Témoignages d'anciens combattants:
Frank Tomkins

Armée

  • Un portrait de Frank Tomkins en uniforme.

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  • Une photographie d’après-guerre de Frank Tomkins alors qu’il servait à titre de « smokejumper », un type de pompier qui est parachuté dans des endroits isolés.

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  • Les frères Tomkins en 1945 (de gauche à droite): John Smith, Henry, Peter, Charles and Frank.

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  • Frank Tomkins lors d’un événement du Projet Mémoire à Saskatoon, en Saskatchewan. Octobre 2012.

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"J’avais quatre frères durant la guerre et, naturellement, tous les jeunes voulaient s’enrôler, surtout lorsque leurs frères étaient partis."

Transcription

J’avais quatre frères durant la guerre et, naturellement, tous les jeunes voulaient s’enrôler, surtout lorsque leurs frères étaient partis. C’est la raison pour laquelle je me suis enrôlé, et lorsque la guerre a été terminée, il n’y avait pas vraiment de raison de rester.

Deux de mes frères étaient des « code talkers » durant la guerre, au début de la guerre.  Un officier américain a approché mon frère Charles et lui a demandé combien il connaissait de vétérans parlant le cri et l’anglais. Et il a naturellement nommé mon frère Peter, et quelques autres personnes provenant de sa ville natale. Il y avait McDermott, Walter McDermott et Archie Plant.

L’armée américaine, bien sûr, était celle qui était vraiment intéressée aux « code talkers » et à leur contribution à la première partie de la guerre. D’abord, ils étaient placés - ils suivaient une petite formation, vous savez, sur la façon d’interpréter certains types d’appareils et tout. Ensuite, ils étaient placés dans différents aéroports et ils envoyaient des messages en cri : combien d’appareils, quel type d’appareil allait effectuer cette tournée de bombardements en Angleterre, et bien sûr, l’autre interlocuteur traduisait le tout en anglais de nouveau.

Ils étaient attachés à la American Eighth Army et ils étaient là pour un certain temps et je ne sais vraiment pas dans quelles circonstances. Mais je crois que les Américains, sachant qu’ils avaient des vétérans autochtones, les gens de l‘armée savaient qu’ils pouvaient les avoir. Et étant des Américains, naturellement, pourquoi n’utiliseraient-ils pas leurs propres gens.

Ma grand-mère était une Cri des Plaines et la veuve d’un Poundmaker (un chef chez les Cris de Plaines), et il y a une importante histoire familiale de ce côté-la, puisque son oncle était Big Bear. Il a été très actif durant la rébellion (Rébellion du Nord-Ouest de 1885). Ayant bien entendu grandi sur la réserve, avec toutes ses coutumes, elle croyait fortement aux mœurs des Autochtones et elle avait appris à mes frères une chanson autochtone qu’ils devaient chanter s’ils étaient un jour au combat et dans une position dangereuse, ils devaient chanter cette chanson qu’elle leur avait enseignée.

Je ne l’ai jamais connue, mais mon frère la chantait très très très rarement, seulement lorsqu’il en parlait, vous savez, lorsqu’il était dans une situation difficile, pour lui donner du courage, j’imagine, vous savez, pour chanter cette chanson. Mais il a dit qu’une fois, ils étaient dans une tranchée et ils se faisaient bombarder par l’ennemi et il a dit qu’il a vu son oncle. Et mon oncle était déjà mort, mais il avait été dans la Première Guerre mondiale et il a dit qu’il a vu son oncle, et son oncle riait et il lui disait de s’approcher de lui.

Il a soudainement remarqué que cela se produisait pendant qu’il se faisait bombarder. Et il a dit qu’il a marché vers son oncle et que tout de suite après, juste après s’être enlevé du chemin, un obus a frappé l’endroit où il avait tout juste été et a tué quelques-uns de ses amis. Il a dit que son oncle lui a sauvé la vie et c’est, vous savez, la façon de penser des Autochtones.

 

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