Témoignages d'anciens combattants:
William Kilbourne

Armée

  • William Kilbourne, à l’âge de 18 ans.

  • En route vers Amsterdam en1945.

  • Lettre en date de 1946, d’Edith de Levie à William Kilbourne, rappelant le jour de la libération de Bussum (20 km d’Amsterdam).

  • Entraînement de base à Winnipeg en 1940.

  • Mémorial au Régiment d'infanterie légère de la Princesse Patricia, le premier à traverser la rivière Ijssel hollandais en1945.

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"Alors, ils ont dit qu’ils allaient s’enrôler dans l’Armée. Alors, j’ai dit, ‘’Eh ! bien, j’irai avec vous."

Transcription

Je m’appelle William Bert Kilbourne. Et, en juillet 1940, je me suis joint aux Régiment d'infanterie légère de la Princesse Patricia à Winnipeg. Et, j’étais sergent. Mon frère et un de ses copains sautaient les trains de marchandises à la recherche d’emplois et tout ça et ils sont rentrés à temps en juillet 1940 en disant que ce n’était pas…..ce n’était pas une vie. Alors, ils ont dit qu’ils allaient s’enrôler dans l’Armée. Alors, j’ai dit, ‘’Eh ! bien, j’irai avec vous.’’ Il y avait plusieurs sous-marins allemands le long de la côte Est et ils ont assemblés un groupe de gars et les ont envoyés à Terre-Neuve et ils nous ont donné une formation d’artilleur côtier. À l’époque, on avait de gros projecteurs d’une puissance de 800 millions de chandelles. J’ai pris un grand intérêt pour cet équipement et l’Officier commandant m’a envoyé prendre un cours d’un mois à Halifax. Alors, j’ai quitté St. John’s, Terre-Neuve et je suis retourné à Port aux Basques. J’ai voyagé de nuit à bord du petit traversier Caribou jusqu’à North Sydney et ensuite, jusqu’à Halifax. Un mois plus tard, j’ai fait le voyage de retour. À peine rentré à St. John’s, le Caribou, ce petit traversier utilisé uniquement pour les voyages de nuit, a été coulé par un sous-marin allemand qui s’était faufilé dans le port de St. John’s. Ça m’a fait tout un coup parce que j’avais été à bord une ou deux nuits auparavant. Deux ou trois de nous qui avions été détournés à Terre-Neuve, voulions regagner notre régiment et nous avons demandé un transfert et ils nous l’ont accordé. Peu après, nous sommes montés à bord d’un navire de transport des troupes et nous avons traversé jusqu’au détroit de Gibraltar, la mer Méditerranée et nous avons débarqué à Naples en Italie. Nous avons passé un an en Italie, je crois. Et, nous avons vécu des moments difficiles là-bas. La ligne Hitler, la ligne Gothique, la rivière Savio. Une fois, lors d’une patrouille, on a trouvé un garçon perdu dans les montagnes. Et, il ne semblait pas y avoir de village dans les parages alors, nous lui avons demandé où se trouvaient ses parents et il ne le savait pas. Nous avons jasé un peu et nous lui avons demandé s’il voulait venir avec nous. Il nous a dit, ‘’D’accord.’’ Alors, nous l’avons emmené à notre camp et il était un petit garçon bien sympathique, vous savez. Nous avancions sur la Hollande, et un caillou s’est logé dans l’engrenage de notre chenillette Bren. Le caoutchouc dur d’une colonne chenillée avait été endommagé et nous avons du arrêter pour effectuer une réparation et y installer une nouvelle pièce. Nous étions en pleine campagne mais, mon Dieu ! Les gens semblaient venir de partout. Plein de gens sont venus à notre rencontre et… il y avait cette jeune fille qui s’est mise à me parler, je crois lui avoir donné mon autographe ou quelque chose comme ça, parce que, à mon retour au pays, j’ai reçu cette lettre d’une fille de la Hollande. Elle s’appelait Edith De Levie. Je lui ai écrit mais je…je ne sais pas ce qui est arrivé. Cinquante ans plus tard, nous sommes retournés en Hollande et les gens qui nous avaient hébergés…ces gens nous ont téléphonés à notre retour pour nous dire qu’ils avaient retrouvé cette fille, c’était la nièce de l’un d’eux. Ils m’ont donné son adresse et je lui ai écrit…et nous avons entretenu une correspondance. Sur notre retour au pays après la guerre, nous étions à bord du navire Île de France. Il y avait des milliers d’hommes à bord et pendant deux jours, ces hommes se promenaient sur le pont et, par hasard, j’ai rencontré mon frère. Vous savez, nous nous étions perdu de vue. J’étais allé en Italie, et lui, en France et…ce fut formidable de se retrouver.
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