Témoignages d'anciens combattants:
Charles Raymond “Ray” Priddle

Armée

  • Ray Priddle, la marine royale.

    Charles Raymond Priddle
  • Unités anglaises arrivant à Avola en Sicile, 1943.

    Charles Raymond Priddle
  • Ray Priddle et ses camarades à Southampton en Angleterre avant le jour J en 1944.

    Charles Raymond Priddle
  • Couverture d’un livret distribué aux soldats alliés qui partaient en France, 1944.

    Charles Raymond Priddle
  • Page appartenant au dossier militaire de Ray Priddle, qui montre les navires sur lesquels il a servi et la citation à l’ordre du jour, 1946.

    Charles Raymond Priddle
  • Feuille de chêne en bronze, insigne décerné à Ray Priddle pour sa citation à l’ordre du jour pendant la Deuxième Guerre mondiale.

    Charles Raymond Priddle
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"Un éclat d’obus avait dû traverser et le téléphone était coupé en deux... Il y a eu un moment de panique."

Transcription

J’ai toujours pensé : « Bon, avant de rentrer chez moi, il faut que je participe au combat. » Et c’était ce que j’avais dans l’esprit à ce moment-là, vous savez. Mais, j’ai réussi à traverser tout ça et à m’en sortir – deux gars de chez nous ont été tués en Sicile sur la plage [1943]. Mais, à part cela – ils ont été tués par des mines anti personnelles. Après cela, on a continué, et j’ai débarqué à l’extrémité sud de la Sicile, à un endroit qui s’appelait Avola, et après plusieurs semaines, on est remontés jusqu’à Augusta. Il y avait une caserne navale là-bas, une caserne italienne qu’on a récupérée, et on est restés là pendant plusieurs semaines. J’étais signaleur, et, je veux dire, j’avais appris à me servir d’une lampe Aldis, comme ils l’appellent, vous l’avez à la main et elle envoyait des signaux lumineux, vous savez. C’était mon boulot. On avait aussi les drapeaux de l’alphabet sémaphore, mais en fait on ne s’en servait pas trop. Donc c’était ma formation et ça ne faisait pas mal. Quand on a débarqué sur la plage, on avait l’habitude de mettre en place une petite station émettrice où le « beachmaster », qui était en général capitaine de corvette dans la marine, assurait le commandement sur la plage, et vous savez, les mouvements et les trucs sur la plage, et il avait un équipage aussi, et si quelque chose s’enlisait, ils les sortaient de leur trou et les faisaient bouger et ce genre de choses. Mais on était sous sa responsabilité, et il nous donnait les messages à envoyer au navire l’état-major pour dire ce qu’ils voulaient qu’on leur envoie, par exemple des chars, ou plus de soldats, ou ce genre de choses. C’est ce qu’on faisait sur la plage. De ma vie, je n’avais jamais vu de caserne comme celle-ci avant. Elle était dressée, de notre côté, comme, avant qu’on la franchisse. Mais, heureusement, quand on est arrivés de l’autre côté, et le comité d’accueil était composé de quelques Italiens avec leurs affaires, qui attendaient d’être faits prisonniers. On a eu la tâche plutôt facile cette fois. Ils attendaient au pied de la botte italienne, et je marchais au bord d’une route une fois, en ville, et un gars s’est approché de moi et il a dit : « Je te connais. » Et j’ai répondu : « Oh oui ! Je te connais moi aussi. Tu es Charlie Watkins, et tu habitais dans la rue à côté de la mienne à Avonmouth [Angleterre]. » Et il a dit : « Oui, en effet. » Et il a dit : « Tu sais, ton cousin est là dans la caserne. » Et je portais la barbe. Je m’étais fait pousser la barbe à ce moment-là. C’était – il a dit : « Viens avec moi et attends dehors, je vais lui dire qu’il y a quelqu’un qui le demande dehors. On va voir s’il te reconnaît. » En tout cas, il est entré et est ressorti, oh ! Il m’a pris pour mon cousin qui habitait dans la même rue que moi. C’était amusant de voir ces gens. Le navire sur lequel on a fait la traversée [le jour J en 1944] s’appelait le Isle of Guernsey, c’était un bateau de passagers qui faisait la navette entre Weymouth et les paquebots dans la Manche avant la guerre. C’est le navire avec lequel on a fait la traversée. Ensuite, on nous a fait passer dans les chalands de débarquement, et le chaland de débarquement a été mis à l’eau, et la mer était très, très agitée à ce moment-là. Et là, on s’est rendus sur le rivage [à Juno Beach]. Et, dès que l’avant était ouvert, on devait sauter et remonter la plage en courant. Mais, heureusement, sur la plage au fond, il y avait un mur d’environ 2,50 m, et on est arrivés jusque-là, on est allés jusqu’au mur, et on pouvait voir les balles s’enfoncer dans le sable pendant qu’on courait sur la plage. Mais, on était reconnaissants d’arriver jusqu’à ce mur et une fois arrivés au mur, vous creusiez un trou pour vous mettre dedans, mais évidemment, les pauvres soldats canadiens, eux, devaient continuer. La journée a été longue, je peux vous l’assurer. Oui, je pense qu’on est arrivés sur le rivage aux alentours de 7 h 30 du matin, on a débarqué, vous savez, le matin. Il y avait du sable, aussi, tout le monde avait reçu un ordre de branle-bas de combat au cas où il y ait une contre-attaque ou quelque chose comme ça. Mais j’ai bien peur de n’avoir rien vu parce que j’étais tout au fond du trou que je m’étais creusé. Et ils avaient dit que si on avait la tête qui dépassait, on allait se faire descendre. Les Allemands avaient placé un canon de l’autre côté de la rivière, qui était, vous savez, installé dans un tunnel et ils le poussaient dehors et tiraient des obus sur toute la plage la nuit, ce qui était très déplaisant, je peux vous le garantir. Et je me trouvais dans un abri enterré allemand, on était de quart, à deux, de nuit une fois, et j’étais assis là – vous savez, l’abri avait un petit surplomb tout autour, et il y avait un téléphone là-dedans, là où j’étais assis et un des, un éclat d’obus avait dû traverser et le téléphone était coupé en deux. Et j’étais assis juste à côté. Il y a eu un moment de panique. Oh ! ça n’a pas pris tellement longtemps, pour se débarrasser de ces mitrailleuses. Non, ils avaient réglé ça, une heure environ, et ensuite la plage était plus ou moins tranquille après ça, à l’exception de quelques tireurs isolés. Il y avait des tireurs embusqués dans la tour de l’église et tout ça. Tout danger a été écarté, après un petit moment. Quand le groupe principal, notre groupe principal, est arrivé un peu plus tard dans la journée, la plage était alors plus ou moins sans danger, et il y avait cette grande maison sur la plage, on l’avait réquisitionnée pour en faire notre quartier général, on y vivait, on y dormait et on a continué à travailler. Vous savez, il nous fallait continuer à envoyer des signaux au navire et, vous savez, ce qui arrivait et ce qu’ils voulaient faire venir et ce dont ils ne voulaient plus et tout ce genre de choses, vous savez. Cette maison était à, juste en haut de la plage. C’était une grande maison et on envoyait nos signaux de là, principalement par radio.
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