Témoignages d'anciens combattants:
Phil Peterson

Armée

  • Phil Peterson, au Centre George Derby, Burnaby, la Colombie-Britannique, novembre 2011.

    Historica Canada
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"Il y en a qui sont morts à ma droite, à ma gauche, peu importe. C’est comme ça. C’est un miracle que je ne me sois pas fait bombarder moi aussi. Parce que c’est une horreur les lignes de front, je vous le dis. "

Transcription

Je suis venu ici et je me suis engagé à Little Mountains (un quartier de Vancouver, Colombie Britannique) là où se trouve le dépôt d’autocar, il y avait un grand camp militaire là-bas. Parce qu’il fallait prendre le tramway pour descendre, et il y avait des tramways à l’époque, au centre-ville à l’est de la ville. Et alors j’ai vendu une bouteille au trafiquant d’alcool, j’ai eu assez d’argent pour faire un bon repas, parce que je n’aimais pas la nourriture au camp militaire. Et puis de là, ils m’ont expédié en Alberta et j’ai fait mes classes à Camrose (Alberta). Et puis de là, je suis allé à Calgary (Alberta), le camp de l’armée n’est plus à Calgary, mais j’ai suivi mon instruction avancée. Chaque fois que vous aviez fini une période d’entraînement, ils vous donnaient deux semaines de permission. Et ils m’ont réexpédié en Nouvelle-Écosse. Ils m’ont envoyé en Italie et j’étais dans le Seaforth Highlanders. Je n’ai jamais été touché ou quoi que ce soit. J’ai eu de la chance, mais je pense qu’un grand nombre d’entre eux ont été frappés, blessés ou tués. Ce n’était pas très plaisant à voir, mais ça fait partie de la guerre, vous savez. Je n’oublierai jamais ça, je vous le dis. J’ai juste eu de la chance de ne pas être touché. J’aurais pu. Il y en a qui sont morts à ma droite, à ma gauche, peu importe. C’est comme ça. C’est un miracle que je ne me sois pas fait bombarder moi aussi. Parce que c’est une horreur les lignes de front, je vous le dis. Je me souviens d’un tireur embusqué, c’était en Hollande, presque à la fin, et ce garçon était à côté de moi, le tireur l’a descendu. Il aurait pu tout aussi bien m’avoir moi parce que j’étais plus grand que lui, vous savez. Vous ne savez jamais. Vers la fin de la guerre, on était juste en dehors d’Amsterdam (Pays-Bas) et il y avait 90 à 100 personnes dans une grande ville du genre de Rotterdam et d’Amsterdam et les grandes villes, ils mourraient vraiment de faim. Mais vers la fin de la guerre, on n’avançait pas ou quoi que ce soit, ils ont envoyé des avions pour larguer de la nourriture pour les Hollandais. Et je suppose qu’ils n’ont jamais oublié ça, c’était bien, vous savez, j’ai bien aimé. On a emménagé dans des casernes hollandaises après qu’ils aient signé l’accord avec les Allemands. Et les Allemands voulaient récupérer quelques rebelles pour pouvoir descendre quelques-uns des soldats qui avaient désobéi. Ils n’étaient pas très gentils. Et mon ami, j’avais un très bon ami, et on a suivi l’entraînement ensemble. Il était protestant et j’étais catholique, alors on allait à l’église tous les dimanches. Je suis allé dans son temple une fois quand j’étais à Calgary, et il est venu dans mon église. Oh bon sang. Et c’était une grande amitié malgré tout. Il était bon, il me rappelait Fred Astaire parce que c’était un bon danseur. Je ne dansais pas bien, mais lui si. Je me suis renseigné à son propos parce qu’il était en Europe et quelqu’un a dit qu’il avait été tué. Et ça m’a fait assez mal parce qu’on était très amis, vous savez. Mais je n’étais pas avec lui. Donc beaucoup d’entre eux ne s’en sont pas sortis. Il y a des cimetières là-bas et ils ne sont pas de petite taille. Je ne sais pas pourquoi il y a tant de guerres, ce n’est pas bien.
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