Témoignages d'anciens combattants:
Brian Simons

Armée

  • Brian Simons, officier des transmissions attaché au 3e bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry en mai 1953.

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  • Brian Simons, commandant en second de la troupe des transmissions du 1er régiment du Canadian Horse Artillery (1 RCHA). Mars 1953.

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  • Brian Simons devant ses quartiers. Février 1953.

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  • Un vieux Coréen, que les soldats canadiens appellent « Old Papasan », près de Uijongbu en République de Corée. L’été 1952.

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  • Brian Simons à un dîner organisé par les anciens combattants de la guerre de Corée à Séoul, Corée du Sud, en 2002.

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  • Brian Simons déposant une couronne au musée national de la guerre de la République de Corée en 2002.

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Écoutez ce témoignage

"Ce que j’ai bien gardé en mémoire, c’est la nuit du 23 octobre 1952 quand les Chinois ont lancé une violente attaque sur cette colline-là et où nombre de mes copains ont été tués ou blessés. Ça a été ma première expérience d’une attaque de l’ennemi."

Transcription

Quand j’ai débarqué en Corée, je savais que j’allais être affecté au 1er bataillon du Royal Canadian Regiment comme officier des transmissions. Et en fait, j’ai pourvu le poste en tant qu’officier des transmissions adjoint jusqu’à ce que le RCR, le 1er bataillon du RCR, rentre au pays en novembre. Donc, voilà ma première affectation. Et il y a eu des combats pendant que j’étais dans ce bataillon.

Moi, évidemment, je n’ai pas participé au combat directement. Mais j’ai servi avec une unité qui a vraiment combattu les Chinois. Et en fait, ma première expérience effrayante a eu lieu quand on était sur la colline 355, dont vous avez peut-être déjà entendu parler, on l’appelait la Petite Gibraltar.

Ce que j’ai bien gardé en mémoire, c’est la nuit du 23 octobre 1952 quand les Chinois ont lancé une violente attaque sur cette colline-là et où nombre de mes copains ont été tués ou blessés. Ça a été ma première expérience d’une attaque de l’ennemi.

Heureusement, je n’ai pas vécu d’autre attaque de ce genre pendant tout le reste de l’année que j’ai passée là-bas. De fait, j’étais en haut d’une colline, ça ressemblait davantage à une montagne, quand l’attaque a commencé. Le commandant de la compagnie Charlie avait demandé si je pouvais lui monter un colis envoyé par sa famille qui avait été livré par la poste. Et alors je lui ai monté son paquet, dans son bunker de l’état major. Et c’est là que l’attaque des Chinois sur la colline a démarré, les obus de mortiers ont commencé à arriver. Et ça a commencé à être assez intense.

Et à ce moment-là le commandant du bataillon (Lieutenant) Colonel (Peter R.) Bingham, a téléphoné en insistant auprès du commandant de la compagnie pour qu’on me fasse déguerpir et que l’on me ramène au quartier général du bataillon. Donc j’ai obéi à ses ordres et je suis vite redescendu au quartier général du bataillon.

C’est difficile à décrire. En fait, vous savez, de toute ma vie je n’ai jamais vraiment discuté de ce genre de détails avec quiconque. Je peux vous raconter l’histoire d’un pauvre gars, et c’était affreusement triste. Il s’agissait d’un officier qui venait juste d’arriver du Canada et avait été affecté au 1er bataillon du RCR. Et je lui ai parlé. J’étais au poste de commandement quand il est arrivé. Et on a papoté pendant une heure. Il attendait qu’une jeep descende pour l’emmener dans sa compagnie là-haut.

Et alors, quand je lui ai dit au revoir, une demi-heure plus tard à peine, j’étais l’officier du poste de commandement en service, j’ai reçu un coup de téléphone de sa compagnie m’informant qu’un obus de mortier avait atterri juste à côté de lui pendant qu’il grimpait là-haut avec le sergent major de la compagnie pour prendre ses quartiers dans son bunker. Et l’obus de mortier a frappé le talus en contrebas de la colline et l’a blessé à la tête.

Et quand il est revenu – quand la jeep ambulance l’a ramené à l’héliport – on avait déjà appelé un hélicoptère pour l’emmener. Mais l’officier médecin était pratiquement sûr qu’il n’allait pas s’en sortir. Et c’était la première fois pour moi, une demi-heure à peine après avoir parlé à ce jeune officier, le voir comme ça dans cet état ça a été très dur pour moi.

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