Témoignages d'anciens combattants:
Peter Chisholm

Armée

  • Capitaine Don Eadie (à gauche), commandant de la Troupe n° 1, 4e Field Squadron du Génie royal canadien, et le Lieutenant Peter Chisholm (à droite), remplaçant le 59ième Field Squadron du Génie royal canadien en octobre 1953.

    Peter Chisholm
  • Le service d’Action de grâces célébré au quartier général de la 25e brigade d’infanterie canadienne en commémoration du cessez-le-feu en Corée le 2 août 1953.

    Peter Chisholm
  • Page de couverture du programme du service d’Action de grâce commémorant le cessez-le-feu en Corée. Le 2 aout 1953.

    Peter Chisholm
  • Le 28e régiment de campagne du Génie royal, ils sont en tenue de combat pendant cette cérémonie du souvenir organisée le 11 novembre 1953 durant leur service en Corée.

    Peter Chisholm
  • Le sergent d’état-major Lou Evans (au premier plan à gauche) et le Lieutenant Peter Chisholm en train de cartographier les terrains minés en août 1953. Par la suite, Lou Evans écrivit un livre intitulé « Find the Dragon: The Canadian Army in Korea, 1950-1953 », publié sous le pseudonyme Robert Hepenstall.

    Peter Chisholm
  • Stèle funéraire coréenne près de la zone démilitarisée en septembre 1953.

    Peter Chisholm
  • Palais préfectoral de la promotion industrielle d’Hiroshima, connu aujourd’hui sous le nom de Mémorial de la Paix d’Hiroshima. Prise en novembre 1953, lors d’une permission au Japon de Peter Chisholm.

    Peter Chisholm
  • Vue par en dessous du dôme du Palais préfectoral de la promotion industrielle d’Hiroshima qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de Mémorial de la Paix d’Hiroshima. Prise en novembre 1953, lors d’une permission au Japon de Peter Chisholm.

    Peter Chisholm
  • Pour améliorer l’ordinaire de leurs repas, les soldats avaient la permission de chasser du petit gibier si l’occasion se présentait. Ces faisans ont été tués par Peter Chisholm, le Major Gerald Montenaro, du Génie royal canadien, et le Sergent Charlie Frost, du Royal Canadian Dragoons pendant une journée de congé en octobre 1953. Les armes ont été fournies par l’organisme responsable des magasins et cantines des forces armées britanniques, NAAFI (Navy, Army, & Air Force Institute).

    Peter Chisholm
  • Membres du Corps de service coréen en août 1953. Dans le Corps de service coréen, il y avait des hommes qui étaient dans l’incapacité de servir du fait de leur âge ou d’un handicap. Ils participaient aux travaux d’aménagement par exemple la construction de routes et de fossés de drainage. Cependant en cas de besoin, ils s’occupaient de transporter les munitions.

    Peter Chisholm
  • Un obus de mortier américain qui n’a pas explosé, enchâssé dans un arbre. Septembre 1953.

    Peter Chisholm
  • Un insigne de propagande pour la paix trouvé par Peter Chisholm en août 1953. Dit-il : « Récupéré dans un bunker ennemi dans un champ de mines derrière la ligne de défense avancée canadienne. Le bunker était ouvert, un mètre cinquante de profondeur, et il y avait dedans une grosse pile de tracts que j’ai rapportée au 59th Field Squadron, au poste de commandement du Génie royal canadien. Je n’avais pas le droit de garder quoi que ce soit, mais l’insigne était dans ma poche. On a identifié deux cadavres d’ennemis près de “Fox Gap”, pendant qu’on traversait le champ de mines et on les a signalés en même temps que les tracts. »

    Peter Chisholm
  • Les médailles de Peter Chisholm, avec de gauche à droite : la Médaille canadienne de Corée, la Médaille canadienne du service volontaire en Corée, la Médaille canadienne du maintien de la paix, et la Médaille du service des Nations Unies (Corée).

    Peter Chisholm
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Dans les jours qui ont suivi, on a commencé à établir les emplacements des terrains minés, fixer les clôtures, détruire les obus qui trainaient partout, retrouver les corps, toutes ces tâches ont commencé peu après le 27 juillet."

