Témoignages d'anciens combattants:
Roland Roy Reid

Armée

  • Le major-général (ret.) Roland Reid. Pendant la Guerre de Corée, M. Reid commanda la compagnie A du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment.

    Source: http://www.canadianbattlefieldsfoundation.ca/study%20tour/photo_gallery3.htm

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"J’ai toujours gardé l’impression qu’on avait fait notre possible (...) Et c’est grâce à la bravoure de plusieurs qu’on n’a pas été affecté plus durement qu’on là été."

Transcription

Moi, je me suis rendu à Ottawa, du côté personnel, de l’administration du personnel. Ils ont dit qu’on va t’affecter, qu’on forme de nouvelles unités pour aller en Corée (dans le contexte de la levée d’une brigade d’infanterie spéciale qui ira combattre en Corée). Les deuxièmes bataillons des trois régiments (de la force régulière), le 22 (Royal 22e Régiment), le RCR (The Royal Canadian Regiment) et puis PPCLI (The Princess Patricia’s Canadian Light Infantry). Alors, c’est correct. Ils m’ont affecté au 2e Bataillon (du Royal 22e Régiment) qui (irait rejoindre) la (25e) Brigade canadienne (qui) se préparerait pour la Corée dans l’ouest des États-Unis à Fort Lewis, au nord de la Californie (État de Washington). Et je me suis rapporté là, au 2e Bataillon du 22e. C’est ainsi qu’après quelques mois, évidemment, on est partis pour la Corée, alors j’ai servi en Corée (en 1951-1952). (Sur l’encadrement des soldats de la 25e Brigade d’infanterie canadienne.) C’est parce qu’il y avait une bonne proportion d’officiers et de sous-officiers qui avait servi durant la guerre de 1939-1945. Alors c’était des troupes entrainées, ce n’était pas des troupes recrues. On avait des soldats, mais je veux dire les officiers et sous-officiers avaient servi à la guerre, la plupart avaient servi en 1944-45 en Europe voyez-vous. Alors on était des troupes aguerries, on n’était pas des nouveaux. (En Corée.) Il y a eu des activités au début puis après ça c’était, les combats ont cessé. Ils y avaient des patrouilles pour vérifier la nuit surtout, les endroits où l’ennemi était. Eux faisaient ça contre nous autres, nous autres on faisait ça contre eux autres. C’était une situation d’attente de chaque côté. Mais c’était plutôt actif la nuit, des patrouilles et ainsi de suite. Chacun testait de l’autre côté. Mais ce n’était pas des opérations actives. Bien évidemment, c’est le commandant du bataillon qui commande, alors c’est lui qui décide. Évidemment, il a ses réunions d’opérations avec ses commandants de compagnie, le commandant du bataillon. Et puis, l’important est toujours de contrôler le terrain neutre entre chaque côté, vis-à-vis l’ennemi. C’est pour ça qu’on déploie des patrouilles de nuit pour vérifier si l’ennemi a changé ses endroits ou s’il semble préparer quelque chose. Alors il faut toujours être actif pour être au courant de ce que l’ennemi semble être en mesure de prévoir et planifier. Mais les patrouilles, ça accroche et on a des pertes c’est évident. Ce n’est pas de promenade de fin de semaine, les patrouilles de nuit contre l’ennemi, surtout sur un terrain comme la Corée. Des patrouilles de reconnaissance, il y en avait continuellement. Il fallait que ce soit planifier pour surprendre l’ennemi à certains endroits. Mais il fallait des patrouilles de reconnaissance chaque nuit pour s’assurer que si l’ennemi était en train de planifier ou d’avancer a quelque part on était au courant tout de suite. Alors des patrouilles ça s’accroche souvent sur des postes qu’on n’était pas sûr que c’était occupé, finalement ça l’était. Alors il y a des pertes c’est évident, inévitable. J’ai toujours gardé l’impression qu’on avait fait notre possible, mais on n’avait pas prévu. Mon souvenir général c’est que, on avait été chanceux. Parce qu’il y avait une couple d’affaires qui avaient été négligées, ou qu’on n’y avait pas pensé. Ça nous a occasionné des pertes de plus. Je me souviens d’une chose, ma réaction interne, intérieure, était qu’on ne s’était pas assez bien préparé cette fois-là. C’est le souvenir que j’en ai de ça. Mon premier « feeling », si vous me permettez le mot anglais, c’est qu’on était mal préparé et qu’on a été chanceux. Par ceci, je veux dire qu’on aurait pu avoir plus de pertes. Et c’est grâce à la bravoure de plusieurs qu’on n’a pas été affecté plus durement qu’on là été.
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