Témoignages d'anciens combattants:
Ken Duffield

Armée

  • Ken Duffield, 2010.

    Historica Canada
  • Ken Duffield en 1944.

    Ken Duffield
  • Ken Duffield à Regina, Saskatchewan, 1943.

    Ken Duffield
  • Ken Duffield et un ami à Dundern, 1942.

    Ken Duffield
  • Les casernes à Camp Dundern, 1942.

    Ken Duffield
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"C’est quelque chose de dur à dire, qu’ils nous disaient de ne prendre de prisonniers sous aucun prétexte parce qu’on n’avait pas les moyens de nous en débarrasser. Alors qu’est-ce que vous faites, vous savez, vous ne pouvez pas le faire prisonnier ?"

Transcription

Il était très tard dans la soirée. Je ne sais pas, il était peut-être bien quatre heures ou trois heures du matin quand on a commencé à se préparer pour aller dans l’engin de débarquement et c’était vraiment dur. Ils ont mis ce qu’ils appelaient des filets d’abordage par dessus le bateau. Ils ont abaissé l’engin de débarquement dans lequel on était ; et on devait descendre en rampant sur sept à dix mètres sur ces filets d’abordage. Il fallait faire très attention parce que la mer était tellement agitée que lorsque les vagues arrivaient elles faisaient remonter l’engin de débarquement et puis descendre, et il fallait vous assurer quand vous descendiez sur ces filets de ne pas vous faire écrabouiller entre l’engin de débarquement et le bateau.

Quand on est arrivés sur les plages je ne sais pas si des ordres ont été donnés ; ils ont abaissé l’avant et on vous avait entrainé à sortir en sautant dans l’eau dès que la porte s’ouvrait ; et vous deviez rejoindre la plage aussi vite que possible. Alors quand on est arrivés sur la plage on a contourné par l’arrière et il y avait un mur à cet endroit-là. Juste la porte était là et il y avait ce mur qui protégeait la porte en quelque sorte ; et on devait entrer par derrière et on a balancé une grenade là-dedans. Dès qu’elle a explosé ; deux d’entre nous se sont précipités là dedans avec nos armes et on a tiré sur tout ce qui bougeait.

C’est quelque chose de dur à dire, qu’ils nous disaient de ne prendre de prisonniers sous aucun prétexte parce qu’on n’avait pas les moyens de nous en débarrasser. Alors qu’est-ce que vous faites, vous savez, vous ne pouvez pas le faire prisonnier ? Bon, on n’avait pas le choix ; et si un allemand se montrait ça n’avait pas d’importance. Vous deviez vous en débarrasser. Et voilà parce que vous deviez nettoyer le passage pour que la vague suivante de soldats puisse passer. Et c’était comme ça que c’était. Comment on a fait pour s’en sortir sans perdre un seul homme…

Je ne me souviens pas de la plupart des noms de ceux qui étaient dans ma section (Regina Rifles Regiment). Il n’y en a qu’un dont je me souviens vraiment c’était Fleming. Je crois qu’il était marié ; et je crois qu’il avait deux enfants. Le pire – le plus dur, j’ai trouvé, quand il s’est fait tué – le truc c’est qu’on avait décidé avant ça que si on recevait un colis on le partagerait entre nous. Si c’était une tablette de chocolat vous la divisiez en dix ou douze morceaux et vous en donniez un à chacun. Quand il a été tué, sa femme lui envoyait un colis chaque mois et ce qui a été le plus difficile à faire ça a été d’ouvrir son colis et de faire le partage. On m’avait donné cette responsabilité et c’est une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire.

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