Transcription

Nous sommes arrivés en Corée en qualité de jeunes officiers surnuméraires. Et l’idée générale, c’était d’affecter chacun d’entre nous à une des troupes du 59e Field Squadron, c’est-à-dire l’escadron du Génie royal canadien, servant avec la 25e brigade d’infanterie canadienne à l’époque. Et j’ai été affecté à la troupe n° 2 du Génie royal canadien. Donald Eadie en était le commandant, je crois. Et peu de temps après, le 59e Field Squadron faisait partie de la 1re division du Commonwealth, et s’est vu confier la mission de remettre de l’ordre après la signature de la trêve. Et donc – tout au moins, je vais dire que –, je n’ai pas servi en tant que commandant de troupe. En revanche, j’ai travaillé pour plusieurs des troupes et mon travail était coordonné par le 28e régiment du génie de campagne, qui était le régiment du génie de campagne [britannique] au sein de la division du Commonwealth. Et le travail qu’on faisait c’était de fermer les terrains minés le long de la division du Commonwealth pour s’assurer que personne ne s’égare dans les champs de mines. Notre travail consistait à réparer les clôtures et les reporter sur les photos aériennes, et tout ce travail était coordonné par l’officier de renseignements du 28e régiment du génie de campagne. Il s’appelait Capitaine John Elderkin.

Servir avec le Capitaine John Elderkin, comme je l’ai déjà dit, notre principale mission était de garantir la sécurité du passage le long de la zone démilitarisée et d’aider à consigner l’emplacement des terrains minés et prendre des mesures pour qu’ils soient correctement localisés pour le futur. Pendant les moments de reconnaissance de campagne, devaient garantir la sécurité de la zone démilitarisée sur la ligne de démarcation comme je l’ai mentionné, on avait aussi l’obligation de, quand on croisait des obus de munitions qui n’avaient pas explosé, de reporter sur la carte l’endroit où se trouvaient ses pièces de munitions et d’y retourner plus tard pour les détruire. Et ce travail était généralement accompli par une personne toute seule plutôt qu’un groupe à cause du danger encouru par de larges groupes d’individus. Et aussi on, de la même manière, devait détruire ce que la guerre avait laissé derrière elle, et signaler les endroits où il y avait des cadavres ou des restes de cadavres abandonnés sur le terrain, noter leur emplacement, en rendre compte et faire des photos, et les envoyer ensuite à la (Commonwealth War) Graves Commission par l’intermédiaire du bureau du 59e Field Squadron, pour que ces corps reviennent soit à la Corée du Nord, ou à la Corée du Sud en fonction de leur nationalité.

La veille du jour où l’armistice devait être signé, je crois qu’il s’agissait du 27 juillet [1953], on devait tous rester dans les limites de la position de notre troupe, on n’avait pas le droit d’en sortir. Et dans ma troupe, la troupe n° 2, on regardait, le soir du cessez-le-feu, on regardait un film là où se trouvait notre troupe dans l’obscurité et un obus de mortier est arrivé, atterrissant à quelques mètres à peine de l’endroit où on était tous assis. Et il n’a pas explosé, mais, en Corée beaucoup d’obus, de bombes et autres choses de ce genre ne fonctionnaient pas très bien de toute façon. C’est pour cela qu’il y avait tellement d’obus de munitions qui n’avaient pas explosé un peu partout. Le matin après la signature de la trêve, on était – et notre troupe était positionnée au sud-ouest de la colline 355 et la colline 355, avait pour caractéristique de s’étendre presque directement à l’ouest et les positions des Chinois à l’ouest de la colline 355 il y avait quatre collines appelées Matthieu, Marc, Luc et Jean, les quatre apôtres, occupées par les Chinois. Et je ne sais plus sur quelle colline c’était, mais quand on s’est levés aux premières lueurs du jour le 27 juillet, les Chinois avaient érigé une bannière – elle devait faire dans les deux à trois cents mètres de long, d’un bleu pétant, et on pouvait parfaitement lire ce qui était écrit dessus de là où on était. Et ce qui était écrit – excusez-moi – c’était « Ne déconnez pas avec les mecs de la paix. »

Dans les jours qui ont suivi, on a commencé à établir les emplacements des terrains minés, fixer les clôtures, détruire les obus qui trainaient partout, retrouver les corps, toutes ces tâches ont commencé peu après le 27 juillet et ont continué, et on ne faisait pas que ça, on s’occupait aussi, de manière ponctuelle – j’ai accompagné les officiers de la Commission d’armistice militaire pour enquêter sur les allégations de violation des stipulations de la trêve et ça devait être début août, après le 27 juillet. Alors on s’y est mis très, très vite et c’était nécessaire parce qu’avec les bombardements de nuit on ne pouvait pas faire beaucoup de réparations dans les zones de défense et il y avait énormément de travail à faire pour remettre en place les clôtures des champs de mines et établir l’emplacement des champs de mines et je crois qu’aux termes de – comme je l’ai dit, je ne sais pas précisément, mais si je me rappelle bien – pour répondre à votre question – on a dû commencé à travailler là-dessus très, très peu de temps après le 27 juillet.

Follow us