Témoignages d'anciens combattants:
Maurice Lavoie

Armée

  • Le soldat Maurice Lavoie le bateau le ramenant à la maison. 1954.

    Maurice Lavoie
  • Des soldats du Royal 22e Régiment en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Camion de l'armée canadienne en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Des soldats du Royal 22e Régiment au repos près d'un camion de ravitaillement en Corée vers 1953-1954.

    Mauric Lavoie
  • Un cimetière en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Une péniche de débarquement avec un navire-hôpital en arrière-plan. Corée, vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Un navire-hôpital en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Quelques appareils de reconnaissance Taylorcraft L-2 Grasshopper photographiés par Maurice Lavoie en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Des soldats du Royal 22e Régiment posant près d'un camion en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Trois soldats du Royal 22e Régiment posés par Maurice Lavoie en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Scène de rue photographiée par Maurice Lavoie en Asie vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Des soldats du Royal 22e Régiment paradant, vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Un baraquement militaire en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Scène de rue en Asie vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Intérieur d'un barraquement militaire en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Scène de rue en Asie vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Le lance-caporal Maurice Lavoie (assis, à gauche) avec des soldats du Royal 22e Régiment en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Le lance-caporal Maurice Lavoie.

    Maurice Lavoie
  • Entrée d'un camp militaire du 3e Bataillon du Royal 22e Régiment en Corée à l'hiver de 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Scène de rue en Asie vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Un soldat du Royal 22e Régiment en Corée, vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Le lance-caporal Maurice Lavoie.

    Maurice Lavoie
  • Des soldats du Royal 22e Régiment dans un convoi de ravitaillement en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • Maurice Lavoie posant sur le 38e parallèle en Corée vers 1953-1954.

    Maurice Lavoie
  • M. Maurice Lavoie. Août 2012.

    Le Projet Mémoire
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Écoutez ce témoignage

"(...) puis sur le chemin, on pouvait voir si réellement on était dans le champ à côté. C’était le champ à côté qui était (miné)… Puis, cinq secondes de plus et l'on aurait été dans le milieu de cette horreur-là. Ensuite, un gros tank américain est arrivé puis ils ont dit : « You need help Canada? »"

