Témoignages d'anciens combattants:
Frank Poole

Forces aériennes

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"Et juste après je me suis fait assommer parce que l’aile droite a explosé et ça a arraché la queue de l’appareil. Et j’ai été éjecté de l’appareil inconscient et j’ai commencé à tomber... et je suppose qu’il faisait dans les moins 40, moins 50 là-bas. Et ça m’a réveillé. En tout cas, j’ai repris connaissance pendant la descente et j’ai réalisé que je n’avais pas encore tiré mon câble de déclenchement, alors j’ai tiré sur mon câble, j’ai donné un bon coup et le parachute s’est ouvert."

Transcription

On pense que c’est un chasseur de nuit qui s’était placé sous notre appareil et les deux mitrailleurs – il n’y avait pas moyen de voir sous l’appareil, et cet avion-là, on pense que c’était un Messerschmitt 110, ou un 210 peut-être, mais ils avaient des canons qui tiraient à la verticale, ce qui était peu connu à l’époque. En tout cas, moi, je n’en avais pas connaissance. Et tout à coup, après avoir fini de bombarder la cible, on était sur le chemin du retour, à la hauteur de Hanovre (Allemagne) à 18 000 pieds d’altitude, et tout à coup, l’aile droite a pris feu juste comme ça, soudainement. Et le pilote a dit : « Évacuez l’appareil! » Donc il a fallu que je sorte de ma tourelle et que j’aille en bas dans le fuselage, que j’enfile mon parachute, et il fallait ensuite que je coupe mon alimentation en oxygène et l’électricité de ma combinaison chauffante. Il fallait que je débranche tout ça et l’interphone et j’ai commencé à remonter dans le fuselage en rampant en direction de la queue où se trouve la porte principale parce que c’était ma place en cas d’évacuation d’urgence. Et le mitrailleur de queue, il a sauté en passant par la tourelle. Il a juste ouvert les portes de la tourelle et il a sauté en arrière. Mais moi, il fallait que je descende là-bas en rampant pour arriver à la porte et tout à coup l’appareil s’est incliné et moi je rampais à contre-courant parce que l’avion piquait du nez. Et juste après je me suis fait assommer parce que l’aile droite a explosé et ça a arraché la queue de l’appareil. Et j’ai été éjecté de l’appareil inconscient et j’ai commencé à tomber. Donc pendant ma descente – il faut dire qu’on était en janvier, le 16 janvier, et il a fait très, très froid cette année-là, avec des records de chute de neige depuis cinquante ans et je suppose qu’il faisait dans les moins 40, moins 50 là-bas. Et ça m’a réveillé. En tout cas, j’ai repris connaissance pendant la descente et j’ai réalisé que je n’avais pas encore tiré mon câble de déclenchement, alors j’ai tiré sur mon câble, j’ai donné un bon coup et le parachute s’est ouvert et peu de temps après j’ai atterri sur l’amas de neige. Et voilà.

Ils étaient en train de rassembler des aviateurs en provenance de différentes armées dans la prison – par exemple ceux de la France libre. Il y avait un pilote des Forces aériennes françaises libres là-bas, et deux Canadiens, mais pas mon autre mitrailleur. Il n’était pas là. Quelques gars de la RAF [Royal Air Force]. On était sans doute huit ou neuf en tout à avoir été ramassés dans cette région et ils nous ont fait monter dans un train et nous ont emmenés à Frankfort. Il y avait un grand centre pour les interrogatoires là-bas. Ça s’appelle un Dulag. Et alors on s’est rendus dans ce centre pour les interrogatoires et j’ai été détenu au secret pendant treize jours, et on me faisait sortir de temps à autres pour être interrogé et ainsi de suite.

Finalement, j’en suis sorti et je suis parti dans un autre camp de transit, pas très loin, à dix-huit kilomètres environ, à un endroit appelé Wetzlar et à Wetzlar – j’y ai passé une semaine environ et ils avaient réuni assez d’aviateurs pour qu’on prenne tous le train pour aller à Nuremberg, dans le Stammlager XIIID. J’y ai passé un mois à peu près et on a finalement été évacués de là-bas et on s’est mis en route pour le sud de l’Allemagne, en Bavière.

Et on était dans un train et ils ont arrêté le train et ils ont laissé tout le monde se dégourdir les jambes et boire de l’eau, et pendant qu’on était là, le long de ce quai, la locomotive s’est détachée et elle est descendue jusqu’à... il y avait un tunnel non loin de là. Et ensuite sept avions de chasse américains, des Mustangs [P-51], sont arrivés et ont ouvert le feu sur nous et ils ont criblé la locomotive de balles et ont mitraillé certains des compartiments dans lesquels on voyageait et ils ont tué quelques-uns de nos gars. Mais ils ont finalement pigé qu’on était des prisonniers de guerre et ils ont remué leurs ailes et sont partis. Mais à partir de là, on a marché parce qu’on n’avait plus de train et on a fini par arriver au Stalag VIIA, qui se trouve à l’extérieur de Munich. Et, là-bas, on a été libérés par le Général Patton qui commandait la Troisième Armée américaine. Il est d’ailleurs venu en personne dans le camp, il a fait un petit tour du camp et puis il est parti, et une autre armée des forces américaines est arrivée, la Septième Armée, et ils nous ont emmenés et nous ont nourris et ont arrangé notre évacuation.

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