Témoignages d'anciens combattants:
Clifford Maze

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"Juste à ce moment-là, on a entendu un avion qui arrivait et boum, boum, boum, et ça se rapprochait de plus en plus, alors on a plongé dans le fossé. Et voilà un avion qui larguait des bombes antipersonnelles ; ce ne sont que des petites bombes, mais elles envoient des éclats de tous les côtés. Et on n’aurait pas eu de problème si elle avait atterri par terre, mais elle a atterri sur le mur de pierre et descendant en piqué et elle m’a touché à la jambe et au bras."

Transcription

Ils nous ont fait descendre sur un truc qui s’appelait un Rhino ; c’était une grande plateforme plate faite de chars en métal tous attachés les uns aux autres avec deux moteurs à l’arrière. Et vous alliez là-dessus, et après il pouvait s’approcher assez près du rivage pour qu’on puisse sortir au volant des véhicules. On venait juste de descendre sur le rivage tranquillement quand un truc a fait bang en heurtant notre camion, et moi je conduisais une voiture d’éclaireur blanche et ça a heurté notre camion. Ça nous a fait fichtrement peur, on ne savait pas, c’était tout nouveau pour nous.

Peu de temps après, ça s’est reproduit et alors on a vu qu’il y avait deux gros M8 blindés, des voitures blindées à côté de nous, et ils avaient étanchéifié la tourelle, et avaient placé ces tiges tout autour juste derrière elle, comme ça une fois arrivés sur la plage, ils pouvaient appuyer sur un bouton pour les faire sauter, et moi je n’avais plus qu’à m’en aller. Bon, c’est ce qui nous avait cognés, mais on ne le savait pas à ce moment-là.

Puis, on a continué jusqu’à… je ne sais pas trop où, à plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres en tout cas, on a passé cinq jours là-bas et puis mon frère – on n’était jamais très loin l’un de l’autre, on était tous les deux… avec les antichars – et il est venu et a dit qu’il retournait sur la plage, ils avaient installé un dépôt pour les pièces détachées là-bas. Il voulait savoir si je voulais y aller alors j’ai cherché de quoi on pourrait avoir besoin, j’ai fait une liste et je suis retourné là-bas avec lui. C’était un grand bunker près de la côte que les Allemands avaient, et j’ai parlé avec les gars là-bas, ils ont dit : « Tu n’as jamais un tel bain de sang. » Il a dit : « C’est le [Régiment de la] Chaudière qui l’a pris et je ne pense pas qu’ils aient tiré un seul coup de feu. Ils ont tout fait au couteau. » Il a dit que pour nettoyer tout ça, ça leur avait pris un moment.

Mais en tout cas, on a eu nos pièces, seulement à ce moment-là la nuit avait commencé à tomber et on allait repartir, mais la police militaire ne voulait pas nous laisser repartir par le même chemin, ils avaient rétréci la route pour en faire deux routes à sens unique. Donc ils nous ont mis sur une autre et ils voulaient savoir où on était, et on n’était même pas sûrs de l’endroit où se trouvait notre campement de toute façon.

Alors en tout cas, on a démarré et on avançait de nuit et j’étais avec mon frère et un autre gars, il s’appelait Shorty. On est arrivés à une fourche et il y avait un panneau là et on a pensé : « Bon, mieux valait sortir la carte pour voir si on voyait ce que les panneaux »… les Allemands n’avaient pas eu le temps de l’enlever.

Pendant qu’on était là-bas, une jeep anglaise est arrivée avec deux personnes dedans et ils étaient perdus eux aussi. Juste à ce moment-là, on a entendu un avion qui arrivait et boum, boum, boum, et ça se rapprochait de plus en plus, alors on a plongé dans le fossé. Et voilà un avion qui larguait des bombes antipersonnelles ; ce ne sont que des petites bombes, mais elles envoient des éclats de tous les côtés. Et on n’aurait pas eu de problème si elle avait atterri par terre, mais elle a atterri sur le mur de pierre et descendant en piqué et elle m’a touché à la jambe et au bras. Shorty, lui, il s’en est pris un morceau de près de trois centimètres de large et douze de long dans son casque en métal et une partie dans la tête aussi. Il est reparti au Canada.

Un des Anglais était étendu là et moi qui n’avais jamais vu de mort de toute ma vie j’ai dit à mon frère : « On dirait que c’est fini pour lui. » Et je ne savais même pas. Je suis blessé et j’ai senti un, et vlan, je me suis retrouvé par terre et j’avais mon casque sur la tête, et les bras enroulés comme ça pour me protéger et puis cette… on a pris Shorty… On a entendu des voix au-dessus et ils ont dit quelque chose et on a dit : « Est-ce que vous avez une civière ? » Et ils ont dit : « Oui ». Alors je suis monté et j’ai pris la civière et je suis redescendu et avec mon frère on a déposé Shorty dessus et on l’a transporté là-haut.

Et là, incroyable, il y avait une unité chirurgicale de l’armée de l’air en train de s’installer, ils venaient d’arriver et ils avaient déjà installé une tente, alors on a envoyé Shorty là-bas. Et ensuite, on est retournés là-bas et l’Anglais, cette fois, il bougeait ; je croyais qu’il était mort, alors on l’a transporté là-haut lui aussi, et il est mort un peu après. Et puis on l’a monté là-haut et puis je suis redescendu et j’ai senti quelque chose qui clapotait dans ma chaussure et j’ai enlevé ma chaussette et il y avait du sang qui coulait le long de ma jambe. Ça ne me faisait pas vraiment mal et alors j’ai montré ça à Joe, et Joe a dit : « Bon, on ferait bien de remonter là-haut. »

Alors on est remontés là-haut et puis on a découvert qu’il y avait aussi du sang qui dégoulinait le long de mon bras. C’était une bonne chose d’avoir eu les bras enroulés comme ça parce que ce sont mes bras qui ont tout pris, autrement ça aurait été le visage. Et ensuite, on était là et ils m’ont mis des bandages et m’ont sans doute fait une piqure aussi, je ne sais pas. Le lendemain matin, ils m’ont installé sur une table et ils m’ont ouvert comme une sorte d’encoche – oh mon Dieu – et puis ils ont mis des sulfamides [médicament à action bactéricide] dessus, c’était nouveau comme traitement. Ils m’ont probablement donné de la pénicilline, c’était aussi un produit assez nouveau, et ils ont placé un bandage dessus. Vous savez, les quatre jours suivants, ils n’ont pas regardé mes blessures ; je suis resté allongé là pendant quatre jours et je ne me suis pas inquiété du tout.

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