Témoignages d'anciens combattants:
Ben Cripps

Armée

  • Ben Cripps lors d’un événement organisé par le Projet Mémoire à Miramichi au Nouveau-Brunswick en novembre 2012.

    Ben Cripps
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"Alors, il va sans dire qu’on a dû manger des rations en boites, de la nourriture en boite de conserve pendant quelque temps. La cuisine avait volé en éclats."

Transcription

On ne savait rien du tout. On est arrivés là-bas, c’était juste après la tombée de la nuit. On n’a même pas pu regarder autour de nous pour voir à quoi ça ressemblait.

Mais après notre arrivée, on était dans ce qu’ils appelaient « le bunker ». Et, le Caporal McNulty*, si je me souviens bien, il est arrivé en courant dans le bunker nous a fait sortir à toute vitesse – il a dit qu’on se faisait attaquer à nouveau. Mais on ne voyait rien. Une patrouille ou autre chose avait été repérée. Mais c’est ce dont je me souviens, et on a eu sacrément peur.

On avait une patrouille dehors cette nuit-là. Et ils se sont retrouvés nez à nez avec – bon, ils ont dit que c’était un bataillon, huit ou neuf cents hommes. Et ils étaient dans la montée, et quelques-uns ont été blessés. Et on était sept ou huit. On a tous attrapé un brancard, deux par brancard, pour aller chercher les blessés. Mais on n’est jamais arrivés jusque là-bas. On ne pouvait pas y aller.

Une nuit, on a traversé un petit village en redescendant. Il faisait noir. Et j’entendais chanter. « You Are My Sunshine, » vous savez. Alors ça a piqué notre curiosité – on est entré dans la cabane – il y avait une petite vieille là-dedans qui chantait : « You Are My Sunshine », dans un anglais impeccable.

Une nuit j’ai vu quelque chose, c’était juste de l’autre côté de la vallée. Quelqu’un avec une lampe torche qui envoyait des signaux en face et qui recevait des réponses de l’autre côté. Qui c’était, on n’en sait rien. On n’a jamais réussi à savoir.

Je me souviens de la [colline] 187, ça m’est revenu il y a un an. J’ai dit : « Oh mon Dieu, je me souviens de la 187. Je pense que oui. »

Un matin, c’était juste au levé du jour, et j’ai regardé sur ma gauche avec les grosses lunettes, il y avait des soldats anglais là-bas. Et au pied de la colline il y avait de jolies boites, des cadeaux et tout, comme pour Noël. Ils sont descendus en courant pour aller les chercher, voir ce que – elles étaient vides évidemment. Et les Chinois ont commencé à leur tirer dessus. Ils voulaient juste nous faire savoir à quel point ils pouvaient s’approcher de nous.

C’était sur une colline où je me trouvais, il n’y avait que – on n’était que 27 là-haut, 26-27. On aurait pu penser qu’il s’agissait d’un avant-poste ou quelque chose comme ça.

Un jour, c’était en fin d’après-midi, je crois. J’étais dans le poste d’observation à ce moment-là, c’était mon tour de garde. Et juste derrière la colline, il y avait notre cuisine, l’endroit où on mangeait et tout. Deux obus arrivent. Un obus est tombé en plein dessus et a tué notre cuisinier. Patty Redmond**, il s’appelait. Et, il a fait sept ou huit blessés. Et ce gars le Caporal Curly Downs,*** il était médecin, et il soignait – il courait dans tous les sens pour soigner les gars – il a été atteint lui aussi. Et Patty Redmond, il a été tué sur le coup. Il était d’Halifax. Alors, il va sans dire qu’on a dû manger des rations en boites, de la nourriture en boite de conserve pendant quelque temps. La cuisine avait volé en éclats.

*Caporal Robert R. McNulty, le 1er bataillon du Royal Canadian Regiment

**Soldat de première classe Patrick Gerald Redmond, Le Corps royal d’intendance de l’Armée canadienne, tué au combat le 22 avril 1953.

*** Soldat de première classe William Malcom Downs, le 3e bataillon du Royal Canadian Regiment

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