Témoignages d'anciens combattants:
Murray Heselton

Forces aériennes

  • Compter les coups [matériel graphique]: deux équipiers non identifiés examinant un parachute cible à l'École d'artillerie et de bombardement No. 10, RCAF.Canada. Collection du Département de la Défense Nationale / Bibliothèque et Archives Canada / e005176210

    Canada. Collection du Département de la Défense Nationale / Bibliothèque et Archives Canada / e005176210
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"C’était très traumatisant, passer de militaire de l’armée de l’air qui passe son temps dans les airs tous les jours à se lever tous les matins, et de voir des gens en uniforme bleu, et tout à coup, porter des vêtements civils."

Transcription

Le choix c’était, si vous ne vous engagiez pas dans l’armée, vous deviez aller travailler dans les mines de charbon. Ou partir en mer. Et j’étais mort de peur à l’idée de me noyer. Alors je me suis engagé dans les forces aériennes. Je m’étais porté volontaire dans la catégorie pilote navigateur/tireur, c’était complet à ce moment-là, alors j’avais dit, bon, qu’est-ce qui reste ? Devenir mitrailleur. Alors j’ai dit, super, je prends ça. Bon, je suis allé à, j’ai commencé l’entraînement à Pembrey dans le sud du pays de Galles, ensuite nous somme allés à Hemswell, qui était l’escadron opérationnel. C’est dans le Lincolnshire. C’était là où se trouvait le commandement des forces de bombardement, parce que c’est tout plat. L’entraînement était très bien au jour le jour. Je me levais tôt, prenait mon petit-déjeuner et partait en vol, m’entraînait à tirer sur une cible, sol-sol et air-air. Et vous deviez vous tenir dans un Lancaster, dans la queue, et tirer sur ce qu’ils appelaient un cône, qui était remorqué par un autre avion. Toutes vos balles étaient colorées, comme ça ils savaient combien de fois vous aviez touché le cône. De là nous sommes allés dans une autre base d’entraînement opérationnel, dans laquelle on vous transformait en mitrailleur sur un bombardier quadrimoteur, des Lancaster, et vous alliez rejoindre votre équipage. Et notre première opération avait été Berchtesgaden, la planque de Hitler. On volait à 20 000 pieds, en bombardant une cible à 10 000 pieds, si bien qu’on pouvait voir les gens courir tout autour. Le jour de mon 21ème anniversaire, non, mon 20ème anniversaire, la fille de la NAAFI m’avait donné des petits pains et du thé pour fêter mon anniversaire. Les raids aériens c’étaient des tapis de bombes. En premier, on avait bombardé massivement la ville de Dresde, qui était le point central de la mobilisation allemande sur le territoire allemand, alors on avait bombardé comme jamais Dresde et on a été critiqué pour ça. Une ville sans défense, ce que je réfute complètement, mais c’est comme ça. On volait à 20-25 000 pieds. Et bien, je pouvais voir les bombes tomber, en regardant les autres avions et les bombes qu’ils larguaient. En fait, j’ai même des photos des bombes touchant le sol, et on pouvait les voir exploser, mais c’était à peu près ça. Bombardier Harris, le Maréchal de la Royal Air Force, il a lancé des milliers de raids aériens. Il avait commencé par un millier de raids avec l’intention d’aplatir l’Allemagne. Ce qui est bien ce qu’on a fait, Dortmund, Düsseldorf, Essen et quelques autres. J’ai été démobilisé en octobre 1947, j’ai eu l’occasion d’être rapatrié au Canada. J’étais né ici, bien que je fasse partie de la Royal Air Force. Alors je suis arrivé ici en 1947. Quand je suis arrivé ici, comme j’étais un ancien-combattant, j’ai eu droit à quatre ans d’université et deux ans après l’université, 60 dollars par mois et 1080 dollars de rattrapage de salaire. Et je ne pourrais pas contester ça. Quelle endroit merveilleux que le Canada. C’était très traumatisant, passer de militaire de l’armée de l’air qui passe son temps dans les airs tous les jours à se lever tous les matins, et de voir des gens en uniforme bleu, et tout à coup, porter des vêtements civils. Je me souviens des ma première tenue civile, parole, c’était horrible. J’avais un imperméable qui avait au moins dix tailles de trop et je le mettais quand-même, un chapeau. Le changement était très rude je trouvais. Vous deviez vous habituer à la vie civile, en comparaison avec la vie dans l’armée de l’air. Il fallait changer vos habitudes de guerre en habitudes en temps de paix. Et c’était dur de s’habituer à se lever le matin pour prendre son petit-déjeuner, aller au travail, prendre le bus pour aller au travail et rentrer après. C’était devenu très train-train. Les forces aériennes c’était quelque chose qui vous motivait pour vous lever le matin, faire ce que vous avez à faire, et apprécier ce que vous faites.
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