Témoignages d'anciens combattants:
Malcolm Andrade

Forces aériennes

  • France, fin 1944. La photo avait été envoyée à ses parents. Sa mère a ajouté la flèche l'identifiant pour que sa famille et ses amis puissent le reconnaitre sur la photo.
    Notez les Spitfires en arrière plan.

    M.L.R. Andrade
  • Insigne de calot de la Force Royale Aérienne (Royal Air Force).

    M.L.R. Andrade
  • Insigne de calot de la Force Royale Aérienne.

    M.L.R. Andrade
  • Bouton de vareuse de la Force Royale Aérienne (Royal Air Force).

    M.L.R. Andrade
  • M. Andrade portant ses décorations de l’Étoile France-Allemagne et la Médaille de la Guerre 1939-1945 (février 2011)

Agrandir l’image

"On voyait des trucs comme des allumettes qui volaient dans tous les sens et vous compreniez tout à coup en vous rapprochant à toute allure que c’était des hommes. Les obus de votre canon et les balles les atteignaient et l’impact les expulsait de là. Alor"

Transcription

Aux Pays-Bas On est descendus sur cette cible à savoir le groupe Panzer avec quelques SS (Waffen SS) pour les soutenir. Et c’était une cible prioritaire parce que s’ils arrivaient là-bas, ils arrivaient en renforts. Alors la méthode habituelle c’était de bombarder à l’avant et bombarder à l’arrière pour piéger la colonne. Et ensuite on pouvait s’en occuper comme on voulait, pour ainsi dire. Tous les soldats qui marchaient se précipitaient pour s’abriter dans les arbres et dans les buissons, n’importe quoi, ou s’allonger dans les tranchées s’il n’y avait pas d’autre abri dans le coin. Et c’était là qu’on, après avoir bombardé le convoi et en descendre autant qu’on pouvait, les véhicules en fait, et là s’ils vous restait encore des balles ou des obus, vous vous en preniez aux soldats, en effet. C’était vraiment les gars après qui vous vouliez vous en prendre, les soldats SS. On s’en est vraiment bien occupés de ceux-là. Et la fumée qui montait et les débris et les trucs et au moment où on a disparu il y avait de la fumée noire partout. Et ça a été la première fois où j’ai vraiment vu qu’on tuait des gens. Quand vous commencez à tirer sur les camions, on voyait des trucs comme des allumettes qui volaient dans tous les sens et vous compreniez tout à coup en vous rapprochant à toute allure que c’était des hommes. Les obus de votre canon et les balles les atteignaient et l’impact les expulsait de là. Alors vous mettiez toute la gomme sans le moindre remord, croyez-moi. C’est l’excitation, vous voulez vous les faire ces gars. Vous ne voulez pas qu’il y en ait un seul qui s’en sorte. Les routes de campagne hollandaises sont étroites, comme les petites routes en France, étroites, deux files. Et les hollandais, ils allaient partout en vélo. Partout, dans les villes, il y avait des bicyclettes partout. Il n’y avait pas d’essence. Alors tout le monde se déplaçait en vélo, ceux qui avaient des vélos. Les Allemands avaient réquisitionné nombre d’entre eux au début mais il y en avait quand même beaucoup avec des vélos. Alors ils prenaient leur famille ou n’importe qui d’autre sur leurs vélos et ils se baladaient, surtout pendant les fins de semaines derrière les lignes et ce groupe là, je suppose qu’il y avait tout un groupe de familles qui roulaient ensemble et ils avaient leurs gamins sur leurs petits vélos eux aussi. Et quand on passait par là, on agitait nos ailes pour dire « bonjour ! » Ils étaient tous réjouis et ils nous faisaient des grands signes et les vélos nous saluaient. Et ce pauvre gamin, je suppose qu’il avait dû faire un signe et il est rentré dans le vélo de ses parents ou celui de quelqu’un d’autre et il est tombé de son vélo. Alors au moment où je me suis remis à niveau il venait juste de remonter sur son petit vélo et il a commencé à faire des signes, vous savez, avant même de remonter sur le vélo. Et c’était incroyable, émouvant de voir ça. Oui c’était émouvant. Parce qu’ils en avaient tellement vu, les hollandais avaient traversé tellement d’épreuves.
Follow us