Témoignages d'anciens combattants:
John H Sadler

Armée

  • La transcription en français n’est pas disponible en ce moment. Veuillez consulter la transcription en anglais.

    John Sadler
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Le 3 janvier 1953 à 5 heures de l’après-midi, j’étais en train de manger mes nouilles chinoises. Je n’ai pas entendu le mortier arriver."

Transcription

La [Colline] 355, c’était très chaud. C’est la première colline où je suis allé. La 355 ou « Petit Gibraltar », et on en a rudement bavé là-bas. Et mon affectation suivante ça a été sur – ensuite, on partait – deux semaines, je crois – et après la colline où je suis allé s’appelait le Crochet. Et on était censé avoir un moment de répit, mais ça a été loin d’être tranquille. Et là aussi, ça a été très chaud pour nous. Ensuite, je suis parti dans un avant-poste et ma troisième colline c’était la 187 et là ça a été pire que tout. C’était le 2 mai 1953. On a enregistré beaucoup de pertes sur celle-là.

Bon, ils arrivaient par vague, une vague après l’autre, et c’était des coups de sifflet, les porte-voix, des tactiques d’effarouchement, avec des hurlements, des cris. Et la plupart du temps, vous arriviez à les repousser, mais parfois vous étiez dépassés et ils venaient jusque dans les tranchées. J’ai eu la chance de ne pas être confronté à cette partie-là, mais le peloton à côté de moi a été rudement secoué.

Les combats – ils nous étaient assignés, pour être justes. Il y avait des tours de rôle, et ils avaient des patrouilles de combats, des patrouilles d’enlèvements et des patrouilles d’agitation, patrouilles en attente, postes d’écoute ou avant-postes. J’ai passé 21 jours dans un avant-poste. Les postes d’écoute, vous vous éloignez d’une centaine de mètres devant vous, avec un autre gars et un poste de radio, vous écoutez et vous regardez et s’il se passe quoi que ce soit vous en rendez compte à l’état-major du peloton. La patrouille de combats, je n’en ai fait que deux, je crois, et Dieu merci, on n’a pas engagé de combat contre l’ennemi. Je pouvais les voir avancer à pied au loin dans le clair de lune. Je n’ai jamais été dans une patrouille d’enlèvements. En principe, ça consiste en une patrouille de trois personnes et l’idée c’était d’essayer d’attraper un prisonnier si vous pouviez. Mais pendant que j’étais là-bas, on n’a jamais vraiment réussi. On était dans leur pays, et ils avaient d’excellentes techniques de campagne, vous n’avez pas idée. Ils nous dépassaient de loin. Par leur taille, leur connaissance du terrain, leurs uniformes. Ils étaient vraiment très bons.

Le 3 janvier 1953 à 5 heures de l’après-midi, j’étais en train de manger mes nouilles chinoises. Je n’ai pas entendu le mortier arriver. Et juste après, le Caporal Denere m’a pris dans sa – dans son houchie [cabane], m’a déshabillé. Mais à part des bleus et quelques coupures et autre, je n’entendais plus rien. Tout ce que j’entendais c’était un tintement. C’était mon plus gros problème. Et il a simplement dit que ça allait partir et, retour sur la colline, mais ça ne s’arrêtait jamais pendant bien longtemps. Et ce qui me faisait vraiment très peur c’est que je n’entendais pas les mortiers arriver. Les gars étaient debout, en alerte, et moi je restais bouche bée. Et quand je suis remonté cette nuit-là pour remplacer mon copain dans la fosse de tir, je n’entendais rien du tout et il m’a interpellé. Il a armé sa carabine et il allait me tirer dessus. Il a dit : « Bière », c’était la première moitié du mot de passe. Je devais répondre : « calot ». Je ne l’ai pas entendu. Donc voilà un de mes souvenirs les plus importants.

Follow us