Témoignages d'anciens combattants:
Richard Allan Waterson

Armée

  • M. Richard Waterson, mai 2012.

    The Memory Project
  • Les médailles de M. Waterson, de gauche à droite: Médaille de Corée; Médaille canadienne de service volontaire pour la Corée; Médaille du Service des Nations Unies (Corée); Décoration des Forces canadiennes avec barre; Médaille du Centennaire de l'Alberta.

    Richard Waterson
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"C’est quand j’ai décidé que j’étais un baptiste. Nous suivions la formation et, à la fin de la formation, ils avaient un service de baptême, et j’ai été baptisé par immersion dans la rivière Imjim, en Corée, et, pour autant que je sache, le seul soldat canadien qui ait a baptisé par immersion là-bas"

Transcription

Je suis donc allé en Corée et j’étais, comme je l’ai dit, j’étais dans ce qu’ils appelaient le gestionnaire des munitions, parce qu’il fallait garder trace de – nous fournissions les munitions pour nous-mêmes, les Britanniques et les Australiens, eux tous, je pense. Nous devions donc garder trace de qui obtenait quoi et ce qu’ils étaient autorisés d’avoir, pour que le registre soit retourné à Ottawa. Ottawa pouvait ensuite facturer les autres compagnies, les Britanniques et les Néo-Zélandais, pour ce qu’ils avaient utilisé.

C’était mon travail. Mais j’étais également – je n’étais pas un buveur ou quoi que ce soit, et je ne l’ai jamais été, et j’étais donc le chef gardien des boissons à la... que j’avais également été à la base. Ce n’était rien, quand j’étais au Camp Borden, de vendre 1 500 $ de bière par soirée, lors de la fin de semaine suivant la paie, à 0,15 $ par bouteille. J’avais huit serveurs, deux gars qui sortaient la bière de la glacière, deux gars qui ramassaient les bouteilles vides et les ramenaient, vous savez, et c’était du bon temps.

En y repensant, c’était agréable, comme une bouteille égale d’un côté à l’autre. Mais vint le temps de la rotation, et l’élection fédérale est arrivée. En raison de la Loi électorale, l’armée de terre devait être au sol pour voter. Nous devions donc rester là deux semaines plus longtemps pour voter et tout, puis la rotation nous ramenait à la maison.

La pire partie était celle de la saison des tempêtes, qui était simplement... Nous étions une semaine ou deux en retard pour revenir au port avec tous les navires. Tous les trains, je dirais, restaient près de Seattle pour nous attendre. Mais des choses arrivent, ouais.

Nous étions aidés par des enfants coréens, comme aide-serveur ou autre chose, où nous allions manger; ils apportaient les repas. Notre lit était fait et la cabine était propre, et nous les entretenions. C’était assez intéressant.

Après la fin, je dis à ce moment quand les chapelains donnaient une formation de membre de l’Église et on pouvait – eh bien, en route vers la Corée, il y avait un exemplaire du Life Magazine qui contenait un article sur toutes les différentes religions. C’est quand j’ai décidé que j’étais un baptiste. Nous suivions la formation et, à la fin de la formation, ils avaient un service de baptême, et j’ai été baptisé par immersion dans la rivière Imjim, en Corée, et, pour autant que je sache, le seul soldat canadien qui ait a baptisé par immersion là-bas.

Pour autant que je sache, je dis que je suis le seul soldat dans la compagnie [la 56e compagnie de transport] – je veux dire que le Corps royal [le Corps royal d’intendance de l’Armée canadienne] n’était pas une unité de combat. Tous les chauffeurs sur les camions avaient une mitrailleuse Sten [une mitrailleuse britannique], mais chacun des employés de bureau avait un fusil personnel. Nous faisons une rotation : une nuit, les Britanniques montaient la garde et, la nuit suivante, c’était notre unité.

Une nuit, le Britannique montait la garde et il s’est endormi en travaillant. Il a eu une amende équivalente à un mois de salaire. La nuit suivante, je montais la garde. Les Coréens ne nous dérangeaient jamais continuellement, c’était seulement une fois de temps en temps. Ils avaient des poêles suédois et on les faisait [...]. Nous devions donc courir entre les tentes et vérifier que les poêles fonctionnaient et que tout était en ordre.

Je suis donc sorti de cette tente et je devais sortir, mais voilà que trois de ces Coréens marchaient au centre du camp. Je me suis retourné et je leur ai crié « Halte ! ». Eh bien, ils ont fait demi-tour et se sont enfuis.

Je tenais ma carabine, et c’est surprenant à quel point l’esprit pense rapidement. J’ai dit « Lord », puisque nos tentes étaient là et que les tentes britanniques étaient de l’autre côté, et ils étaient – si je tirais et manquait ma cible, je pouvais toucher un de ces Britanniques. J’ai simplement fait feu au-dessus de leur tête, au-dessus des arbres. Vous n’avez jamais vu trois gars disparaître si vite de votre vie. Nous n’avons plus jamais eu de problème avec eux tant que nous étions à cet endroit. Ils se sont dit : « Restez loin de cet endroit. »

Le soir, je disais que c’était la nuit, c’était assez silencieux, parce que tous nos camions apportaient seulement durant la journée tous les vivres, lorsque nous avions le principal dépôt de munitions. Nous avions des camions qui prenaient tout ça de notre dépôt principal. Encore une fois, ça arrivait par bateau à [...] et puis par train de [...] jusqu’à Ŭijŏngbu; puis, de là, nos camions apportaient le tout à ce qui était appelé le Dépôt de munition principal, où nous étions. Lorsque quelque chose était commandé du Dépôt de munitions avancé, ils m’envoyaient un signal, et je préparais la marchandise et la quantité, pour que nous puissions envoyer la facture à Ottawa, qui facturait à son tour le pays qui avait fait la commande, et ainsi de suite.

Voilà comment c’était. Comme je le disais, nous faisions travailler les petits garçons coréens. Deux de nous étaient dans la tente. Et il préparait la tente, préparait nos repas, faisait la vaisselle et tout, c’était donc... (rires)

 

Follow us