Témoignages d'anciens combattants:
Valentin Tobin

Armée

  • Valentin Tobin, du 1er Bataillon du Royal 22e Régiment, posant pendant l'heure du déjeuner près de la colline 355, vers 1952-1953.

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  • Valentin Tobin avec un mortier de 3 pouces. Corée, vers 1952-1953.

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  • Valentin Tobin (à gauche) en permission dans une boîte de nuit au Japon en compagnie de camarades soldats et de Japonaises vers 1952-1953.

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  • Portrait de groupe de soldats du 1er Bataillon du Royal 22e Régiment durant leur cours de parachutisme à Shiloh (Manitoba) en 1953.

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  • Certificat des états de service de Valentin Tobin daté du 24 mars 1964.

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  • L'insigne du Royal 22e Régiment de Valentin Tobin.

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  • Une médaile de l'Association canadienne des vétérans de la Corée décernée à Valentin Tobin.

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  • Le badge officiel de l'Association canadienne des vétérans de la Corée.

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  • Les décorations de Valentin Tobin: La Médaille du Service des Nations Unies (Corée) et la Médaille de Corée.

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  • Carte d'identité militaire canadienne de Valentin Tobin datée du 14 février 1952.

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  • M. Valentin Tobin, avril 2012.

    Le Projet Mémoire
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"Une chose qui m’a marqué beaucoup, c’est mon grand copain. (...) On a été se baigner et il s’est noyé. (...) Son nom, c’est Camille Morin puis il venait de Rimouski (Québec), un chic type. "

Transcription

Une chose qui m’a marqué beaucoup, c’est mon grand copain. Il est mort au front, mais il n’est pas mort au front (précisément). Il est mort en arrière (des lignes). On a été se baigner une journée. On avait une journée de repos. On a été se baigner et il s’est noyé. La rivière Imjin qu’ils appellent (une rivière séparant les deux Corées, du nord au sud). C’est arrivé qu’il y avait beaucoup de courant. Lui, il ne se savait pas nager. Et puis, nous autres, on plongeait et d’un coup on le voit et il plonge lui aussi. C’était un gars assez plaqué autrement dit. Il est plongé et il est resté au fond de l’eau, entre deux roches. Et puis là, on a plongé après. En fin de compte, on est venu à bout de le monter avec un câble attaché, vous savez. Mais c’était trop tard. Son nom, c’est Camille Morin puis il venait de Rimouski (Québec), un chic type (le soldat Camille Joseph Morin, du 1er Bataillon du Royal 22e Régiment, mort le 6 août 1952). J’ai été en patrouille deux ou trois fois et puis on s’est fait attaquer et puis on a été chanceux parce qu’on n’a pas eu de blessés, ni de morts dans ce temps-là. On avait un lieutenant, notre lieutenant à nous autres. Je ne sais pas s’il avait de l’expérience, mais en tout cas il connaissait ça, vous savez. Il savait où aller puis où s’en venir, puis il savait tout ça. Je sais bien qu’ils savent eux autres d’avance. Les officiers ont des « meetings » d’avance, où aller puis comment s’y rendre puis comment s’en venir. Il y a des places là-bas où il y a des (champs de) mines. Il fallait passer entre deux, comme un chemin. Si on passait en dehors du chemin, on aurait pu sauter. Même qu’il y en a qui ont sauté à part de ça. C’est vrai que ce n’était pas notre bataillon, mais celui avant nous autres, le 2e Bataillon (Royal 22e Régiment). Je connaissais deux gars et il y en a un qui est mort. Il a pilé sur une mine puis il a sauté. Et à la noirceur, vous savez… Ils ne sont pas restés dedans (sur le sentier déminé) et ils sont sautés. Parce que, quand tu vas en patrouille, il ne faut pas rester ensemble en patrouille. Si on reste ensemble, ça peut être mortel. Si on reçoit un obus puis on est tous ensemble, on saute tous. Il fallait se séparer (d’une distance de) huit à dix pieds chaque. Vous ne pouvez pas rester ensemble. Nous autres, le midi, on mangeait, moi puis deux autres gars. Mes « chums » et moi, on était trois tout le temps ensemble. Le midi, on allait manger à une place dans la tranchée. Une place qu’on pensait qu’elle était « safe » (sécuritaire). On allait toujours là, nous autres. Le lendemain, on n’y avait pas été parce qu’on avait beaucoup de choses à faire. On n’y est pas allé et il y a un obus qui est tombé direct là. Direct, direct là. Si on avait été là, on sautait tous les trois. En plein-là. En plein-là. On aurait sauté tous les trois, on était morts.
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