Témoignages d'anciens combattants:
Roger De Tilly

Armée

  • M. Roger de Tilly pendant un exercice en 1953.

    Roger de Tilly
  • "Le 22e régiment de Québec à l'occasion de la Saint Jean Baptiste, le 24 juin 1951 à Saint Boniface, Manitoba." Cours de parachutiste.

    Roger de Tilly
  • En permission de la Corée vers le Japon en 1951-1952. M. De Tilly prit cette photo montrant des civils coréens.

    Roger de Tilly
  • En permission à Tokyo (Japon). M. De Tilly est le second à gauche, seconde rangée.

    Roger de Tilly
  • Certificat de sauf-conduit signé par le général Mark W. Clark, commandant en chef des forces des Nations Unies en Corée, garantissant un traitement équitable à tout soldat chinois ou nord-coréen désireux de cesser la lutte.

    Roger de Tilly
  • M. Roger de Tilly, avril 2012.

    Le Projet Mémoire
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Écoutez ce témoignage

"(...) le sergent-major m’appelle et demande des volontaires. Puis il y en a justement quatre qui venaient de se faire tuer par de l’artillerie. Ils étaient ensemble, ils étaient en train de jaser avec le lieutenant puis pouf! Ça fait qu’ils les avaient mis dans des petits sacs. J’étais allé les chercher, les quatre."

Transcription

J’ai eu une belle enfance, on a eu une belle enfance dans ce temps-là. Avant la guerre et puis même durant la guerre, j’allais à l’école. J’ai fini, dans ce temps-là c’était le primaire, première à neuvième (année) et puis après ça le supérieur, neuvième à douzième. J’ai terminé ma douzième avec les Clercs de Saint-Viateur, toujours à Montréal (un institut religieux catholique romain). Avec les clercs, on avait les cadets, les cadets de l’armée. Je ne détestais pas ça. J’ai terminé ma douzième puis je ne savais pas quoi faire. J’ai pensé, puis j’ai décidé, tiens, je vais aller m’enrôler, c’était (pour) trois ans dans ce temps-là. Un contrat de trois ans. Mon père a signé, car je n’avais pas encore dix-huit ans. Je me suis enrôlé et j’ai bien aimé ça. À aucun moment, je ne pourrais dire que j’ai eu autant de réactions. C’est le moment, c’est ça. Je ne me pose pas de question. Je ne me complique pas. C’est simplement, sans poser de question. Ce n’est pas beau à voir, c’est ça. On est ici en Corée et puis c’est ça. Je ne me suis jamais posé la question. J’ai accepté, on était là pour ça. J’étais avec le sergent-major régimentaire, cela fait qu’on n’était pas dans les tranchées, on était juste de l’autre bord de la montagne. Il n’avait pas grand-chose en fin de compte. Les tranchées, tout était construit. C’était le 2e Bataillon (du Royal 22e Régiment, en 1951-1952) qui y a goûté plus que nous, parce que nous autres c’était déjà établi (le 1er Bataillon du Royal 22e Régiment prit la relève du 2e en 1952-1953). On recevait de(s) (obus) d’artillerie de temps en temps, mais à part de ça, la vie continuait. C’était une journée après l’autre. C’était la routine en fin de compte. Parce que j’ai été, justement dans notre compagnie, le sergent-major m’appelle et demande des volontaires. Puis il y en a justement quatre qui venaient de se faire tuer par de l’artillerie. Ils étaient ensemble, ils étaient en train de jaser avec le lieutenant puis pouf! Ça fait qu’ils les avaient mis dans des petits sacs. J’étais allé les chercher, les quatre. Et ce fut une aventure qui m’est arrivée. À chaque fois que j’allais en chercher un, je le descendais en bas de la montagne et le sergent-major me donnait une portion de rhum. Après le quatrième, ça faisait quatre portions de rhum que j’avais. J’étais saoul et je suis allé me coucher. Un des gars appelle le sergent-major et il lui dit : « Le caporal De Tilly est malade. » Le sergent-major appelle l’ambulance. L’ambulance vient me chercher et l’on me donne une piqure. Je ne sais pas quelle sorte de piqure, mais je n’étais plus saoul. On m’a ramené.
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