Témoignages d'anciens combattants:
Phillip Leigh

Armée

  • Phillip Leigh
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"Vous nouez une relation de camaraderie avec le gars - bon dans le cas présent - avec vos compagnons. Et ce sont des liens pour la vie."

Transcription

L’école du Service de santé de l’armée se trouvait à Camp Borden [Ontario] c’était comme n’importe quelle autre école en réalité. Et pendant mon séjour là-bas, j’ai suivi une formation de parachutiste, et j’ai fini mes sauts, ensuite j’ai été affecté à la 37e Ambulance de campagne, qui était l’unité médicale aéroportée à l’époque. Et puis bien sûr, ils ont commencé à chercher des candidats pour partir en Corée alors ils ont pris quelques-uns d’entre nous de la 37e pour les envoyer dans la 25e FDS [Field Dressing Station] et nous voilà partis.

C’était fin juin ou début juillet 1951, et comme je l’ai dit, j’étais avec la FDS en train d’installer une base hospitalière à Séoul [Corée du Sud], on avait récupéré l’Université de Séoul en fait, elle avait été totalement bombardée et on a installé un hôpital là-bas. Et puis pour finir à la fin de l’hiver 1952, j’ai rejoint la FDS, l’ambulance de campagne pendant une dizaine de jours et de là, je suis parti retrouver le 1er bataillon, le PPCLI [le régiment Princess Patricia’s Canadian Light Infantry], en tant qu’adjoint médical.

Bon, c’était quelque chose de complètement différent. Je travaillais dans le RAP [Regimental Aid Post], on avait un sergent RAP, moi, ils m’ont promu jusqu’au grade de caporal et on était deux là-bas. Et bien sûr, dans le bataillon, chaque compagnie de carabiniers avait un adjoint médical, RCAMC [le Corps médical militaire royal du Canada] et puis bien sûr, ils avaient des brancardiers aussi, alors. Et vous savez, pendant que j’étais là-bas, le RAP, je ne sais plus combien de temps, mais il a fallu prendre la relève d’un des gars de la compagnie Charlie et je suis allé dans la compagnie Charlie pour être leur adjoint médical.

Il y a un incident dont je me souviens bien et c’était encore une affaire avec un civil. Le sergent RAP me dit que ce vieux fermier coréen va venir se présenter et il fait partie de la revue des malades avec les autres gars. Et il avait le bras gangrené et il aurait dû être amputé, vous savez. Mais il entre et il me dit : « fais-lui simplement tremper le bras dans du sérum physiologique et donne-lui ceci et cela et il sera content ». Et je m’en souviens encore, chaque matin il venait, et je lui faisais tremper le bras et lui donnait. Et oui, la reconnaissance qui se lisait dans ses yeux, je m’en souviens encore. Et bien sûr, comme je l’ai dit, après je suis parti dans la compagnie de carabiniers, je ne sais pas, mais je ne pense pas qu’il soit resté en vie bien longtemps.

C’était une sorte d’impasse et vous étiez simplement, et une fois encore c’était différent, alors tout ce que vous faites c’est surtout des premiers soins, tous les blessés viennent et vous les soignez. Ils sont partis en patrouille et il a fallu que j’aille avec les brancardiers et j’ai soigné tous les blessés qui se présentaient et ceci se passe au pied de la colline de la compagnie Baker et ces gars-là ils ont cru qu’on était des Chinois qui étaient passés derrière eux, alors ils ont commencé à nous balancer des grenades et je leur ai fait passer un mauvais quart d’heure après coup. Mais en tous cas, non, je ne suis parti qu’une seule fois avec une patrouille, normalement ils ne prennent pas l’adjoint médical avec eux, ils emmènent le brancardier avec eux, mais ils ont pensé, nous allons lui donner un petit aperçu de ce qui se passe quand on est en patrouille alors ils m’ont donné la radio à surveiller. Et je me souviens m’être allongé là en essayant de baisser le ton, et ce gros rat dégueulasse est remonté en courant le long de ma jambe et sur ma poitrine et j’ai bien failli hurler et puis j’ai pensé, bon sang, on va finir par être fait prisonniers au lieu d’en capturer un.

Bon, je dirais que le fait de compter sur vos copains c’est un facteur très important, vous savez. Vous nouez une relation de camaraderie avec le gars - bon dans le cas présent - avec vos compagnons. Et ce sont des liens pour la vie.

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