Témoignages d'anciens combattants:
Cyrille Hoffman

Armée

  • Le certificat de libération de M. Hoffman daté du 14 mars 1952.

    Cyrille Hoffman
  • M. Cyrille Hoffman, août 2011.

    Cyrille Hoffman
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"Mais, comme il était sur le marchepied, quand la roue a été touchée par une mine et a fait sauter le devant du véhicule, ça l’a poussé dans les airs et il est monté jusqu’à une hauteur quelconque."

Transcription

Avant d’aller sur un bateau, j’étais dans le pétrin. J’étais allé en ville avec ma mère et j’ai pris quelques consommations. Mon frère, qui n’était pas dans l’armée, était là aussi. Je suis resté dans la voiture avec elle et j’ai discuté avec elle jusqu’à 2 h du matin. Quand je suis revenu, le sergent m’attendait pour me faire vivre l’enfer. Je fais ce que je pense bon faire. Et même quand j’ai eu une mention dans les envois, je l’ai eue parce que j’ai dit à mon officier d’aller se faire foutre.

Eh bien, j’étais dans le champ de mines et je plaçais les mines. J’avais d’autres personnes avec moi qui les déposaient. Et puis je les activais. Je suis allé quelque part, puis l’ennemi a commencé à nous tirer des obus, mais ils ne me visaient pas. Il y avait un cabinet là-bas et nos troupes y étaient. Ma sortie était donc là. Avec l’ennemi qui bombardait la cabine, j’étais plus en sécurité en faisant mon travail. Les Allemands bombardaient la cabine et pensaient que nous devions être agglomérés dans le bâtiment. Ils ne savaient pas, ils ne faisaient qu’entendre des bruits et ils savaient que nous faisions quelque chose. C’était parce qu’ils affirmaient que j’étais retourné dans le champ de mines et que j’ai ramassé le ruban blanc [qui servait à indiquer le chemin sûr]. Je veux dire, c’est ce que quelqu’un a dit. Mais ce sont des mensonges. Je ne suis pas sorti du champ de mines avant d’avoir ramassé le ruban. Quand ils bombardaient, comme je l’ai dit, mon caporal est venu et m’a dit qu’Honeyman disait de s’en aller. Je lui ai répondu qu’Honeyman pouvait aller se faire foutre et que j’avais un travail à finir.

Je ne sais pourquoi ça puait, mais, eh bien, d’abord, ils arrosaient le champ avec des déchets humains et parfois, lorsque nous dormions dans des tentes, ils arrosaient le terrain très tôt le matin, et, même dans notre sommeil, nous pouvions le sentir. Nous sommes allés dans un autre village et un garçon m’a demandé de venir avec lui. Il m’a amené au-dessus d’une tranchée défensive et a pointé du doigt quelque chose dans la tranchée. J’ai donc avancé ma carabine et il y avait un soldat ennemi; il était blessé. Je lui ai simplement dit de sortir de là. Eh bien, il ne pouvait pas marcher. Il est tout de même sorti de la tranchée et il s’est étendu. Je pense que je le dis là-dedans. Je suis allé trouver l’officier médical, mais il était un peu fâché d’avoir à marcher si loin. Il m’a dit « Pourquoi tu ne leur tires pas simplement dessus? » C’était une chose stupide à dire. Mais, de toute manière, je l’ai ignoré. En y repensant, je pense que j’aurais dû lui répliquer quelque chose de méchant, mais je ne l’ai pas fait.

Ils ont envoyé une jeep et ils l’on ramassé. Mais ils sont des chauffeurs, vous savez, je veux dire, vous faites la guerre et l’ennemi… Le conducteur de la jeep frappait des bosses sur la chaussée, et le gars a eu un transport mouvementé. C’est la nature humaine, c’est tout ce que c’est. De comment ils se sont occupés de lui, je n’en ai aucune idée. Mon officier, je pense que je l’ai dit, m’a apporté quelques bières, un jour, et m’a demandé ensuite de l’emmener au champ de mines, parce qu’il y avait là un soldat ennemi et ils voulaient sa carabine. Ils voulaient savoir d’où les Chinois recevaient leur équipement. Il a donc fallu que je les emmène dans le champ de mines et trouver sa carabine. De retour au quartier général, les gars des renseignements l’ont examiné et ont peut-être déchiffré quelque chose.

Et je me souviens, j’ai pris son portefeuille et il y avait de l’argent à l’intérieur. Mais c’était probablement de la fausse monnaie. J’ai gardé l’argent pendant trois ou quatre ans, je ne me souviens pas combien de temps je l’ai gardé. Walker m’a conduit au site où j’étais censé aller. Il était seulement le chauffeur. Quand les camions de Nouvelle-Zélande sont arrivés, je lui ai dit qu’ils ne pouvaient pas passer, et de regarder les véhicules qui avaient déjà explosé. Ça dit ça là-dedans. De toute manière, il est monté sur le marchepied parce qu’il s’est rendu compte qu’il pouvait mieux voir les traces que le chauffeur. Mais, comme il était sur le marchepied, quand la roue a été touchée par une mine et a fait sauter le devant du véhicule, ça l’a poussé dans les airs et il est monté jusqu’à une hauteur quelconque. Je ne fais que supposer et j’ai regardé.

 

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