Témoignages d'anciens combattants:
Edison Joseph MacDonald

Armée

  • La section d'Edison MacDonald en Corée, 3e Bataillon, The Royal Canadian Regiment, vers 1953-1954.

    Edison MacDonald
  • Le U.S. Naval Ship Gen. C.C. Ballou qui transporta Edison MacDonald et les hommes du 3e Bataillon, The Royal Canadian Regiment, vers la Corée.

    Edison MacDonald
  • La colline 187 en Corée. Les 2 et 3 mai 1953, le 3e Bataillon du Royal Canadian Regiment fut attaqué par les troupes chinoises dans ce secteur. Cette photo fut prise par Edison MacDonald lors d'un voyage de retour en Corée en 2006.

    Edison MacDonald
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"Mais le 3 mai, on a été écrasés par des bataillons de Chinois et cette nuit-là on a perdu 26 hommes. Je crois qu’il y a eu une quarantaine de blessés et sept ou huit soldats ont été fait prisonniers. Or tout ceci s’est passé en une seule nuit et ça a été la nuit la plus terrifiante de toute ma vie. C’était la fameuse bataille de la colline 187. "

Transcription

Je me suis engagé dans l’armée le 15 janvier 1952 en même temps que mon copain Jimmy Christoff*. De Sydney on est allés à Halifax tous les deux, et on a signé le 15 janvier et ensuite nous nous sommes rendus à Petawawa [Ontario] pour rejoindre le 3e bataillon du Royal Canadian Regiment. Je ne connaissais vraiment pas grand-chose à l’armée, même si j’avais un oncle, mon oncle préféré en fait, qui avait participé à la Deuxième Guerre mondiale et avait été tué en Italie le 4 janvier 1944. À part ça, je n’avais aucune expérience de la vie militaire, mais quand j’ai vu qu’ils cherchaient des gens pour s’engager dans l’armée en 1951 et 1952, j’ai pensé que ça pourrait me plaire, comme je suis du genre aventurier. Je pensais que c’était ça mon intention. Je ne savais pas où je voulais aller jusqu’à ce qu’on aille au dépôt [de personnel militaire] n° 1 à Halifax avec mon copain Jimmy et on a vu ce gars qui marchait dans notre direction, et il avait l’air plutôt classe. Alors on a traversé la rue et demandé : « Dans quelle branche es-tu ? » Et il a répondu : « J’appartiens au Royal Canadian Regiment. » Bon, j’ai regardé Jimmy et Jimmy m’a regardé et j’ai dit : « Bon sang, c’est ce qu’il nous faut. Ce gars a vraiment la classe. » Alors on y est allés et on s’est engagés, on leur a dit que c’était là qu’on voulait aller, dans le Royal Canadian Regiment.

Quand on est arrivés là-bas [en Corée] c’était juste – c’était le chaos, la destruction. Le pays avait été très éprouvé par la guerre. C’était la première fois que je voyais des enfants mendier et tellement mal en point, des ruines partout. Bon en tout cas on est montés à bord de ces trains vétustes qui nous ont emmenés dans le nord de la Corée où notre bataillon était stationné dans une zone réservée jusqu’au moment de rejoindre les lignes de front. Et il a fallu qu’on s’entraine encore davantage parce que le commandant de notre bataillon, c’était le Lieutenant-colonel Campbell, Kenny Campbell, il ne voulait pas qu’on parte sur le front avant qu’on soit tout à fait prêts. Alors on a suivi un entrainement corsé et quand il a trouvé qu’on était prêts, on est partis.

On est allés – notre première position se trouvait sur une colline appelée 187. Et on était la compagnie D comme je l’ai mentionné. On était sur les lignes de front désormais. Quand on est arrivés là-bas, les Nord-coréens ou les Chinois avaient ces puissants haut-parleurs qu’ils utilisaient pour faire passer les messages à travers la vallée. Vous les entendiez très bien. Ils nous ont souhaité la bienvenue en mentionnant notre nom : « Bienvenue aux membres du 3e bataillon du Royal Canadian Regiment. » Et ils parlaient anglais comme ça. Et c’était les Chinois ou les Nord-coréens qui nous parlaient au microphone à travers la vallée. En tout cas, on a passé deux ou trois semaines environ sur cette colline, je crois, et puis le 3 mai [1953], mais avant ça, on avait eu droit à ces sortes de, ils faisaient des raids, mais sans dépasser les barbelés. On aurait dit qu’ils essayaient d’évaluer nos forces et je me souviens d’une nuit où ils se sont approchés des barbelés en criant, hurlant, vociférant, profonde confusion. Alors on leur tirait dessus. On avait des fusées éclairantes et on les voyait, alors tout le monde leur tirait dessus, mais je ne sais pas si j’ai atteint qui que ce soit parce que c’est impossible à dire, vous tirez, c’est tout. Vous ne savez pas si ce sont vos balles qui atteignent la cible ou celles de quelqu’un d’autre, mais il y avait des gens qui tombaient, mais c’était un petit, tout petit groupe. Il avait la taille d’une compagnie d’une trentaine ou quarantaine d’hommes.

Mais le 3 mai, on a été écrasés par des bataillons de Chinois et cette nuit-là on a perdu 26 hommes. Je crois qu’il y a eu une quarantaine de blessés et sept ou huit soldats ont été fait prisonniers. Or tout ceci s’est passé en une seule nuit et ça a été la nuit la plus terrifiante de toute ma vie. C’était la fameuse bataille de la colline 187. Oui, c’est celle à laquelle j’ai participé. Et c’était plutôt effrayant. Il y avait un officier du nom de Hollyer [Lieutenant Edgar Herbet Hollyer] et il a demandé à l’artillerie de tirer sur sa position. Il était dans la compagnie C et il était dans le 8e peloton et il a demandé à l’artillerie de tirer sur sa position et il a reçu la Croix militaire [décoration militaire anglaise] pour cette démarche. Je l’ai rencontré à de nombreuses reprises au cours de réunions et autres cérémonies auxquelles j’ai assisté pendant toutes ces années et c’est un sacré bonhomme.

*Soldat James Joseph Christoff, tué lors de la bataille de la colline 187, le 3 mai 1953

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