Témoignages d'anciens combattants:
Colin M. Brown

Armée

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"Mais au moins chaque matin, et une fois juste à la tombée de la nuit, les Allemands ont essayé de nous écraser à cette tête de pont (...) mais il y avait des canons Bofors de notre côté du canal (...) et alors quelqu’un a pensé que ce serait bien utile pour arrêter les contre-attaques des Allemands, et ça a bien marché. "

Transcription

Dans ce cas-là, on pensait qu’on ne pourrait jamais partir outre-mer avant que la guerre se termine, ce que je veux dire par là, on imaginait que la guerre allait finir le jour J plus deux et demi [deux jours et demi après le jour J] ou quelque chose comme ça. Alors on voulait au moins aller outre-mer. Alors quand on nous a offert l’occasion d’être « prêtés » à l’armée britannique, on était payés par le Canada donc, ça n’était pas un sacrifice de notre part. On recevait la solde établie par le Canada alors c’était plutôt bien pour nous, on est allés là où on voulait aller, et les Anglais ont pu bénéficier de 600 et quelques soldats canadiens.

Geel [Belgique] était, c’était à peu près au moment de l’opération, et vous allez vous en souvenir [l’Opération] Market Garden, Monty [Maréchal Bernard Montgomery] a décidé qu’il allait obtenir d’Eisenhower [Général Dwight] tout notre appui, et ils ont fait sauter des parachutistes le long d’une ligne qui allait de Eindhoven en Hollande, et qui remontait tout droit jusqu’à Arnhem Nimègue. Bon on était censés avoir une deuxième route allant d’Eindhoven à Turnhout Tilburg sur la gauche pour qu’il y ait plus d’une route pour ravitailler. On a été stoppés au canal [Meuse-]Escaut - on l’a appelé la tête de pont de Geel – et on n’a jamais réussi. Pendant ce temps l’opération a échoué de toute façon.

Je ne sais pas si d’autres unités ont subi la même expérience désagréable, mais, au moins chaque matin, et une fois juste à la tombée de la nuit, les Allemands ont essayé de nous écraser à cette tête de pont, et on a vraiment eu de la chance, parce que ça ne faisait pas partie de nos plans, mais il y avait des canons Bofors de notre côté du canal, qui n’étaient pas utilisés parce qu’on n’avait pas de pont. Alors quelqu’un a pensé que ce serait bien utile pour arrêter les contre-attaques des Allemands, et ça a bien marché, je ne les avais jamais vus remplir ce rôle auparavant.

Et à ce moment-là, on recevait des journaux – avec un ou deux jours de retard – mais ma division à moi est passée par Belsen, et Belsen était un camp [de concentration] très connu. Moi personnellement je ne suis pas allé dans le camp, mais on pouvait en sentir la puanteur à des kilomètres à la ronde, et on a croisé quelques-uns des – ils avaient des camps subalternes. Il y avait des travailleurs étrangers qui vivent dans les mêmes conditions – à l’approche de Hambourg [Allemagne], ils avaient ces camps de travailleurs étrangers, et des gens qui portaient des pyjamas rayés et tout ça. Bon ils étaient tellement maigres et affamés, mais ils travaillaient dans les usines de munitions, et ils étaient très mal en point.

À une semaine ou deux de la fin de la guerre, en mai [1945], et ce petit village, tous les civils – des Allemands qui portaient des vêtements civils – et il y avait des femmes aussi, des enfants, et – on avait envoyé des chenillettes qui remontaient la rue – ça se voyait qu’ils ne se comportaient pas normalement, ils auraient dû faire des signes de la main, être détendus et souriants, ils se tenaient juste debout et avaient l’air un peu effrayé. On a soupçonné qu’il y avait quelque chose de louche et tout à coup un soldat a surgi d’une tranchée, un Panzerfaust [roquette antichar] a frappé violemment mes deux chenillettes, elles ont pris feu et il a fallu qu’on fasse machine arrière.

On en a capturé deux en fait [les soldats ennemis], mais ils se sont rendus tout simplement, vous savez, une fois qu’ils avaient tiré avec leur truc antichar, et comme on n’avait pas de victimes, ça se voyait que la guerre tirait à sa fin. Ça ne paraissait pas essentiel de descendre le gars qui essaye de laisser tomber de toute façon.

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