Témoignages d'anciens combattants:
Donald McCree “Scotty” Cameron

Marine

  • Des stagiaires de la Marine Royale à Sydney, Nouvelle-Ecosse en novembre 1941.
    Mention de source : Ministère de la Défense Nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-184186

    Canada. Dept. of National Defence / Library and Archives Canada / PA-184186
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"Quand la guerre a éclaté en 1939, le 3 septembre 1939, j’étais en route vers Halifax en service actif dans la Marine."

Transcription

Je m’appelle Donald McCree Cameron. Et je suis né en Écosse, à Edimbourg en Écosse. Et j’ai immigré d’Écosse quand mes parents sont venus ici en 1929. On était une famille de militaires. Tous mes oncles et mon père étaient dans l’armée, il a combattu dans la bataille de la Somme pendant la Première Guerre mondiale, il a perdu un œil. Il est revenu ici, même s’il n’était, il n’avait qu’un œil, il était dans les meilleurs à l’entrainement et il s’est engagé dans le Toronto Scottish (régiment) et il était instructeur en bas à la caserne à Toronto ici. Et il est resté là pendant un moment, jusqu’à son décès. C’était très différent quand on est arrivés ici et quand j’étais enfant et tout était différent dans l’ensemble. Là-bas, les jeux c’était surtout le foot et le cricket et ici, on avait le baseball, le patinage et tout le reste, qu’on n’avait pas là-bas. Et j’étais dans l’armée en (1938). Et j’ai vu ce gars, qui marchait dans la rue, et il était revêtu d’un uniforme complet avec une cartouchière et les hauts de chausses là et les chaussures et des trucs sur ses chaussures, comme Pancho Vila (révolutionnaire mexicain assassiné en 1923). Oh mazette, il fallait que je voie ça, alors je l’ai rejoint. Je lui ai demandé dans quoi il était. Il a dit, le corps royal canadien des transmissions et il allait à Spadina Avenue tous les vendredis, et pendant deux semaines l’été, ils montaient à Camp Borden (une base d’entrainement près de Barrie en Ontario). En tout cas, je suis allé avec lui et je me suis engagé et j’étais dans le corps royal canadien des transmissions, là-haut à Camp Borden et tous les vendredis je me rendais à la caserne de Spadina Avenue. Et ça me plaisait. Et un jour j’ai vu ce gars marcher dans la rue avec un uniforme sur le dos, un uniforme de la marine. Je lui ai demandé : « Eh comment vas-tu Joe ? » Il s’appelait Joe quelque chose. Et je lui ai demandé : « Où vas-tu ? » Et il a dit : « Je vais à Halifax (Nouvelle-Écosse). J’ai demandé : « « Qu’est-ce que tu fais là-bas ? » Il a dit : « Bon, je vais aller sur un bateau, sur une corvette. » Oh ! Et il a dit : « Cette fois-ci on va à Newport News (Virginie), aux Etats-Unis. » Oh, j’ai dit : « C’est bien. » Il me dit : « Oh oui, j’aime bien. » Donc quoiqu’il ne soit, c’était ça. Quand il est rentré, je lui ai demandé, j’ai dit : « Comment je fais pour rentrer dans la marine ? » Et il m’a dit comment. Et j’ai fait le transfert dans la marine en 1938, vers la fin de 1938, dans la Marine royale. Quand la guerre a éclaté en 1939, le 3 septembre 1939, j’étais en route pour Halifax pour entrer en service actif dans la Marine. Au service, et en particulier dans la marine, deux personnes de la même famille n’avaient pas le droit d’embarquer sur le même navire. Et ça se passait comme ça parce que là-bas aux Etats-Unis, il y avait cinq frères sur le même bateau et le bateau a été coulé et ils sont tous morts (Les frères Sullivan de Waterloo en Iowa, tués quand le USS Juneau a été torpillé et coulé par le sous-marin japonais I-26 au large de Guadalcanal le 13 novembre 1942). Quand vous vous engagiez, vous deviez aller au YMCA, entre College et Dovercourt (à Toronto), et leur montrer votre niveau de natation. Et bon, je savais nager mais quand ils m’ont donné ces uniformes, j’ai pensé, oh bon sang, on devait nager avec l’uniforme sur le dos. J’ai dit, bon, d’accord, et j’ai commencé à une extrémité et je n’ai pas pu dépasser le milieu à cause de cet uniforme qui pesait des tonnes, l’uniforme trempé me faisait couler et j’ai nagé vers le bord et je suis sorti. J’ai dit, bon, je suppose que j’ai raté. Il a dit, oh mais si vous avez réussi on voulait juste savoir si vous saviez nager. Quand vous êtes sur un navire, vous ne porterez pas l’uniforme, vous porterez votre pantalon de treillis, et une chemise