Témoignages d'anciens combattants:
William “Bill” Stanfield

Armée

  • Chapelet en perle que portait M. Stanfield. Il l'avait ramassé à Caen en juillet 1944.

  • Carte de Noël avec une photo de M. Stanfield, décembre 1944.

  • Monnaie d'invasion remise à M. Stanfiled et le reste des forces Alliées d'invasion pour être utilisée en Europe ( franc belge, reichsmark allemand et franc français), juin1944.

  • Livret de bonne conduite adressé aux soldats britanniques et canadiens appelés pour se rendre en France pour la Libération du pays.

  • M. Stanfiield au 67ème anniversaire du Jour-J à l'Hôtel de Ville de Toronto en 2011.

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"On sortait ensemble pour boire une bière et on sortait et on faisait des trucs ensemble et vous pensez si j’ai peur et que je ne fais pas mon travail, qu’est-ce que les autres vont penser de moi ?"

Transcription

La poche de Falaise

On a avancé dans la poche de Falaise (pendant la bataille de la poche de Falaise, entre le 12 et le 21 août 1944), qui était un endroit où on était en train d’acculer les Allemands et ils essayaient de s’échapper à travers une trouée. Et on avait donné aux Canadiens la mission de fermer cette poche alors qu’on faisait une avance contre la poche de Falaise. Et un 88 (le 88 mm est un canon allemand antichar et antiaérien) a ouvert le feu sur nous, que je n’avais encore jamais vu mais à ce moment-là je connaissais le 88.

Quand le 88 a ouvert le feu sur nous et les mitrailleuses, on était sans défense. On s’était arrêtés pour boire un thé et le 88 a atterri et on était neuf, pas moi, mais neuf d’entre nous ont été touchés. Personne n’a été tué. Washburn, je me souviens de son nom, il avait un trou derrière la tête. Je pouvais voir son cerveau, je pouvais voir à l’intérieur de son crâne, ça ne saignait pratiquement pas mais c’était grand ouvert. Je lui ai fait un bandage. Et puis j’ai trouvé d’un autre côté, Jones, je lui ai fait un bandage, il était touché à la main. Et puis certains parmi les renforts que j’avais amené le jour précédent, l’un d’entre eux, il vient avec moi. Je ne connais même pas son nom parce que je l’avais seulement amené la veille.

On a descendu la colline et la jeep se trouvait là et il y avait un docteur là-bas. Alors je fais rentrer le gars qui avait le trou dans le crâne et l’autre dedans, j’ai dit : « Il faut qu’on retourne dans notre tranchée. » Et il dit : « Non, non, je n’y vais pas, je n’y vais pas, je n’y vais pas. » J’ai dit : « Allez, il faut qu’on y aille. » et je lui crie dessus, « Il faut qu’on y aille. » Et le médecin militaire a dit : « Oh, laisse-le, laisse-le, il est en état de choc, laisse-le. » Alors j’ai quelques mots qui me sont sortis : « C’est n’importe quoi. » Mais quoi qu’il en soit, j’étais effrayé, je l’admets. Je l’admets quand j’étais à l’hôpital à parler avec certains des gars. Mais ce qui nous a permis de tenir là-bas c’était l’amitié, on était comme des frères. On sortait ensemble pour boire une bière et on sortait et on faisait des trucs ensemble et vous pensez si j’ai peur et que je ne fais pas mon travail, qu’est-ce que les autres vont penser de moi ?

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