Témoignages d'anciens combattants:
George MacDonell

Armée

  • Photographie des survivants de la bataille de Hong Kong qui ont été détenus au camp de prisonnier d'Ohashi au Japon, puis libérés après quatre ans de captivité, le 15 septembre 1945.

    George MacDonell
  • Photo de George MacDonell (No. 7) enregistrée par les japonais, puis récupérée dans leurs fichiers après la guerre. La photo est datée du 7 juillet 1943, Tokyo, Japan.

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  • Camp de prisonniers d'Ohashi à Camaica, Japon, où George MacDonell a été détenu prisonnier. Les Marines des États-Unis ont libéré les prisonniers canadiens de ce camp le 15 septembre 1945.

    George MacDonell
  • George MacDonell photographié ici le jour de son 19ème anniversaire le 5 août 1941, juste avant que les canadiens soient envoyés pour combattre à Hong Kong en décembre 1941.

    George MacDonell
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"L’histoire n’est pas à propos de comment les canadiens ont été vaincus. C’est à propos de comment ils se sont bagarrés et comment ils ont réagit dans une situation où ils n’avaient à peu près aucune chance."

Transcription

Je m’appelle George MacDonell. Je suis né à Edmonton en Alberta en 1922. J’étais un immigrant écossais de la cinquième génération. Mes ancêtres sont arrivés au Canada en 1824. Ma mère était infirmière militaire pendant la Première Guerre mondiale Je m’appelle George MacDonnell. Je suis né à Edmonton en Alberta en 1922. J’étais un immigrant écossais de la cinquième génération. Mes ancêtres sont arrivés au Canada en 1824. Ma mère était infirmière militaire pendant la Première Guerre mondiale et elle était infirmière militaire juste derrière les lignes de front de la principale guerre des tranchées dans le nord de la France. Mon père était major dans l’armée. Ils se sont rencontrés à Londres pendant la guerre, se sont mariés après la guerre, et j’étais leur fils unique.

On m’a envoyé à la caserne de Wolseley, où il y avait un camp d’entraînement militaire de premier ordre pour les jeunes recrues. Là-bas, j’ai suivi l’entraînement de l’infanterie avec les meilleurs instructeurs de l’armée canadienne. J’ai commencé m’intéresser vivement aux mitrailleuses légères et en l’espace de quelques mois dans ce centre très exigent et très difficile, je suis devenu caporal suppléant. Quelques mois plus tard, j’étais caporal et un jour, le commandant est venu pour moi et a dit, vous allez être envoyé dans un nouveau régiment qu’on est en train de former à Québec et vous irez en tant que sergent. Et vous allez vous présenter au commandant des Royal Rifles of Canada, qu’on est en train de recruter sur place à Québec.

Alors du centre d’entraînement, je suis allé au Royal Rifles of Canada, qui venait juste d’être mobilisé et qui avait besoin d’instructeurs en armement. J’ai servi dans ce régiment jusqu’à ce qu’il soit désigné tout à coup à l’automne 1941 pour se rendre immédiatement à Hong Kong. Et avec les grenadiers de Winnipeg, le Royal Rifles a formé le Force C, sous le commandement du brigadier Lawson, et on s’est rendus de l’autre côté du Pacifique à Hong Kong.

Dans le mois qui a suivi à peu près, les japonais attaquaient Hong Kong avec des forces écrasantes ; leur marine, armée de l’air et une armée de terre impressionnante, ils ont attaqué Hong Kong. En l’espace de trois semaines, l’île était passée entre leurs mains et le gouverneur contraint de se rendre aux japonais. Malgré tout, les canadiens, qui se retrouvaient enfermés pour finir, après avoir combattu extrêmement bien pendant toute cette période, avaient refusé de capituler, et seulement accepté en dernier ressort quand le gouverneur avait personnellement intercédé et nous avait enjoint de déposer les armes. Donc, nous n’avons pas capitulé en mettant les mains en l’air et jeter nos armes. On avait décidé de ne jamais nous rendre mais, finalement, on a accepté les ordres, obéi aux ordres du gouverneur.