des trucs comme ça, vous portez rarement l’uniforme quand vous êtes en mer ; seulement quand vous descendez à terre. Donc je me suis qualifié pour ça. Et puis vous deviez faire des exercices d’aviron tous les matins au, vous formiez les rangs à l’exercice. Il y avait différentes choses à faire et l’une c’était d’aller sur un petit vaisseau d’entrainement comme ceux des gardes-côtes pour apprendre, pour savoir comment ramer et une autre c’était d’apprendre à faire des nœuds. Et le fait que j’étais dans les communications, dans l’armée de terre, et que je connaissais les signaux de code internationaux, ils m’ont demandé d’aller dans les communications de la Marine et c’est ce que j’ai fait. Et quand j’en suis sorti j’étais timonier, un officier marinier. Si vous étiez dans un convoi, vous devez comprendre que c’était la guerre et que vous ne pouviez pas avoir de communications radio, parce qu’elles pouvaient être interceptées par l’ennemi. Donc la seule manière d’avoir quelque chose c’était la communication avec les drapeaux, vous savez, le sémaphore ou en envoyant des signaux au convoi avec la lampe Aldis ou les drapeaux, les drapeaux internationaux. Or, si vous étiez dans un convoi et qu’il était éparpillé sur sept ou huit milles nautiques, et si vous pouvez voir ça, il y a bien sept ou huit navires en file, l’un derrière l’autre. Et ils sont séparés d’une distance d’un mille et demi. Oui, et vous aviez deux escortes à l’avant, deux à l’arrière, et un de chaque côté ; des bateaux d’escorte de la marine qui conduisaient le convoi. Or, dans le convoi, les deux bateaux du milieu, l’un c’était le commodore et l’autre le vice commodore. Et tous les messages qui étaient envoyés par les bateaux escorte allaient soit à l’un d’entre eux soit aux deux. En général pendant la journée, ça se faisait en hissant les drapeaux. Tel drapeau voulait dire telle chose en particulier. Un drapeau noir voulait dire qu’on a contacté un sous-marin et qu’on va examiner ça. Un autre drapeau voulait quelque chose d’autre. Donc, si un drapeau était hissé, le commodore du convoi le hissait et le bateau suivant jusqu’au bout de la file du convoi hissait le drapeau noir. Quand le dernier bateau dans le convoi l’avait, il le descendait et ça remontait jusqu’en haut et tout le monde savait ce qui se passait. Quand j’ai été transféré de la caserne, NCSM Stadacona (Halifax) au NCSM Ottawa (une corvette de la marine canadienne), je me suis renseigné pour savoir ce qu’on allait faire et j’ai appris qu’on était des vaisseaux d’escorte pour accompagner les convois depuis Halifax jusqu’au milieu de l’Océan Atlantique on les remettait aux mains des escortes des îles britanniques qui prenaient le relai à partir de là. Je dirais, j’étais content de ne pas aller dans les sous-marins avec la Marine parce que c’était l’enfer de se retrouver là-dedans. Je ne me voyais pas du tout dans un de ces trucs, vous étiez tellement près. Bon vous aviez la cuisine, et puis ils avaient la salle des machines et puis là où on créchait. Et l’odeur du diesel et la nourriture et tout comme ça, les mélanges, juste terrible. Ils devaient venir la nuit s’ils pouvaient, et remonter le schnorkel, pour avoir de l’air frais. Et jusqu’à ce que le schnorkel soit sorti, le seul moyen pour faire ça c’était de remonter et d’ouvrir le haut pour sortir de là et de monter sur le sous-marin pour avoir de l’air frais. Mais ensuite ils ont eu le schnorkel il suffisait de le faire monter et ils pouvaient obtenir de l’air frais en bas dans le sous-marin. Ils avaient besoin d’eux et ils ont fait beaucoup de bonnes choses pour nous, mais ils en ont fait sacrément plus du côté des allemands : 1943 a été leur meilleure année en ce qui concerne le tonnage de navires marchants coulés. C’était leur meilleure, évidemment ils avaient pour habitude d’envoyer ces meutes de sous-marins qu’on appelait les meutes de loups et ils ont bien entendu fait beaucoup avec eux. Je ne me souviens pas combien de tonnes, de milliers de tonnes de ravitaillement qui faisaient la traversée pour, aider l’Angleterre à être ravitaillée – et on n’avait pas autant de bateaux qu’on aurait pu pour compenser ça. La Marine canadienne à cette époque, elle ne fonctionnait pas à plein mais c’est venu petit à petit vers la fin de la guerre.
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