servit ce jour-là d'aide-de-camp à l'Ambassadeur.

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  • Lettre datée du 20 décembre 1977 du contre-amiral M.A. Martin, CD, et adressée à M. Murray Edwards lui décernant la Médaile du Jubilé d'Argent de la Reine Elizabeth en reconnaissant de ses extraordinaires services pour la cause des cadets de l'Air, de la Marine et de l'Armée de terre.

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  • L'aumônier Adams (à droite) et Murray Edwards présentent un chèque de l'église au quartier-général des Nations Unies à Chypres en 1964. L'argent fut remise à un hôpital britannique de la Croix-Rouge s'occupant d'enfants grecs et turcs et les médecins y travaillant provenaient des deux nationalités. Selon M. Edwards, il s'agissait là de l'unique exemple d'une telle coopération sur l'île de Chypre à cette époque.

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  • M. Edwards lors de la cérémonie du Jour du Souvenir de 2011. Comme il l'indique, il est heureux de pouvoir toujours participer à cette cérémonie.

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  • Certificat délivré à M. Edwards lorsqu'on lui décerna la Médaille du Jubilé d'Argent de la Reine Elizabeth en 1977.

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"Notre seul regret a été que l’artillerie n’ait reçu aucune reconnaissance alors que la clé de notre succès à Kapyong a vraiment résidé dans l’appui des artilleurs néo-zélandais (...) Ils ont été tout simplement fabuleux (...)"

Transcription

C’est en avril évidemment qu’eut lieu le point culminant de nos combats avec la bataille de Kapyong (pendant la guerre de Corée, eut lieu du 22 au 25 avril 1951). On avait passé un mois sur la ligne de front (avec le 2ème bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry), pour aider à construire une ligne de défense sur le 38e parallèle (la ligne de démarcation militaire entre les deux Corée) et après on est partis dans une zone de repos à environ 35 kilomètres derrière la ligne de front. Et on y était depuis quatre jours à peu près quand, un matin à 7 heures alors qu’il était en train de se raser debout contre sa caravane, notre commandant de brigade anglaise (commandant Brian A. Burke) a mis la radio pour écouter les nouvelles de Tokyo et a découvert que les Chinois avaient entamé l’offensive du printemps. Le commandement américain ne lui en avait pas soufflé mot. En tout cas, il a regardé la carte et il a déterminé que l’offensive centrale viendrait de la vallée de Kapyong, il a emmené la brigade (la 27e brigade britannique du Commonwealth), nous a placés dans une position de défense et c’est exactement là que les Chinois sont arrivés. On avait confié notre portion de la ligne de front à une division sud-coréenne et quand les Chinois ont attaqué, ils venaient de craquer et ils ont détalé vers le sud sans même leur mettre des bâtons dans les roues. Alors quand les Chinois ont traversé, il y avait aussi des masses de soldats sud-coréens mélangés à eux. En tout cas, la position qu’il avait choisie pour nous, la position du Patricia était une position très facilement défendable. Les Australiens sur notre droite (3e bataillon, le Royal Australien Régiment) n’avaient pas une aussi bonne position, mais la décision prise par le commandant de brigade était de mettre les Australiens là-bas parce qu’ils avaient beaucoup plus d’expérience que nous. Et quand le combat a commencé, ils ont été forcés de reculer à deux reprises et à un certain point, quand ils ont réclamé l’appui aérien des Américains, les Américains sont arrivés avec du napalm et ils ont atteint les Australiens. Je devrais préciser qu’au tout début des combats, les Anglais avaient deux porte-avions en Corée et notre appui aérien venait des Seafire anglais (le Supermarine Seafire, une version navale des chasseurs Spitfire de la Deuxième Guerre mondiale), des Spitfires convertis pour les porte-avions. Et ils pouvaient transporter des bombes, des roquettes, des mitrailleuses, tout ça en un seul voyage. Au moment de Kapyong, on nous avait donné des jets américains à la place et ils étaient tellement rapides et si peu précis qu’on a finalement dû faire suivre à quelques-uns de nos officiers un entrainement sur des avions Harvard (l’avion nord-américain T-6 Texan connus des Britanniques sous le nom de Harvard) pour montrer les cibles aux Américains avec des roquettes à écran de fumée. C’est juste un aparté. En tout cas, on a réussi à tenir la position, ils ont pensé qu’on avait sans doute fait plusieurs milliers de victimes dans le camp chinois et ils se sont finalement retirés. À l’ouest, il y avait une autre brigade britannique sur la rivière Imjin et ils faisaient face à une autre offensive de printemps chinoise. Leur position n’était pas aussi bien défendable que la nôtre et ils ont souffert de lourdes pertes. Leur position a été envahie, la plupart de ceux qui n’avaient pas été tués avaient été faits prisonniers, mais ils avaient eux aussi infligé de très lourdes pertes que là aussi sur ce front, moi aussi. Les Chinois n’ont jamais remonté une offensive de cette importance pendant la guerre. Il y avait des combats et des échauffourées, mais rien de tel n’a jamais été entrepris à nouveau. Et pour les Américains, Kapyong et les combats des Anglais sur la rivière Imjin ont marqué un tournant dans la guerre. En reconnaissance de ce fait, ils ont récompensé notre bataillon et les Australiens en leur décernant la United States Unit Citation (une citation attribuée de manière collective à une formation militaire pour sa bravoure face à l’ennemi). Comme ils ont des récompenses à titre individuel, ils ont des récompenses pour les unités qui se sont distinguées. Vous pouvez porter cette décoration pendant tout le reste de votre carrière si vous faisiez partie de ce combat en particulier et si vous étiez dans l’unité qui était là-bas, vous pouvez la porter pendant votre service avec eux et quand vous les quittez, vous l’enlevez. Alors c’était un sacré honneur. Notre seul regret a été que l’artillerie n’ait reçu aucune reconnaissance alors que la clé de notre succès à Kapyong a vraiment résidé dans l’appui des artilleurs néo-zélandais (du 16e régiment de campagne, Royal New Zeland Artillery). Ils ont été tout simplement fabuleux et quand une de nos positions a été envahie par les Chinois, le commandant de peloton a demandé à l’artillerie de tirer sur sa propre position. Et l’artillerie tirait avec une telle précision, ils ont réussi à faire fuir les Chinois et sauver la percée.
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