Témoignages d'anciens combattants:
Howard Love

Forces aériennes

  • Les meilleurs amis George McDowell (à gauche) et Howard Love (à droite) debout devant le train Newfie Bullet à Terre-Neuve en 1945.

    Howard Love
  • De gauche à droite: cravate rayée réglementaire de l'Armée de l'Air; cravate de réserve développée par le groupe canadien du Capitaine Elmer Ferguson; cravate du régiment des commandeurs côtiers.

    Howard Love
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"Tout le monde savait qu’il fallait régler le problème, c’est à dire éliminer Adolf Hitler. Et ça a pris la moitié du monde et six ans pour faire ça."

Transcription

Je suis né dans un petit village appelé Hensell, en Ontario. J’imagine que j’ai vécu l’enfance typique de tous les enfants des petites villes de l’Ontario à l’époque. Quand vous aviez 19 ans, 19 ans et demi, vous étiez susceptible d’être enrôlé. Si vous étiez volontaire, vous aviez le choix de l’arme où vous vouliez servir, sinon, si vous étiez enrôlé, c’était l’armée de terre, point. Vu que j’étais volontaire, j’ai choisi l’aviation. Mais, pour ça, il fallait que j’aille à London. Mais, à l’examen médical, j’ai échoué au test de perception des couleurs; donc, je n’ai pas pu servir à bord des avions et j’ai dû prendre un travail au sol. Je suis devenu mécanicien de cellule d’aéronef. Je suis allé à l’école d’aéronautique de Galt, maintenant appelée Cambridge. Après ça, je suis allé à l’école de formation technique à St. Thomas. Au Dépôt d’effectifs, on apprenait aussi à marcher au pas, à broyer du gravier, comme on disait. Donc, on a broyé pas mal de gravier sur le bord du lac, je peux vous le dire. Comme je l’ai dit, je suis allé à l’école de formation technique à St. Thomas, un endroit pas mal du tout. Mais la nourriture n’était pas terrible, comme c’était le cas partout dans la force aérienne. J’ai été affecté à un escadron qui était à Dartmouth au départ, mais qui était alors à Terre Neuve. J’ai donc été envoyé à Terre-Neuve, et je suis resté dans cet escadron presque jusqu’à la fin de la guerre. C’était l’escadron 11BR. BR, ça veut dire « bomber reconnaissance », bombardement et reconnaissance, mais, en fait, ça voulait dire « Coastal Command », commandement de l’aviation côtière. Pas longtemps après mon arrivée là-bas, des hauts gradés de l’Armée de l’air canadienne et de l’Armée de terre américaine à Fort Pepperell ont organisé une attaque simulée. J’avoue que je n’étais pas chaud à l’idée de jouer à ce petit jeu avec les Américains, qui vont faire ça dans les bancs de neige. J’ai donc cherché un endroit où me planquer jusqu’à ce que ça soit fini. J’ai fini par trouver… c’était en dessous d’une chaudière dans la chaufferie. J’ai pensé que si je m’enfouissais sous la chaudière, la courbure me cacherait et que tout serait correct. Un soir que je revenais de St. John’s, l’alarme a sonné pour nous avertir d’une attaque; donc, je suis allé dans la chaufferie, je me suis mis par terre et j’ai commencé à m’introduire dans l’espace où j’avais prévu me planquer, mais il y avait déjà quelqu’un là. C’est comme ça que j’ai rencontré le gars qui deviendrait plus tard mon pote dans l’escadron et dans l’Aviation, George McDowell. Lui aussi venait d’une petite ville, près de Davidson, en Saskatchewan. Et son histoire était à peu près la même que la mienne; c’est juste que nous n’étions pas de la même ville. Peu importe, on est devenus de très bons amis, et nous le sommes encore. C’est une longue amitié, depuis 1943. Mais il est en phase terminale… le cancer du poumon. Alors, je me suis inscrit sur la liste des anciens combattants qui voulaient exprimer un souhait particulier, c’était de le voir une dernière fois. Et ça s’est arrangé. C’était le premier escadron de la RCAF à être équipé d’avions Hudson. Ces avions là ont volé pendant tout ce temps; alors c’était vers 1940, au début de 1940. Ils commençaient à être fatigués, alors on a commencé à recevoir des Liberator, et les Hudson ont été mis de côté. L’Hudson était un bon avion aussi, qui a rendu des services inestimables. Mais on essayait de protéger le milieu de l’Atlantique contre les sous-marins allemands. Les Hudson n’avaient pas l’autonomie qu’il fallait pour faire ça, alors que les Liberator faisaient le travail. Le Liberator, c’était l’avion qui avait la plus grande autonomie de tous les appareils de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à l’arrivée du B29. Comme ça, avec les Liberator qui venaient de l’Angleterre et les Liberator qui venaient de la côte est du Canada, et de Terre-Neuve, je pense qu’on a pu protéger ce secteur assez bien. Je vous avoue que la guerre… c’est quelque chose que je ne voudrais pas recommencer… mais je n’aurais pas voulu manquer ça non plus. La Seconde Guerre mondiale, tout le monde était dedans… le gars à la ferme qui a dû envoyer ses garçons… les gars qui travaillaient dans les usines… tout le monde participait. Tout le monde savait qu’il fallait régler le problème, c’est à dire éliminer Adolf Hitler. Et ça a pris la moitié du monde et six ans pour faire ça.
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