Témoignages d'anciens combattants:
Lyle McIvor

Armée

  • L'avant-garde canadienne, les premières troupes ayant posé pied en Corée en octobre 1950. Lyle McIvor pose sur la première rangée avec une cigarette à la bouche. À sa droite, Robert Tolver, qui trouvera la mort lors de la bataille de Kapyong.

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  • Lyle McIvor (deuxième, à gauche) en permission à Tokyo (Japon) en compagnie de soldats canadiens et britanniques.

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  • Un article de journal faisant mention des 13 premiers soldats canadiens ayant bénéficié d'un congé pendant la Guerre de Corée. Parmi eux, Lyle McIvore.

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  • Lyle McIvor à Winnipeg (Manitoba) lors de la rencontre du "Last Hurrah" de l'Association canadienne des vétérans de la Guerre de Corée en août 2011.

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  • Lyle McIvor (à gauche) à l'aéropor de Camp Borden posant devant un appareil De Havilland Mosquito.

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"Dans tous les livres qu’ils écrivent, ils parlent toujours de Evans, mais personne ne mentionne jamais mon pote Tolliver et c’est lui qui est reparti en arrière pour récupérer Evans."

Transcription

Ensuite, on nous a fait revenir d’une zone de repos et on nous a renvoyés au combat à cause de la poussée de Kapyong, lors de la grande poussée des Chinois, hein! Alors on était en train de monter là-haut, et vous voyez les gens de l’armée coréenne qui nous passent à travers, rentraient à toute vitesse, et les Américains qui reculaient. C’était assez drôle, on était en train de monter et ils étaient sur le chemin du retour, et puis on était en train de monter pour aller creuser dans la colline. Ça vous fait tout drôle.

Mais bon, on y était assez habitués de toute façon à ce moment-là, parce qu’on avait eu droit à tout, vous savez, depuis le début du mois de février et là on était en avril, vous savez, les 23, 24, 25 [1951]. Alors ça n’avait rien de très nouveau. Et puis on est remonté et on est arrivé à Kapyong, ou tout en haut de la colline. On ne savait pas que ça s’appelait Kapyong à l’époque, tout ce qu’on savait c’est que c’était la colline. Quelqu’un a fait le tour et on était censés, on nous attribuait l’endroit où on devait rester et creuser, l’endroit à tenir.

Alors là où j’étais, je voyais les Glosters [Gloucester Regiment] ils sont arrivés en premier, tout au bout, et ensuite de ce côté-là par rapport à eux, les Australiens, le Régiment royal australien, il était en dessous de la colline sur un autre tertre, ils étaient en contrebas. Je les voyais et ils s’en sont pris pas mal ce jour-là, et en bas pendant la nuit. Mais ensuite, les Glosters se sont fait complètement écraser dans leur vallée et ensuite les Australiens, c’est devenu tellement épouvantable pour eux qu’il a fallu qu’ils se retirent, en laissant ça ouvert. Et puis les Chinois sont arrivés des deux côtés à la fois et c’est comme ça qu’on s’est fait encercler, parce qu’aucun de nos flancs n’avait d’ouverture.

Là-dedans, on avait une section qui était plus à un endroit, un lieu qui s’étalait et ensuite on était dessus, vous savez, pour différentes raisons. La section qu’ils avaient ici était, c’était là que se trouvait une section de la compagnie B et ils ont commencé à aller vraiment mal pour eux alors on leur a dit de s’en aller, de rejoindre les autres gars dans la file.

Le lendemain matin, j’ai demandé à un des gars de la section, j’ai demandé : « Bill, où est Tolver ? » Robert Tolliver, c’était un de mes amis, il était dans le groupe de tête avec nous et il a répondu qu’il était reparti en arrière pour récupérer [Gerald] Evans. Evans était touché. Et il n’arrivait pas à s’en sortir alors Tolver y est retourné pour le récupérer. Alors le matin, ils ont ramené les deux gars de là-bas, ils les ont ramenés dans la matinée et la tête de Tolver avait été tranchée avec une, son cou, avec une épée et ils étaient tous les deux, Evans et Tolliver ont été tués là-bas cette nuit-là parce qu’ils étaient là-bas à cet endroit. Mais dans tous les livres qu’ils écrivent, ils parlent toujours de Evans, mais personne ne mentionne jamais mon pote Tolliver et c’est lui qui est reparti en arrière pour récupérer Evans.

Ce qu’il y a de plus difficile c’est quand vous devez tirer sur quelqu’un et vous les regardez et puis vous, il est juste du même âge que vous et moi à l’époque. Et il n’a pas plus envie que vous d’être là.

Je vois bien comment ce pays a évolué et comme les gens ont apprécié tout ça. Ça me fait du bien, vous savez, qu’on ait pu faire quelque chose et puis ils ont pris le relais et ils ont tellement embelli ce pays. C’est un très beau pays maintenant.

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