Ensuite ce fut le début de presque quatre ans d’emprisonnement dans un camp japonais. J’ai passé la première année environ à Hong Kong et puis on m’a envoyé au Japon. On était à Yokohama au Japon, dans un camp appelé 3B, on travaillait dans le plus grand chantier naval du Japon, une industrie de guerre vitale qui construisait la plupart des cargos et des vaisseaux dont la marine avait bien besoin. Dans le but de contrecarrer les japonais, ces deux jeunes hommes, le sergent d’état-major Clarke et le soldat Cameron, ont décidé d’un sabotage par incendie, endommager le chantier naval pour qu’il ne puisse plus produire les bateaux qu’ils devaient livrer. Et ils ont fait ça en mettant le feu qui était programmé à une heure où les prisonniers étaient de retour au camp, à trois kilomètres de là environ, pendant la nuit, sous l’atelier des plans et là où les maquettes en bois des bateaux sont réalisées, ça s’appelle l’atelier des modèles. Et comme à cette époque il n’y avait pas de sauvegarde électronique des informations, une fois que les plans étaient brûlés et les modèles qui étaient faits à partir des plans, il devenait impossible de construire un bateau ou faire quoique ce soit dans ce chantier naval.

Le chantier employait des milliers de personnes et c’était l’effort de guerre le plus important pour les japonais, détruit par deux jeunes canadiens. Et ils avaient fait ça dans le plus grand des secrets, ils n’en avaient parlé à personne et avaient réussi et même pu sauver leurs vies en étant tellement discrets.

On nous avait déplacés dans un camp du nord du Japon appelé Ohashi et c’était là, en travaillant dans une mine, encore une fois comme des esclaves, qu’on était quand l’empereur du Japon s’était rendu aux forces alliées. Maintenant, l’armée japonaise était furieuse à propos de cette capitulation et en fait, s’est révoltée, et a essayé de capturer l’empereur et de continuer la guerre mais ils ont raté leur coup. Donc on se retrouvait dans une position très dangereuse, encerclés par des troupes japonaises hostiles et sans armes et très malades : on était tellement affamés qu’on était dans un état d’inanition extrême et on enchaînait une maladie après l’autre. Donc on était en très mauvaise posture. On nous a parachuté des vivres dans la semaine qui a suivi après que les forces américaines aient repéré notre camp de là-haut. Les américains ont mis presque un mois pour rassembler les forces nécessaires et les forces navales pour accoster dans un port à proximité et venir nous chercher. Alors c’était un moment très dangereux, une période d’une trentaine de jours où on était dans une position d’extrême précarité.

L’histoire, malgré tout , n’est pas à propos de comment les canadiens ont été vaincus. C’est à propos de comment ils se sont bagarrés et comment ils ont réagit dans une situation où ils n’avaient à peu près aucune chance. Et c’est aussi à propos du courage qu’ils ont démontré quand il était évident qu’il n’y avait aucun espoir et aucune possibilité de s’en sortir. Ils n’ont jamais renoncé et ils se sont battus comme des lions.

et elle était infirmière militaire juste derrière les lignes de front de la principale guerre des tranchées dans le nord de la France. Mon père était major dans l’armée. Ils se sont rencontrés à Londres pendant la guerre, se sont mariés après la guerre, et j’étais leur fils unique.

On m’a envoyé à la caserne de Wolseley, où il y avait un camp d’entraînement militaire de premier ordre pour les jeunes recrues. Là-bas, j’ai suivi l’entraînement de l’infanterie avec les meilleurs instructeurs de l’armée canadienne. J’ai commencé m’intéresser vivement aux mitrailleuses légères et en l’espace de quelques mois dans ce centre très exigent et très difficile, je suis devenu caporal suppléant. Quelques mois plus tard, j’étais caporal et un jour, le commandant est venu pour moi et a dit, vous allez être envoyé dans un nouveau régiment qu’on est en train de former à Québec et vous irez en tant que sergent. Et vous allez vous présenter au commandant des Royal Rifles of Canada, qu’on est en train de recruter sur place à Québec.

