Témoignages d'anciens combattants:
Alyre Hébert

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"Je suis entré, j'ai fermé la porte, j’étais debout, puis je les écoutais parler. J’ai dit : « Il fait beau aujourd’hui, hein? » Puis là, ma mère ne savait pas que j’étais dans l’armée. Elle s’est « revirée » de bord et elle t’a poussé un cri! "

Transcription

Le nom de mon père, c’était Willie Hébert. Ma mère, c’était Délina. Elle était mariée avec mon père Willie Hébert. On était deux garçons dans la famille, puis treize filles. Moi, mes parents, mon père, ça travaillait! C’est un vétéran, lui aussi. Il était dans la 1re Guerre, lui. Il était vétéran, mon père, de la Première Guerre. Après, il a travaillé dans le bois, parce que dans ce temps-là, ça travaillait dans le bois. Il n’y avait pas de machines, puis des affaires comme ça. quand tu coupais un arbre, c’est à la <<Buck Saw>>. C’est ça que c’était, dans ce temps-là. Puis, le monde n’avait pas d’argent. Ils travaillaient pour 25 cents à l’heure. Quand ils travaillaient sur les chemins, une centaine d’hommes. [inaudible] à 25 cents à l’heure, dans ce temps-là. C’est ça que c’était. Puis là, ils « farmaient » l’été aussi pour avoir du stock l’hiver, pour manger. Alors, c’est ça que c’était. Mais quand la guerre s’est déclarée, [?] dans le bois. Puis, le matin qu’on s’est levés, la radio jouait, j’écoutais ça. ils ont dit la guerre est déclarée, en 1939.

Le matin, j'ai mon déjeuner. Après ça, moi, je monte à mon ouvrage où je travaillais. Puis là, j’avais ça dans l’idée, puis je savais que si je n'y allais pas, j’allais devenir ouvrier. J’avais l’âge, j’avais 20 ans, dans ce temps-là. C’est ça, je travaillais, puis tout d'un coup, ça m'a pris et j’ai arrêté de travailler, et j’ai commencé de penser à ça. Et là, j'ai pris ma hache, et j’allais dans l’arbre et puis le buck saw [inaudible]. J’ai descendu le bac avec [inaudible]. J’ai dit au « boss » : « Viens [inaudible] mon bois! ». Il dit : « Où est-ce que tu vas? » J’ai dit : « Je m’en vais dans l’armée! »

Chez nous, mon père et ma mère ne le savaient pas encore que j’étais dans l'armée. Le jour, je descendais à Newcastle, puis j’étais en haut de [inaudible], où ce que je travaillais. Puis, j’ai pris le train, puis je suis descendu à Newcastle, à Miramichi. Puis là, J’etais au depot, j’etais dans l’armée. C’est ça que c’était. Puis, ça faisait quelques semaines que j'étais dans le service. Alors, j’ai demandé pour un « week-end pass ». Je l’ai eu. Et là, je suis descendu chez nous. Puis, quand je suis arrivé, c’était l’heure du midi, à la maison. Je suis entré par la porte d'en arrière. Je suis entré bien « slow », j'ai ouvert la porte bien « slow »,  ils m’ont pas entendu, c’était l’heure du diner. Je suis entré, j'ai fermé la porte, j’étais debout, puis je les écoutais parler. J’ai dit : « Il fait beau aujourd’hui, hein? » Puis là, ma mère ne savait pas que j’étais dans l’armée. Elle s’est « revirée » de bord et elle t’a poussé un cri! Puis, j’ai dit : « Regarde ma mère. Si je n’y avais pas été, ce qui serait arrivé, je serais devenu ouvrier. » C’est ça qu’ils faisaient, dans ce temps-là. Envoyer du monde, des soldats pour aller se battre, pour sauver notre pays. C’est ça, il y en a beaucoup comme nous autres. Aller sauver notre pays!

 

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