Témoignages d'anciens combattants:
Frédérick Martel

Armée

  • Des mitrailleurs canadiens en Corée.

    Canadian Broadcasting Corporation
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"Ils cherchaient du monde pour aller en Corée. J’ai dit à mon père et à ma mère que j’allais aller en Corée et joindre les rangs de l’armée. Ils m’ont dit que j’étais fou, mais je n’étais pas fou. Je vais essayer puis j’y ai été."

Transcription

Il n’y avait pas grand-chose à faire aux alentours ici, mis à part la pêche puis couper du bois, c’est tout ce qu’il y avait. C’est tout ce que j’ai fait puis faire, la pêche. La plus grosse affaire, dans ce temps-là, c’était le « black labor » (le travail au noir). On prenait n’importe quoi. Ils cherchaient du monde pour aller en Corée. J’ai dit à mon père et à ma mère que j’allais aller en Corée et joindre les rangs de l’armée. Ils m’ont dit que j’étais fou, mais je n’étais pas fou. Je vais essayer puis j’y ai été. Je suis resté quatorze ans et demi dans l’armée. Ils sont venus recruter pour l’armée et j’ai dit à mon père et à ma mère que je vais aller essayer ça. J’ai rempli mes papiers puis une couple de semaines après ils m’ont appelé. J’avais été accepté. J’ai été au camp de Borden en Ontario. De là, j’ai été avec le 22e (le Royal 22e Régiment) à Valcartier (Québec). J’ai été à Valcartier à peu près un mois puis ils m’ont envoyé à Rivers, Manitoba, suivre un cours de parachutiste. J’ai sauté vingt-huit fois. Ils voulaient ça pour la Corée. Les seules qui ont sauté c’était des RCR (soldats du Royal Canadian Regiment) puis il n’y en pas un qui a survécu. Ils se sont tous écrasés par terre. De Fort Lewis (État de Washington), on est monté finir l’« Advance Training » (l’entraînement avancé) à Valcartier. On est allé au Japon puis après on est allé en Corée. Je suis resté un mois et demi plus longtemps en Corée que les autres. Je travaillais dans le bureau avec le commandant, l’officier, puis il y a un message qui est rentré, à savoir que les gars qui s’en allaient au mois de mars (1953) seraient les derniers qui s’en iraient par bateau et les autres s’en iraient par avion. Donc, j’ai demandé au commandant de rester une couple de mois de plus et le commandant m’a demandé pourquoi. C’est parce que je n’aime pas le bateau. Bien, moi, je travaillais dans le bureau avec le commandant. Je faisais la radio et le téléphone. La raison, c’était que je parlais les deux langues, c’est ça qui m’a mis là-dedans. Parce qu’il y en avait comme les RCR et PPCLI (soldats du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry), ils étaient (leurs communications) tout en anglais. Le commandant n’était pas trop équipé en anglais. Cela fait que c’est moi qui faisais les messages pour lui.
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