Témoignages d'anciens combattants:
Harry Ramsey

Armée

  • Harry Ramsey (le 3ème en partant de la gauche) à Londres avec sa compagnie en 1939.

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  • Harry Ramsey (le 2d en haut à gauche) avec sa compagnie en Égypte, 1941.

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  • Parachutistes allemands atterrissant en Grèce en 1942.

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  • Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt se rencontrant à bord de l'Atlantique, 1942.

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"Vous entendez le boom, parce que ça ne se passe pas très loin et ensuite vous entendez le sifflement de l’obus et vous ne savez pas si c’est pour vous ni l’endroit où il se trouve."

Transcription

La guerre avait éclaté en septembre. Et on était partis à Lille, qui se trouve à la frontière belge. Côté Belgique, la ville s’appelle Tournai. Et à Tournai il y avait un grand pont, qui nous servait pour toutes nos allées et venues quand on allait sur la ligne Maginot pour la prolonger, il fallait la prolonger. Mais ça n’avait pas marché parce que les allemands étaient arrivés jusque là avec leurs chars Tigres. Alors on avait dû se replier. Et puis on avait appris qu’il fallait reculer encore plus. C’était en 1940, au moment de l’évacuation de Dunkerque. Et j’avais 20 ans alors, au moment de l’évacuation de Dunkerque.

De là, on avait traversé sur des petits bateaux, il y avait des centaines d’entre nous qui ont été sauvés par l’évacuation. Monsieur Churchill avait appelé ça une retraite stratégique, mais c’était un flop. On se faisait écraser par les allemands, croyez-moi. Je suis allé avec la compagnie, on avait eu une permission parce qu’on en avait réchappé à Dunkerque. Pendant que j’étais en permission, j’ai reçu un télégramme chez moi qui disait de me présenter immédiatement dans mon unité. Je me suis présenté dans mon unité et on m’a informé qu’on allait partir pour l’Extrême-Orient. On nous a donné des équipement spéciaux pour l’Extrême-Orient. On est allé de Manchester , là où j’avais retrouvé ma compagnie et on est tous allés à Greenock, qui fait partie de Glasgow, où on a pris le bateau de transport de troupes. Le bateau s’appelait le [SS] Strathallan.

Quand il est parti on s’est retrouvés dans l’Atlantique, et à cause des U-boot on faisait le voyage avec cinq ou sept bateaux de transport de troupes, des destroyers, un vaisseau de guerre, quelques bateaux ordinaires, etc. C’était un énorme convoi. Et on est passé par l’Islande, qu’on a vu, on était en face du rivage canadien, le Canada je crois, on pouvait voir le Canada à 15 ou 20 mille de là. On a piqué au sud dans l’Atlantique, hors de portée des U-boot et après on était en face de la Sierra Leone, le convoi tout entier est allé dans La ville libre [Freetown], où on s’est ravitaillé. Et puis l’Afrique du Sud, au Cap. On est resté deux ou trois jours au Cap, pour nous prendre davantage de ravitaillement, et ensuite direction l’Extrême-Orient, tout le convoi.

Et puis un jour on s’est réveillé et on a réalisé que le convoi ne se dirigeait pas vers l’est par rapport au soleil, on retournait vers le nord ! Et il s’est avéré que les japonais s’étaient emparé de Singapour. Alors on allait rejoindre la 8ème armée en Egypte. On a débarqué en Egypte à Port Aden [RAF] dans la mer Rouge De là on est allé à Alexandrie, qui allait être notre base. On l’utilisait comme base, on vivait là dans, dans des tentes dans le désert, qui fait partie d’Alexandrie.

On devait faire des travaux de différente nature, on suivait des ordres différents, aller ici ou là ou n’importe où ailleurs. Récupération des tanks, standard, mettre les vieux tanks hors service pour les remplacer, etc. Et puis on s’est passé le mot, oh, et, et puis, on servait des canons bofors la nuit contre les raids des stuka allemands –ceux-là, les bombardiers en piqué.

1941-1942, on a vu sur le tableau que les forces aériennes avaient besoin de mitrailleurs arrières. Alors je me suis inscrit avec quelques autres et on nous a emmenés à Marsa Matrouh [RAF] au quartier général dans l’aérodrome des forces aériennes. On nous a parlé et on nous a dit que si on nous acceptait en tant que mitrailleurs arrières, on nous donnerait des galons – sergent pour commencer, notre paye allait doubler par rapport à ce qu’on gagnait dans l’armée de terre, etc. On déjeunait avec les gars des forces aériennes et ils disent que la moyenne des vols pour un mitrailleur arrière était sept ou huit. Et après bah ! c’était fini pour vous. Alors moi et la plupart des autres on a dit, attendez un peu, on ne signe pas pour ça. (rires) Alors on est reparti.

Oh, être bombardé est terrible. Vous entendez le boom, parce que ça ne se passe pas très loin et ensuite vous entendez le sifflement de l’obus et vous ne savez pas si c’est pour vous ni l’endroit où il se trouve. Et cette photo en montre un qui m’a manqué d’un pouce. On était vraiment contents quand un jour enfin on s’est réveillés et qu’au dessus de nos têtes toute la flotte des avions américains, des bombardiers, bombardait du côté d’El-Alamein. C’était le début du combat contre les allemands, que nous avons gagné comme vous le savez.

On avait aussi droit à des permissions, deux semaines, une fois pendant une permission je suis allé à Jérusalem, et c’était la Palestine à ce moment-là. J’ai rencontré la police palestinienne, c’était des anglais dans les forces de police là-bas. Ils sont tous dispersés maintenant comme vous le savez. Et dans le club de la marine, on allait au Alexandria Fleet Club qui est un club de la marine, un très beau club, à Alexandrie. On devait demander une permission spéciale pour aller dans ce club, que vous obteniez de votre aumônier pour la bière, etc. Et là-bas on prenait quelques verres et on chantait des chansons que je vais enregistrer mais que je ne vais pas chanter là maintenant, je vais vous donner les paroles. Pourquoi devrions-nous combattre, alors que nous savons que ce n’est pas juste. Nous devrions tous être des camarades. Pourquoi brandir une arme et tuer l’enfant de cette mère, et lui causer tant de douleur et de chagrin. Les coquelicots des Flandres nous envoient un message d’outre-mer, mères protégez vos fils des bombes et des armes et laissez le monde vivre en paix et en harmonie.

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