Témoignages d'anciens combattants:
James Duncan “Jim” Ritchie

Armée

  • James Ritchie, 1941.

    James Ritchie
  • Visite de la Reine au régiment, 1942.

    James Ritchie
  • Copie du message de "Cessez le feu" reçu au bureau RCCS HQ R.G.A, 5ème division canadienne de Blindés, Groningen, Pays-Bas, 1945.

    James Ritchie
  • Station de télécommunication, avançant vers la ligne d'Hitler en Italie, mai 1944.

    James Ritchie
  • Régiment atterrissant à Naples, Italie, octobre 1943.

    James Ritchie
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"On n’a jamais eu aucun problème avec eux. On allait se faire couper les cheveux chez leurs coiffeurs. Ils nous invitaient à partager leurs repas."

Transcription

Quand la guerre a été déclarée en septembre 1939, j’appartenais déjà à la réserve territoriale, dans le corps des transmissions à Londres en Ontario et j’avais reçu une formation dans l’armée et j’étais donc plus ou moins qualifié pour être radiotélégraphiste. Et ensuite j’ai essayé de m’engager mais j’étais trop jeune en 1939, alors j’ai dû attendre jusqu’en 1941. Oh oui, je me suis enrôlé à, disons à la caserne de Wolseley à Londres en Ontario. Et de là nous sommes allés à Camp Borden. Et à Camp Borden, j’étais dans les transmissions. Et à ce moment-là on était censés être la 1ère Division Blindée Canadienne mais les choses ont changé et au lieu d’être la 1ère Division Blindée on est devenu la 5ème Division Blindée Canadienne à la place.

On a fait l’entraînement à Camp Borden jusqu’en novembre et ensuite on est parti outre-mer, en Angleterre. On est allé à Aldershot. De Aldershot, on est passé par différentes formations et on a finalement reçu un équipement et on nous a envoyés, en ce qui me concerne on m’a envoyé rejoindre l’artillerie de la division. Et je suis resté avec eux jusqu’à la fin.

Dans notre unité du corps des transmissions, on était environ 800 personnes. Notre régiment était divisé en une section d’état-major, escadron n°1, escadron n°2, escadron n°3, escadron n°4. Et chacun à son tour, l’escadron n°1 est devenu le groupe des communications de l’état-major de la division. L’escadron n°2, celui auquel j’appartenais, est devenu la section des transmissions de l’artillerie, l’escadron n°3 a rejoint les brigades blindées, les chars d’assaut et autres. Et l’escadron n°4, à ce moment-là, il y avait deux brigades blindées mais au fur et à mesure que la guerre progressait, ils se sont séparés de cette brigade blindée et ils ont eu plusieurs changements.

Des 800 à 1000 personnes travaillant dans les transmissions, c’était partagé de cette manière, le commandement et les lignes de communication entre l’état-major de la division, l’état-major du corps et l’état-major de l’armée. Je me suis retrouvé dans la position de ce qu’ils appelaient le capitaine d’état-major. Et le capitaine d’état-major, son travail consistait essentiellement en, on devait s’occuper d’organiser les commandes de matériel. Et il communiquait avec les gens à l’arrière et leur disait de quoi il avait besoin. Mais on s’occupait des communications.

Une de mes tâches à, et on était au combat à ce moment-là, j’étais là-haut du côté d’Ortona. Je m’occupais du standard et c’était très intéressant parce que l’appel arrivait et c’était un observateur à l’appareil. Premièrement, l’appel arrivait et il voulait parler à l’officier. Alors vous le passez à l’officier et il faisait part de ce qu’il avait observé à l’officier, un bombardement ennemi par exemple, quand est-ce qu’il a vu l’éclair et quand il a entendu la détonation, il donnait ces informations à l’officier qui après, aux vues des autres rapports qui arrivaient, décidait qui dans les lignes ennemies était responsable de ce bombardement. Et ensuite il leur était possible de contre-attaquer. C’était un des cas possible. On a passé 13 ou 14 mois en Italie.

Alors là-bas, vous savez, on a eu deux Noëls en Italie, le premier j’étais avec la 5ème régiment DCA [défense anti-aérienne] groupe léger, et on était à Gravina. Je ne m’étais pas occuper de procurer les dindes en fait mais on avait des dindes et ils les avaient eues deux ou trois semaines à l’avance. Et ils les ont gardées là jusqu’au moment où ils devaient les tuer et c’est ce qu’on avait eu pour le déjeuner de Noël, c’était ce qu’on avait pu faire de mieux pour avoir un Noël qui ressemblait à ceux de chez nous.

On n’a jamais eu aucun problème avec eux. On allait se faire couper les cheveux chez leurs coiffeurs. Ils nous invitaient à partager leurs repas. Il y avait une famille en particulier chez qui on était allés, la femme avait fait notre lessive et bien-sûr, on leur avait donné un peu d’argent et d’autres petites choses. Et puis dans ce cas particulier, dans un endroit qui s’appelle Dragoni, on nous a invité à dîner un soir. Et si vous pouvez imaginer ça, aller dans cette maison, c’était une grande pièce, une pièce unique qui faisait chambre aussi. Il y avait une cheminée et derrière la cheminée des cages à poulets empilées les unes sur les autres. Et de l’autre côté, il y avait une cloison parce que c’était là où ils gardaient la mule. Et cette, cette mule, urinait de temps en temps. Ce qui était, vous savez, vous pouviez entendre le bruit que ça fait. Et il y avait des petits lapins qui courraient dans tous les sens. Mais on avait très bien mangé. C’était un plat de spaghettis, mais énorme.

Le fait est que de tous ces nombreux jeunes qui étaient là-bas, beaucoup sont morts. Je ne savais que ça ferait cet effet-là (très ému) Et je suppose que c’est tout et ils sont morts et le, ce qu’on a aujourd’hui, c’est parce qu’ils ont donné leur vie. Pas moi.

Follow us