Témoignages d'anciens combattants:
A. Merfyn David

Armée

  • Coupure provenant du journal « Maple Leaf ». Photo du défilé des soldats canadiens traversant Dieppe, en France, marquant la libération de la ville et en souvenir du raid de 1942 où la Force de combat était principalement canadienne. Septembre 1944.

    A. Merfyn David
  • Une copie du livret militaire de l’Armée canadienne appartenant à M. David (page de garde), perdu pendant son service. Le 30 décembre 1944.

    A. Merfyn David
  • Message du 2e Corps canadien à la 2e Division d’infanterie canadienne, présentant les grandes lignes d’un message provenant de l’état-major, la 1re Armée canadienne donnant des précisions sur la capitulation des Allemands et les mesures à prendre. Le 7 mai 1945.

    A. Merfyn David
  • Le jour de la Victoire en Europe en Allemagne. Membres des transmissions de la 2e Division d’infanterie canadienne vêtus d’uniformes de l’armée allemande. Merfyn David se trouve à l’arrière, le deuxième à partir de la gauche. Le 8 mai 1945.

    A. Merfyn David
  • Merfyn David (adossé au véhicule) et ses compagnons des transmissions le jour de la Victoire en Europe en Allemagne. Le 8 mai 1945.

    A. Merfyn David
  • Membres de la section « O », la 2e Division d’infanterie canadienne, posant avec une grande bouteille de champagne le jour de la victoire en Europe. Oldenburg, Allemagne le 8 mai 1945.

    A. Merfyn David
  • Insigne de coiffure du Corps royal canadien des transmissions. À l’origine, l’insigne de coiffure de M. David lui a été remis à son arrivée dans le Corps royal canadien des transmissions en 1942 ; par la suite, cet insigne a été couplé avec un insigne bleu réglementaire quand il a été affecté à la 2e division d’infanterie canadienne en 1943. Le bleu était la couleur officielle de la 2e Division d’infanterie canadienne.

    A. Merfyn David
  • Lettre de la compagnie de Téléphone Bell, confirmant à Merfyn David qu’un travail l’attendait à Bell dès son retour de la guerre à Toronto. Le 14 septembre 1945.

    A. Merfyn David
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Avant le Jour J, ils ont décidé d’organiser un service religieux... dans la cathédrale de Cantorbéry."

Transcription

Pour deux raisons, je pense. Il y avait eu Dieppe [Raid en 1942], un peu avant, je crois que pour grand nombre de Canadiens et de familles canadiennes ça a amené la guerre à la maison. Et, deuxièmement, j’arrivais à un âge où j’allais probablement être appelé de toute façon, alors, je pense que j’ai pris le taureau par les cornes et devancé l’appel.

Quand on est arrivés à Aldershot [en Nouvelle-Écosse], ils nous ont séparés, et puis il s’est trouvé que m’avait affecté à la section « O » au quartier général de la 2e Division, dans le groupe des transmissions, au quartier général de la division. Et je suis resté avec eux jusqu’à la fin de la guerre.

Et bien, on a fait deux manœuvres ; fait quelques exercices de campagne. Beaucoup de régiments de la 2e Division avaient pris part à Dieppe, et ils avaient souffert un nombre de pertes très important. Et en partie à cause de cela, on nous a confié la mission particulière de traverser les rivières, et on est allés à Scunthorpe [en Angleterre], à un moment donné, pour s’entrainer à la traversée des rivières, les véhicules étaient tous imperméables à l’eau et ce genre de choses.

Avant le Jour J [le 6 juin 1944], ils ont décidé d’organiser un service religieux et, on était juste à côté de Cantorbéry, donc le service protestant a été organisé dans la cathédrale de Cantorbéry. Et, juste avant, ils ont fait passer un appel au quartier général pour trouver des choristes, et j’avais toujours plus ou moins chanté chez moi, alors je me suis porté volontaire, et on était une espèce de, 35 à 40 voix masculines rassemblées pour former la chorale pendant ce service à Cantorbéry. Je me souviens d’être debout dans une des cours du château de Douvres, adossé au mur en essayant de chanter tous ces chants [rires].

