Témoignages d'anciens combattants:
Joseph Preston Hawkins

Forces aériennes

  • Portrait de Jospeh Hawkins à l'âge de 20 ans, prise avant l'enrôlement dans la RCAF, quand il travaillait encore à Cochrane, ON, en 1939.

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  • Portrait officiel du Lieutenant de l'Armée de l'air Joseph Preston Hawkins, RCAF, en uniforme avec des insignes d'artilleur aérien, pris à l'âge de 24 ans, à la fin de la guerre en 1945.

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  • Portrait de famille de Wellington Hawkins, père de Joseph Hawkins, pris en 1928 avec ses enfants, Alma Hawkins, Joseph Hawkins (au fond), Robert Hawkins et Currie Hawkins, ainsi que la nouvelle Chevrolet.

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  • Certificat de service de la Royal Canadian Air Force (Force Royale Canadienne Aérienne) montrant le service de Jospeh Hawkins dans la force armée depuis son enrôlement jusqu'à sa sortie en 1945.

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  • Attribution des insignes de pilote opérationnels de la Royal Canadian Air Force (l'Armée de l'Air Royale Canadienne) en reconnaissance de l'ensemble de ses services et de l'accomplissement d'un service militaire opérationnel dans l'action contre l'ennemi, en 1945.

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"Alors je suis resté dans le ventre de l’avion et c’était l’enfer. On tirait, on lâchait des bombes et on abattait des avions. J’avais l’impression d’être au milieu d’une grosse fournaise."

Transcription

Je suis né le 15 septembre 1919, à Carleton Place, en Ontario. C’est près d’Ottawa. À l’âge de 18 ans, je suis parti pour Toronto. La guerre a éclaté et j’ai décidé d’essayer de m’enrôler dans la Force aérienne. Je suis donc allé à North Bay. C’était un centre de recrutement. Ils m’ont accepté.

Je voulais défendre le Canada. Bien entendu, mes parents étaient tristes de me voir partir. Je suis entré dans la Force aérienne pour piloter un avion, et je me suis dit que je reviendrais comme pilote. Ou plutôt, je me suis dit : « Je veux revenir comme mitrailleur de bord. » Parce que, voyez-vous, un pilote avait besoin d’un entraînement de six à huit mois, mais l’entraînement d’un mitrailleur de bord ne durait que trois ou quatre mois.

Alors je suis allé à une école d’entraînement de mitrailleur de bord à Trenton, en Ontario, puis à Macdonald, au Manitoba. Ensuite, j’ai obtenu mon diplôme à cet endroit, et mon petit insigne en forme d’aile, puis on m’a renvoyé à Carleton Place, où habitait ma famille. On s’est dit au revoir. Je suis resté là, en congé, pendant environ deux semaines, puis je suis parti outre-mer.

Je suis allé à bord du [RMS] Queen Elizabeth, un énorme et superbe navire, mais les militaires l’utilisaient pour transporter les soldats. La nuit, ils nous envoyaient sur les ponts pour protéger le navire, faire de la surveillance et aviser l’équipage si on apercevait un navire ennemi. Mais on a finalement pu arriver à bon port en sécurité. Les pilotes conduisaient de gros bombardiers bimoteurs et, plus tard, des quadrimoteurs. C’est surtout avec les quadrimoteurs qu’on bombardait, voyez-vous. C’était de gros aéronefs qui transportaient environ 10 000 livres de bombes. En tout, j’ai dû survoler 36 fois l’Europe; France, Belgique, Allemagne.

Le jour J, le 6 juin 1944, on a lâché un tas de bombes sur la France, à une centaine de milles de la Manche. Une de mes missions dont je me souviens, c’est celle de Stuttgart. À l’époque, Stuttgart était un gros centre financier de l’Allemagne. Et il avait été bombardé par les Alliés, voyez-vous. Ils [les Allemands] avaient là toutes sortes de chasseurs qui essayaient de nous abattre. Et je me souviens d’être allé là. J’étais mitrailleur dans le ventre de l’aéronef, ce qui veut dire que j’étais dans le fond de l’avion. C’est un poste très dangereux à cause des aéronefs qui tiraient vers le haut. Le mitrailleur de bord était censé dire au pilote, qu’on appelait capitaine, de le laisser monter, voyez-vous, parce qu’on approchait de la cible. Et je voyais bien qu’on approchait de la cible. Mais le capitaine a dit : « Non, non. Tu fais mieux de rester là, sinon tu vas faire balloter l’avion. » Alors je suis resté dans le ventre de l’avion et c’était l’enfer. On tirait, on lâchait des bombes et on abattait des avions. J’avais l’impression d’être au milieu d’une grosse fournaise.

Lorsque j’ai eu fini ma mission, j’étais alors… Je suis retourné en Angleterre et on m’a demandé d’entraîner des gens. Je les accompagnais en cours de vol, et j’ai aussi fait de l’entraînement, voyez-vous. Évidemment, j’étais bien content de rentrer chez nous. Et j’imagine que mes parents aussi étaient heureux.

J’ai profité de l’offre du gouvernement de retourner aux études et j’ai obtenu un titre professionnel en comptabilité. C’est devenu ma carrière. Ensuite, j’ai obtenu un baccalauréat ès arts de l’Université York. Oui, je peux dire que j’ai eu une belle vie.

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