Témoignages d'anciens combattants:
Lucien Dion

Armée

  • Le soldat Lucien Dion du peloton de char Bren du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment posant dans une tranchée sur la colline 355 en Corée vers 1951-1952.

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  • Le soldat Dion posant près d'un véhicule de type Universal Carrier vers 1951-1952.

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  • Le soldat Dion (identifié par un "X") posant avec d'autres camarades du Royal 22e Régiment lors d'un entraînement sur véhicules de type Universal Carrier en 1951.

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  • Un véhicile de type Universal Carrier endommagé après un bombardement enemi sur les positions du Royal 22e Régiment dans le secteur de la colline 355 vers 1951-1952.

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  • Le soldat Dion posant dans le dépôt régimentaire de jeeps vers 1951-1952.

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  • Extrait de journal montrant des boxeurs de l'armée canadienne en Corée. Parmi eux, le soldat Lucien Dion (encerclé). 2 novembre, 1951.

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  • La colline 355 en Corée vers 1951-1952.

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  • Photo de la colline 355 prise par le soldat Dion vers 1951-1952.

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"J’ai vu (le colonel) Dextraze de mes propres yeux donner une claque sur les épaules. (...) Donner une claque sur les épaules des gars pour les encourager. (...) Et puis quand il est décédé (en 1993) et puis qu’ils lui ont fait des funérailles à Ottawa, j’étais là. "

Transcription

Quand on est débarqué à Pusan (Corée du Sud), ils ont tous réuni les hommes et après ça on est monté un petit bout (vers le front). Ensuite, on a monté des tentes et nous avons été quasiment une semaine là. Après ça, le colonel Dextraze nous a dit qu’on montait au front (le lieutenant-colonel Jacques Dextraze, commandant du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment). On est monté en file indienne avec les véhicules puis les « Bren Carrier » (Universal Carrier, un véhicule chenillette d’infanterie). On s’en allait au front. Mes premières journées au front, bien là, disons qu’en réalité ils nous ont poivré (bombardé). Ils nous envoyaient du mortier, du canon, je ne sais pas ce qu’il y avait au bout de ça, mais on se cherchait un trou. La (colline) 355, bien là moi j’étais sur le flanc gauche de la 355, sur le bord d’un cap. J’avais bâti, on avait creusé un « dug out » (abri souterrain). Après ça, juste sur la pointe de terre, il y avait le « Bren Carrier » avec une (mitrailleuse) Browning puis avec une (mitrailleuse) Vickers puis après un lance-flamme, un « flame thrower ». C’est ça qu’on avait. Les Chinois, première des choses, ils attaquaient à la pleine lune ou ils attaquaient en pleine pluie battante. Il fallait se « watcher » (être sur ses gardes). Tu ne les entendais pas venir. La montagne qui m’a marqué pas mal c’est la 355. La 355, on a mangé la claque. Ça reste, mais tu l’a en mémoire et c’est dur à oublier. Les Chinois, ils ont une tactique eux autres. Soit qu’ils attaquent en masse avec le clairon. Une journée, ils attaquaient sur un côté, le lendemain ils attaquaient face à face et d’autres fois c’était sur le côté droit. Mais nous autres, quand on a pris la 355, les Américains avaient relâché la position puis c’est là que Rockingham (le brigadier-général John M. Rockingham, le commandant de la 25e Brigade d’infanterie canadienne en Corée) a dit : « The Vandoos in the front » (Le Royal 22e Régiment en première position). C’est là qu’on est parti et on l’a gardé quasiment une bonne cinquantaine de jours. Les gars prenaient ça au jour le jour. On ne peut pas blâmer qui que ce soit dans ça. Puis à part de ça, d’abord on était bien équipé puis, à part de ça, on avait un bon commandant. On avait Rockingham, c’était un homme militaire aussi. Quand il donnait un ordre : « The Vandoos in the front », on partait puis on y allait. J’ai été impliqué dans six ou sept patrouilles. Ils réunissaient tous les capitaines, les lieutenants et les sergents. Là, on le savait qu’on s’en allait sur une patrouille. Quand on s’en allait sur une patrouille, tous nos équipements qui étaient là étaient gardés par d’autres. On est arrivé sur le « fighting patrol » (patrouille de combat) un soir. On est arrivé dans un petit « gully » (une ravine) puis on a vu passer ça peu près une trentaine de Chinois en avant de nous autres. On n’a pas tiré parce qu’on avait eu l’ordre de ne pas tirer. C’était rien que pour reconnaitre. On les voyait clairement. Puis c’était la pleine lune à part de ça, je me souviens de ça comme si c’était hier. On aurait pu se faire tirer, mais on était chanceux par exemple, on est revenu saint et sauf. On avait un bon commandant, on avait un bon sergent en avant. On avait le sergent Rivest puis le sergent Belair. J’ai vu, Monsieur, à la (colline) 355, Dextraze sur les mortiers. Il visitait (le peloton) de mortiers. Les mortiers étaient rouges, Monsieur. J’ai vu Dextraze de mes propres yeux donner une claque sur les épaules. Attendez un peu là. Donner une claque sur les épaules des gars pour les encourager. Parce qu’il y a des choses Monsieur qu’on n’aime pas voir. Quand on dit qu’on est dans les tranchées et puis qu’il y a des bombes, des mortiers qui arrivent des autres, de l’autre bord. Puis là, tu ramasses ton chum, un homme de 240 livres à peu près, Jean-Marie Poirier. On l’a ramassé puis on a fait à peu près dix livres avec. Il s’est fait pogner avec un (tir) direct. Ça, ce sont des affaires qui restent. Quand tu dis que tu ramasses la chair puis la chair est blanche. Il est vidé correct. On y a gouté en petit Jésus mon cher Monsieur! C’est pour ça que le colonel Dextraze, je lui lève mon chapeau vers lui. Et puis quand il est décédé (en 1993) et puis qu’ils lui ont fait des funérailles à Ottawa, j’étais là.
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