Témoignages d'anciens combattants:
Norman Ross Young

Marine

  • Canadian Navy Heritage website. Image Negative Number H-558a.
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"Je ne crois pas que les canadiens réalisent à quel point l’est du Canada était tout proche, à quel point ils étaient investis dans l’effort de guerre."

Transcription

Le 31 août j’ai embarqué sur un navire, en 1944, le vieux NCSM Acadia. C’était, pour moi, c’était très intéressant. Je faisais partie de l’équipage régulier et j’étais tout aussi jeune qu’un bon nombre des nouvelles recrues. On était en formation. On dépendait de la (base d’entrainement de la marine canadienne) NCSM Cornwallis et on avait l’habitude d’emmener des appelés pour les entrainer, une dizaine de jours, deux semaines à la fois.

Tout de la maintenance au récurage des ponts, descendre les radeaux, les tours de à la barre de quart, la nuit, le jour, peu importe. Ils vous mettaient en tandem avec une nouvelle recrue et c’était, et les exercices de tir, la formation maritime.

La Marine c’était différent. Il y avait du danger tout le temps, mais je ne sais pas. Vous aviez l’équipage sur qui vous pouviez compter, tous les marins. Vous êtes tous jeunes et agressifs, et c’était excitant, très excitant.

Non, j’aurais aimé avoir embarqué, quand j’étais dans le contingent à bord, j’aurais préféré avoir embarqué sur un plus nouveau, un navire plus moderne et partir là-bas. Mais vous savez, vous n’avez pas le choix, vous allez où ils vous disent d’aller. C’était, vous savez, certains gars avec qui je me suis enrôlé ils se sont retrouvés dans le Pacifique, mais au moment où ils sont arrivés là-bas, ils, c’était presque terminé parce qu’on était vers la fin de 1944. Alors vous allez là où ils vous envoient, vous y allez, c’est tout.

Il y avait toujours beaucoup de rigolade et beaucoup d’amitié. Vous vous faites un tas d’amis quand vous êtes à bord d’un navire. Vous êtes tous des frères d’arme, c’est ce que vous êtes.

Vous savez, je ne crois pas que les canadiens réalisent à quel point l’est du Canada était tout proche, à quel point ils étaient investis dans l’effort de guerre. Le U-190 un sous-marin allemand a fait couler le dragueur de mines (NCSM) Esquimalt, juste en face du port d’Halifax, trois semaines avant la fin de la guerre. On était à Halifax à ce moment-là. Ça nous a ouvert les yeux. Ils étaient là. Et j’avais passé environ six semaines là-haut, avant d’embarquer sur le navire, là-haut à Sydney en Nouvelle-Écosse. Ils avaient une flottille de vedettes de combat là-bas ; et tous les soirs, elles partaient croiser dans le Saint Laurent de nuit, à la recherche des sous-marins. Et puis ils rentraient le matin ; et nous, je n’étais pas impliqué à bord des bateaux, mais on devait tout fermer et on devait tout nettoyer et préparer pour la nuit suivante, les ravitailler en carburant ; et ça faisait partie de mon entraînement à l’époque. C’était tout près. Le Saint Laurent, il y avait beaucoup de navires en 1944. Je n’arrive pas à me rappeler combien ont été perdus, la plupart c’était des cargos. Mais la guerre se déroulait juste là.

Quand ils ont coulé l’Esquimalt, là juste à l’extérieur du port d’Halifax ; il y a eu 39 personnes qui ont péri. Le U-190 l’a coulé juste au lever du jour et ils n’ont pas envoyé de SOS. Ils ont péri. L’eau glacée, ils étaient mouillés et avec le froid, 39 personnes de ce navire. C’était vraiment triste, quand vous savez que la guerre était pratiquement terminée.

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