Témoignages d'anciens combattants:
Corinne Kernan Sévigny

Armée

  • Recrutement pour le CWAC à travers le Québec

    Corinne Kernan Sévigny
  • Marche du Corps Féminin de l'Armée Canadienne (CWAC).

    Corinne Kernan Sévigny
  • Corinne Kernan Sévigny et capitaine Lucien Cote pendant une campagne d'obligation de la victoire.

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  • Corinne Kernan Sévigny parlant à la radio CKVC à Québec.

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"La vie de tous les jours était une vie nouvelle à cause des demandes physiques, mentales et morales à la population qui restait au Canada."

Transcription

Je suis Corinne Kernan Sévigny, j’avais 19 ans quand je me suis enrôlée dans le Canadian Women’s Army Corps, le CWAC [le Service féminin de l’Armée canadienne] au moment de la grande guerre de 1939 à 1946. J’avais une connaissance du monde, peut-être plus grande que la plupart de gens autour de moi, parce que j’avais même été aux États-Unis pendant trois ans. J’avais même vu les démonstrations envers - pour et contre - la guerre, entendu les gens en parler. Alors j’ai fait mes buts, j’ai passé l’hiver à Québec avec les jeunes gens qui partaient pour la guerre. Et j’ai appris que le Canada avait formé le CWAC, le Canadian Women’s Army Corps. J’étais jeune et je voulais faire partie du monde parce que c’était le monde ça. Tout le monde était pour, contre, ils travaillaient, ne travaillaient pas. Il y avait toujours… C’était là, c’était ça, c’était tout ce qu’on avait. Alors moi j’étais intéressée à faire partie du monde. Alors ce que j’ai fait, c’est je me suis enrôlée. Quand je suis entrée moi, à part des téléphonistes de Bell Telephone, les clerks, les secrétaires, et les trésorières dans les banques, les gardes-malades… j’ai de la difficulté à penser à d’autres grandes ouvertures pour les femmes. Les messieurs étaient partis, il n’y avait personne pour les faire. Alors les femmes les ont faits. Tout à coup, leurs maris, leurs boyfriends étaient obligés de dire, c’est elle qui m’a remplacé, ils ont été obligés d’admettre, pas de dire, mais d’admettre. Je pense que c’est là qui est arrivé vraiment l’admission que les femmes pouvaient faire quelque chose, ou pouvaient être autre chose de ce qu’elles avaient toujours été, pouvaient prendre leur place si vous voulez, dans la construction d’une guerre. Nous avons appris que nous avions une place acceptée, acceptable et très utile dans le monde que nous vivions. La guerre a changé le Canada parce que le Canada a grandi, a vieilli, a compris comment prendre sa place dans un monde nouveau. Rien ne se passait dans le monde que nous connaissions sans qu’il y ait un filet qui s’attache à la guerre. Par exemple, si vous aviez besoin de crayons, et que les crayons étaient envoyés en Angleterre ce mois là, il n’y avait pas de crayons dans les magasins. La vie de tous les jours était une vie nouvelle à cause des demandes physiques, mentales et morales à la population qui restait au Canada. Le fait d’être séparés de leurs familles et de ne plus pouvoir les aider, les protéger et les soutenir a été un des très grands problèmes pour les hommes parce qu’ils faisaient peut-être face à la mort, et ils le savaient. Le monde entier doit accepter que leurs arrières grand-pères, leurs grand-pères et leurs pères ont gagné un pays magnifique.
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