Témoignages d'anciens combattants:
Jim Wilson

Marine

  • M. Jim Wilson. Janvier 2012.

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"Bon, notre boulot à ce moment-là c’était d’essayer d’arrêter les trains, de les détruire et ainsi de suite. Pendant les neuf mois ou à peu près qu’on a passé là-bas, on a réussi à avoir trois trains pendant qu’ils passaient à toute vitesse sur les rails en essayant de nous échapper."

Transcription

[Patrouillant dans les eaux coréennes]

À partir de là, on a poursuivi nos tours et, nous, on s’occupait de la côte ouest en particulier, on effectuait des patrouilles sur certaines parties de la Corée du Sud en quelque sorte, on s’assurait qu’il n’y avait pas d’interférences avec les bateaux, ou quoi que ce soit d’autre, le long de cette ligne. Et on est remontés jusqu’en Corée du Nord où on s’est occupés des zones que les trains de ravitaillement traversaient. Et ça a été notre mission spéciale dans l’épisode de la Corée parce que là-bas il y avait de très grandes falaises et à l’intérieur des falaises, ils avaient construit des tunnels pour les trains, mais les trains devaient sortir à l’air libre de temps à autre. Et on avait trouvé ces espaces en plein air où il n’y avait que les rails sur la façade de la falaise et les trains devaient passer par là.

Bon, notre boulot à ce moment-là c’était d’essayer d’arrêter les trains, de les détruire et ainsi de suite. Pendant les neuf mois ou à peu près qu’on a passé là-bas, on a réussi à avoir trois trains pendant qu’ils passaient à toute vitesse sur les rails en essayant de nous échapper, pour s’éloigner de nous comme ça. Et on a réussi à faire sauter trois de ces trains et ils nous ont placés au sein du petit groupe de démolisseurs de trains en fait, de même que quelques autres contretorpilleurs qui avaient été là et avaient réussi à en avoir trois eux aussi. Ça ne donne pas l’impression de faire beaucoup, mais c’était une sorte d’exploit en réalité parce que le navire faisait la navette le long de la côte et vous deviez avoir vos canons là où ils allaient atterrir, exactement à l’endroit où le train se trouvait ou juste un peu en dessous pour détruire les rails et le détruire. Et il s’agissait là d’un sacré tour de force.

Un des autres trucs qu’on faisait, même quand les trains n’étaient pas là, on y allait et on les harcelait en ouvrant le feu avec nos canons à l’entrée ou au départ, de gros trous dans la structure qui soutenait les entrées des tunnels en quelque sorte et ainsi de suite. Alors si on arrivait à détruire une partie de tout ça et aussi des rails, ça ralentissait les choses. Le truc intéressant, c’est qu’on allait découvrir que ça ne les retardait pas plus d’une journée, qu’ils avaient tellement de gens dans les tunnels, que c’était comme une armée de fourmis là où ils sortaient et ils se débarrassaient de tous les vieux rochers qu’ils transportaient et ils consolidaient et installaient de nouveaux rails, et les dégâts qu’on croyait avoir causés dans leurs installations étaient réparés dans les 24 heures.

Pendant certains exercices de tir au canon, j’ai personnellement, étant l’assistant de l’officier de la défense aérienne, avec l’officier-canonnier aussi, j’ai eu l’occasion de m’occuper des affûts d’armes à l’avant du navire, les supports A et B contrôlés par une manette que j’avais. Et c’était mon boulot et j’ai réussi à faire sauter les rails et faire reculer l’entrée d’environ un mètre vingt. Le reste du temps, au cours d’un autre épisode de tir au canon, c’était quand on remontait la côte, on avait des sites qui étaient pour l’artillerie dont on se servait pour bombarder les bateaux qui passaient par là et qui en général essayaient de bombarder la Corée du Sud.

Pratiquement à chaque période qu’on passait en mer, nos sorties en mer duraient en général un mois, et on a réussi à vraiment s’investir à chacune de nos sorties en mer. Le truc c’était que dès qu’ils se rapprochaient de nous et que les obus commençaient à siffler autour de notre navire, on les entendait et on les voyait rebondir derrière nous et exploser, et ainsi de suite. Quand on ne les arrêtait pas complètement, on faisait appel à l’armée de l’air américaine et ils venaient et ils arrosaient le site au napalm. Ça donnait l’impression d’une situation à sens unique en quelque sorte, mais en même temps c’était très efficace.

On croisait des petits bateaux, des gars qui allaient de port en port et je gérais la cantine à l’époque, c’était une sorte de petit boulot à temps partiel, et on les faisait monter à bord et on les nourrissait, les Sud-coréens, et on leur vendait des cigarettes de la cantine et on les laissait recharger leurs batteries en essayant juste d’améliorer un peu leur quotidien.

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