Témoignages d'anciens combattants:
Robert Bysouth

Armée

  • Photo de soldats du 1er Bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry posant pour la caméra après leur retour en Corée de Kure au Japon.

    Lloyd Swick
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"Et on approchait de l’endroit où on devait installer la clôture et puis il y a eu une explosion et un éclair jaune à l’avant. Et j’ai pensé : « Champ de mines ». Mais j’étais tout près derrière, j’étais le troisième de la rangée qui descendait dans le champ et ce gars-là, il a dû déclencher la mine, parce qu’elle est montée en l’air juste derrière lui."

Transcription

Soyez avisés que l'expérience personnelle de cet ancien combattant comprend des éléments pouvant ne pas être appropriés aux plus jeunes internautes. On a suivi l’entrainement derrière les lignes avant de partir installer des barbelés, comme toutes les poses de clôtures en barbelés éclair. On s’est entrainés à installer du barbelé concertina [une sorte de fil de fer barbelé, connu également sous le nom de barbelé à lames], vous plantez un piquet à vis dans le sol, il faut les visser parce que si vous les enfonciez au marteau, ils ont été créés pendant la Première Guerre mondiale, au fait, de cette façon ça ne faisait pas de bruit et ça ne risquait pas d’attirer l’attention de l’ennemi. Cette fois-là, il commençait à faire froid et il y avait un peu de neige sur le sol et ça gelait, et il fallait qu’on remballe tout notre équipement, les piquets et le fil barbelé, et tout le matériel dont on a besoin, et aussi nos armes, pour aller à un certain endroit poser des clôtures en fil de fer barbelé. On est descendu au fond de la vallée, en général il y avait une vallée entre nous et l’ennemi. Nous sommes descendus dans la vallée et on a installé notre grillage. Et on approchait de l’endroit où on devait installer la clôture et puis il y a eu une explosion et un éclair jaune à l’avant. Et j’ai pensé : « Champ de mines ». Mais j’étais tout près derrière, j’étais le troisième de la rangée qui descendait dans le champ et ce gars-là, il a dû déclencher la mine, parce qu’elle est montée en l’air juste derrière lui et ça lui a coupé la tête en deux et je me souviendrai toujours de son béret, de la manière dont il était tranché d’arrière en avant, sa cervelle qui sortait, et il est mort sur le coup [Cpl Francis Austin Mullin]. L’autre gars était grièvement blessé, il a perdu connaissance d’emblée. Quand il a repris connaissance, il souffrait terriblement parce qu’il avait été frappé par ces balles en métal, elles étaient brûlantes du fait de l’explosion. J’étais surpris, je me demandais quoi faire et j’ai été étonné de voir un jeune gars qui était à l’arrière remonter la file à grands pas, j’ai pensé : « Il est vraiment courageux. » Il a avancé, et ce gars qui était mort, il avait un pistolet recouvert de chrome, un Colt 45 automatique, il lui a pris et d’autres choses aussi comme son portefeuille, je pense. Et ensuite, il est reparti vers l’arrière où sa section se trouvait. Et ça m’a un peu retourné. Et en tout cas, j’ai avancé pour voir si je pouvais réconforter le gars qui était blessé et à ce moment-là, il hurlait tellement, je pensais qu’on devait l’entendre à des kilomètres à la ronde. Et je me suis demandé, vous savez, si, si l’ennemi allait entendre ça et ouvrir le feu sur nous avec des obus ou des mitrailleuses. Mais pour le moment, tout était calme. Mais après ça, je me suis agenouillé et ai essayé de le réconforter en lui disant qu’on allait venir le chercher et que tout allait bien se passer, mais je pouvais sentir le sang et la fumée qui sortaient des blessures de sa poitrine. Il n’a pas tenu longtemps, il a finalement succombé [Sdt Jacob Wensel Batsch]
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