Alors du centre d’entraînement, je suis allé au Royal Rifles of Canada, qui venait juste d’être mobilisé et qui avait besoin d’instructeurs en armement. J’ai servi dans ce régiment jusqu’à ce qu’il soit désigné tout à coup à l’automne 1941 pour se rendre immédiatement à Hong Kong. Et avec les grenadiers de Winnipeg, le Royal Rifles a formé le Force C, sous le commandement du brigadier Lawson, et on s’est rendus de l’autre côté du Pacifique à Hong Kong.

Dans le mois qui a suivi à peu près, les japonais attaquaient Hong Kong avec des forces écrasantes ; leur marine, armée de l’air et une armée de terre impressionnante, ils ont attaqué Hong Kong. En l’espace de trois semaines, l’île était passée entre leurs mains et le gouverneur contraint de se rendre aux japonais. Malgré tout, les canadiens, qui se retrouvaient enfermés pour finir, après avoir combattu extrêmement bien pendant toute cette période, avaient refusé de capituler, et seulement accepté en dernier ressort quand le gouverneur avait personnellement intercédé et nous avait enjoint de déposer les armes. Donc, nous n’avons pas capitulé en mettant les mains en l’air et jeter nos armes. On avait décidé de ne jamais nous rendre mais, finalement, on a accepté les ordres, obéi aux ordres du gouverneur.

Ensuite ce fut le début de presque quatre ans d’emprisonnement dans un camp japonais. J’ai passé la première année environ à Hong Kong et puis on m’a envoyé au Japon. On était à Yokohama au Japon, dans un camp appelé 3B, on travaillait dans le plus grand chantier naval du Japon, une industrie de guerre vitale qui construisait la plupart des cargos et des vaisseaux dont la marine avait bien besoin. Dans le but de contrecarrer les japonais, ces deux jeunes hommes, le sergent d’état-major Clarke et le soldat Cameron, ont décidé d’un sabotage par incendie, endommager le chantier naval pour qu’il ne puisse plus produire les bateaux qu’ils devaient livrer. Et ils ont fait ça en mettant le feu qui était programmé à une heure où les prisonniers étaient de retour au camp, à trois kilomètres de là environ, pendant la nuit, sous l’atelier des plans et là où les maquettes en bois des bateaux sont réalisées, ça s’appelle l’atelier des modèles. Et comme à cette époque il n’y avait pas de sauvegarde électronique des informations, une fois que les plans étaient brûlés et les modèles qui étaient faits à partir des plans, il devenait impossible de construire un bateau ou faire quoique ce soit dans ce chantier naval.

Le chantier employait des milliers de personnes et c’était l’effort de guerre le plus important pour les japonais, détruit par deux jeunes canadiens. Et ils avaient fait ça dans le plus grand des secrets, ils n’en avaient parlé à personne et avaient réussi et même pu sauver leurs vies en étant tellement discrets.

On nous avait déplacés dans un camp du nord du Japon appelé Ohashi et c’était là, en travaillant dans une mine, encore une fois comme des esclaves, qu’on était quand l’empereur du Japon s’était rendu aux forces alliées. Maintenant, l’armée japonaise était furieuse à propos de cette capitulation et en fait, s’est révoltée, et a essayé de capturer l’empereur et de continuer la guerre mais ils ont raté leur coup. Donc on se retrouvait dans une position très dangereuse, encerclés par des troupes japonaises hostiles et sans armes et très malades : on était tellement affamés qu’on était dans un état d’inanition extrême et on enchaînait une maladie après l’autre. Donc on était en très mauvaise posture. On nous a parachuté des vivres dans la semaine qui a suivi après que les forces américaines aient repéré notre camp de là-haut. Les américains ont mis presque un mois pour rassembler les forces nécessaires et les forces navales pour accoster dans un port à proximité et venir nous chercher. Alors c’était un moment très dangereux, une période d’une trentaine de jours où on était dans une position d’extrême précarité.

L’histoire, malgré tout , n’est pas à propos de comment les canadiens ont été vaincus. C’est à propos de comment ils se sont bagarrés et comment ils ont réagit dans une situation où ils n’avaient à peu près aucune chance. Et c’est aussi à propos du courage qu’ils ont démontré quand il était évident qu’il n’y avait aucun espoir et aucune possibilité de s’en sortir. Ils n’ont jamais renoncé et ils se sont battus comme des lions.

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