Transcription

On est arrivés à Yokohama (Japon). Puis c’était drôle parce qu’à Yokohama, il y avait un gros signe complètement en anglais : « Welcome to Japan ». Puis là, on a pris un petit train, parce que leurs trains n’étaient pas de la même largeur que les nôtres ici. Puis on est allés à un camp, je ne me rappelle pas le nom. Puis de là, on a passé la nuit là. Puis, le lendemain matin, on a pris le bateau pour aller à Busan (Corée du Sud). Puis ça, c’était drôle d’elle-même parce que le paysage était différent, puis toutes les affaires étaient différentes. La première affaire, c’est drôle à dire, mais pour moi c’était la senteur parce que moi je ne mange aucun fruit de mer, aucun. Et là, c’est presque tous des fruits de mer, alors il y avait cette senteur-là. Parce que les Coréens se servaient des excréments humains pour leurs « paddies » (rizières). Et ça, c’était assez… On s’habitue après. Puis moi, je dirais au moins à mi-chemin dans le bateau, on était tassé. Oui, ça dérange un brin, mais quand on arrive à Busan, une affaire qui nous a dérangés, je m’en souviens… Puis là, on a pris un petit train encore, puis on a voyagé jusqu’à l’autre bord de ça, d’Inchon (Corée du Sud), qu’ils appelaient. Et là, il y avait bien des « tracks » (chemins) qui ressemblent un peu à l’échangeur Turcot à Montréal. Puis… Le bas de ces tracks-là, il y avait des « refugees » (réfugiés) dans des camps. Puis les petits de 6, 7 ou 8 ans venaient là pour prendre des affaires, tout ce qu’ils pouvaient prendre. Puis il y avait les MP américains (la police militaire américaine) qui lançaient des roches. On était prêt pour vider le train. Deux semaines après, on aurait fait la même chose parce qu’on ne comprenait pas. Après deux semaines, on comprenait qu’ils étaient en train de sauver leur vie, parce que les trains passaient sur le dos des petits qui étaient là. Donc ça, c’était une des affaires qui était surprenante. On n’était pas habitués à ça. Pour moi, c’était plus l’orientation parce qu’il y avait les troupes avancées. Puis, dans ce groupe-là, il y avait un chauffeur spécialement pour moi, parce qu’il fallait quelqu’un pour savoir où aller, les différentes places où il était obligé d’aller. Je voulais aller là, lui il savait où, donc ça, c’était l’affaire avec ça. Donc l’orientation, pour moi, n’était pas très compliquée. Où que j’avais besoin d’aller, l’emplacement pour où je devais coucher, etc. Au 3e échelon… B échelon (l’arrière-front)… Puis je n’étais pas très au courant de ce qui arrivait dans les compagnies. La plupart du temps, moi j’étais sur la route. Alors j’ai passé, excepté la compagnie de chauffeurs, j’avais plusieurs chauffeurs après ça... Ensuite, j’ai passé la plupart de mon temps presque tout seul. Je rencontrais du monde. Je ne prenais pas de lunch, je partais le matin à 7 h 30 et je revenais à 6 h le soir. J’avais différentes affaires à faire. J’avais la journée d’avant pour aller prendre le nécessaire pour faire ce que je devais faire. Et là, moi, j’arrêtais à un emplacement américain, ça ne me faisait rien, je rentrais là. J’ai dit : « Moi je suis Canadien. Puis j’ai besoin pour moi et mon chauffeur de manger. » Spécialement les Américains, même il me dit que nous devrions aller au mess des officiers. J’ai dit : « Je ne suis pas capable de rentrer dans le mess des officiers. » Tu rentrais dans la cuisine, les officiers te laissaient faire, c’est correct. On était bien traités. Les Canadiens pouvaient aller n’importe où. Comme j’ai dit, on est partis, je pense, vers le 1er mars (1953), puis on est revenus vers la même date en mars, quelque chose comme ça, en 1954. Donc on a fait un « demi-demi » parce que la signature du « cease fire » (l’armistice) le 27 juillet. Et là, en 1954, quand je suis revenu, je suis allé voir mon grand-père. Il était à Ste-Anne-de-Bellevue. J’étais là, alors il est mort en 1956. J’ai été le voir et je m’en rappelle, il m’a dit : « tu sais mon petit garçon, tu es le seul qui a suivi mes pas. » Puis on a été remplacé par le 4th Canadian Guards. Alors ils ont envoyé un chauffeur pour moi, pour m’entrainer pour une semaine ou deux. Et après que j’étais parti, il pouvait savoir où aller pour tous les emplacements. Alors on a été tout partout et il m’a débarqué du chemin deux fois. La première fois qu’il a débarqué, il a été à droite puis le véhicule a glissé sur le bord de la montagne, alors ce n’était pas grave. La deuxième fois, il a pris l’autre bord puis il a descendu la montagne, ça c’était un petit voyage. Puis je ne le sais pas… peut-être à 50 pieds, en bas du chemin, j’ai noté que… Puis j’ai noté 30 ou 40 pieds à droite, il y avait un triangle rouge sur une clôture. Alors j’ai dit au chauffeur : « Là, ça va faire! Avant que tu ne fasses rien, regarde ça! Ça, c’est un “landmine” (champ de mines). » Alors il dit : « qu’est-ce qu’on va faire? - Je ne sais pas ce que tu vas faire, mais moi je grimpe sur le véhicule, puis je grimpe en haut dans les tracés qu’on a descendus. » Donc on a fait ça, puis sur le chemin, on pouvait voir si réellement on était dans le champ à côté. C’était le champ à côté qui était (miné)… Puis, cinq secondes de plus et l'on aurait été dans le milieu de cette horreur-là. Ensuite, un gros tank américain est arrivé puis ils ont dit : « You need help Canada? » On a dit oui. Il a pris son « wrench » (outils), puis il nous a tirés de là… Donc ça, c’est essentiellement les deux affaires que…
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