En ce qui concerne l’invasion [en Normandie], avant que toute la division soit envoyée là-bas, le général [commandant] et son officier du service général, celui qui s’occupe du matériel technique – matériel tactique plutôt – et quelques autres sont partis en éclaireur, et il y avait aussi quelques personnes des transmissions, et je faisais partie de ce petit groupe de signaleurs qui sont partis en avant, donc, nous sommes allés en France, sans doute deux semaines avant le reste de la division.

Bon, on était deux, à s’occuper du bureau des transmissions et à s’occuper des messages provenant du général, et de l’état-major, de notre division, et envoyer à qui de droit les messages et les transmissions, que ce soit d’autres personnes déjà sur place ou, vous savez, dans d’autres unités de la 3e Division [d’infanterie canadienne], ou alors là-bas en Angleterre.

On était situés entre Caen et Falaise [en France], et la [1re] Division [blindée] polonaise se trouvait sur notre gauche, à un ou deux champs de là, et ils ont été bombardés par la RAF, par erreur. Je pense que leur intention était de, de bombarder devant nous, mais, à cause de la direction du vent et de la poussière soulevée de ce fait, et aussi du système qu’ils utilisaient à l’époque – ils avaient des bombardiers Mosquitoes – des avions très rapides et légers – ils venaient et marquaient les cibles en quelque sorte [avec des fusées éclairantes]. Et ensuite, les bombardiers lourds arrivaient à leur tour, et bombardaient la zone marquée. Bon, quand il y a du vent qui rabat la poussière derrière vous, dans notre direction dans ce cas précis, les bombardiers ont commencé à larguer leurs bombes, les bombardiers lourds, dans cette zone-là, venant à notre rencontre. Au lieu de s’éloigner de nous, ils sont arrivés sur nous, et ils sont arrivés tellement près que la division polonaise, qui était sur notre gauche, a été bombardée par accident.

Une autre fois, on a été attaqués par des Typhoons [chasseurs bombardiers alliés]. Notre convoi a été [accidentellement] attaqué alors même qu’on avait des marques énormes sur les cabines des camions qui nous transportaient, on s’est quand même fait attaquer une fois.

Parce que notre division, de nombreux régiments avaient participé au désastre à Dieppe, on a fait un détour pendant la traversée du nord de la France, et on a passé une journée à Dieppe, et on a fait un grand défilé dans la rue principale de la ville, tous les gens de la division ont participé à ça.

On était dans le champ, au bord de la rivière, au sud de, ou en amont du pont de Nimègue, et il a fallu qu’on creuse nos petites tranchées là et qu’on installe nos petites tentes au-dessus, et c’était très humide. Et, je suppose que quelqu’un a eu pitié de nous, parce que peu de temps après, quelques jours de ce régime, ils nous ont fait déménager dans la ville de Nimègue, et on a été logés dans une maison. On était cinq et on était logés dans cette maison dans une famille, et on nous a laissés utiliser le grenier, qui était sec et relativement chaud.

Comme on était dans le bureau des transmissions, on a reçu la nouvelle de l’arrêt définitif de l’activité avant le général lui-même [rires] [la nouvelle de la fin de la guerre en Europe]. Parce que, vous savez, tous les messages nous passaient dans les mains, qu’ils soient codés ou non.

Il y a un grand stade, là-bas, qui fait plus ou moins partie du Horse Palace [à Toronto], le Ricoh arena [le Ricoh Coliseum], je crois qu’ils l’appellent aujourd’hui. Nos familles avaient été placées sous des panneaux où était inscrite la première de leur nom de famille, ils nous ont fait entrer au pas, ils nous ont déchargés de nos obligations militaires, et on a pu rejoindre nos familles.

Follow us