Témoignages d'anciens combattants:
André Van den Bergh

Armée

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Transcription

Je suis sorti en janvier ’40 (1940) avec le grade d’aspirant de réserve, aspirant de réserve. Et ensuite, j’ai fait la partie de la guerre de ’39 (1939) et de ‘40 (1940), pas longtemps parce que c’était pendant tout cet hiver-là en février, mars et avril et peut être un petit peu début de mai. Les Allemands ont débarqué au début de mai (1940). Plusieurs fois, nous allions chercher des petits camions italiens à Roanne pour les amener au col du Mont Blanc en France.

J’ai l’impression que la France n’était pas préparée à faire la guerre. La France a déclaré la guerre à l’Allemagne (le 3 septembre 1939) et elle n’avait pas la force à cause principalement, je crois, à cause que la France était garante de la Pologne, je crois. La France n’avait certainement pas les moyens d’intervenir en temps voulu lorsque les Allemands ont mis la main sur la Pologne (1939) et la Tchécoslovaquie aussi (1938), par exemple. Mais l’Angleterre, l’Angleterre était très inquiète à ce sujet-là. Elle avait poussé la France à intervenir en guerre. D’après les accords qui avaient été conclus avec l’Angleterre et la Belgique aussi, eh bien la France a déclaré la guerre à l’Allemagne et c’était assez bizarre étant donné que la France n’était pas préparée à mon avis pour faire une guerre, surtout une guerre rapide comme celle que les Allemands avaient préparée.

(La réaction en apprenant la nouvelle de l’armistice de juin 1940)

Surpris, très surpris. J’étais à ce moment-là au Corps No. 2, Centre d’Organisation automobile. Le 10 ou 13 mai ou quelque chose comme ça. Nous transportions, nous allions chercher des camions comme j’ai dit à Roanne à soixante ou soixante-dix kilomètres de là pour aller les conduire aux armées au camp de (…) par exemple. Alors on a appris ça et nous ne pouvions absolument rien faire. On n’était pas des armées combattantes. J’étais à Saint-Amand-Montrond jusqu'à la fin. Et ensuite, en juillet, j’ai encore entendu parler du discours du général, ancien colonel devenu général de Gaulle (Charles de Gaulle). Le 18 juin, je crois (1940), à Londres. Un discours sur ce que devait faire la France, mais moi, personnellement, on ne savait pas à quel point il faisait partie du gouvernement de la France à l’époque. Comment il s’appelait, le président du Conseil (premier ministre), Paul Raynaud et il y avait d’autres gens, Pétain était là-dedans aussi (le maréchal Henri-Philippe Pétain). Et puis d’autres, des hautes autorités.

Donc finalement, il a été décidé, le général de Gaulle n’était pas en faveur de faire l’armistice, mais les Français sur les routes de l’exode étaient mitraillés par les Allemands et par les Italiens, et par les Italiens. Alors la population était hésitante partout, elle ne savait pas quoi faire. C’était peut-être la meilleure chose d’avoir fait l’armistice. Les Allemands, paraît-il, se sont aperçus plus tard qu’ils avaient eu tort d’accorder l’armistice. Les Français ont eu raison parce que la France n’avait pas suffisamment d’armées pour se défendre. Le meilleur de son armée était en Belgique.

Il y a eu un second groupe, un second corps de voitures, une sorte d’organisation automobile, le Corps No. 2 en Dordogne parce que tous les matériels roulants français étaient envoyés tout de suite, au moment de la défaite, ils ont été envoyés dans le sud de la France. En Dordogne principalement, cette région-là. C’est là qu’ils avaient envoyé les jeunes (soldats). Des jeunes qui avaient fait leur service militaire, ou qui étaient pour faire leur service militaire dans le nord de la France, ont été envoyés dans le sud de la France, dans des camps. Avec un colonel ou un général, je ne me souviens plus de son nom.

Mais ils ont organisé des camps locaux, ils ne savaient pas trop quoi faire. Des milliers d’hommes, deux ou trois cent mille hommes, des jeunes hommes, qui n’avaient aucune armée, pas d’armement. Ils ne connaissaient rien à l’armée. Il a fallu les organiser en groupes mobiles de deux ou trois mille hommes et puis leur apprendre à obéir. Ils ont vécu tous seuls plus ou moins, ils étaient surveillés légèrement, mais c’était difficile. Ce n’était pas mon travail d’ailleurs. À l’époque, nous, on ramenait le matériel automobile le plus possible dans le sud de la France. Alors de là, finalement, notre corps a été renvoyé, ou ce qui en restait, dans l’est de la France à Bourg-en-Bresse où j’ai finalement été démobilisé en décembre ou novembre ’40 (1940). Alors démobilisé et retour chez soi.

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